Friday, December 13, 2013

Traction-brabant 53

Je sais pas ce que certains s'imaginent. Sans doute ça : comme tous les jours, je me réveille à midi. C’est l’heure choisie par ma gouvernante pour venir m’apporter mon petit déjeuner au lit, avec des œufs mollets, dont je raffole, de la confiture à la framboise de la tante Gertrude, et quatre tranches de pain tout frais acheté à la meilleure boulangerie de Metz. Cet après-midi, me dis-je en bâillant encore, je ne sais pas si je vais continuer d’écrire mon roman, quelques petits poèmes (pour la postérité), ou si je vais préparer le prochain numéro de T-B. Tant pis, ça attendra, car demain je suis invité par l’université de la Sorbonne pour donner une conférence sur mon œuvreStop ! Arrêtez de planer ! Redescendez sur terre ! A partir de maintenant, il ne sera plus jamais question de littérature.
Le réveil sonne à 6 h 30. Sauf que pour la sortie d’un nouveau numéro de T-B, je me lève plutôt à 5 h 30. Le temps de m’enfiler un café et un morceau de pain, c’est bon : il me reste presque deux heures pour compléter la maquette. A 7 h 30, je saute sur un vélo, direction le bureau. Aujourd’hui, il me faut rendre le dossier Duchemin. Pile le jour où notre chef de service nous convoque à 10 h 00 pour faire le point sur les statistiques du dernier trimestre. Malgré plusieurs coups de fils, il m’est impossible de finir mon rapport. Manque de bol ! Le collègue qui avait les infos est parti en congés. J’arrive avec dix minutes de retard à la réunion. Le chef nous rappelle que le délai de traitement des dossiers devra baisser après les mauvais résultats du trimestre. A 11 h 30, profitant de la pause méridienne, je reprends mon vélo et fonce déposer chez le reprographe la maquette de T-B pour l’impression des exemplaires. Puis à 12 h 15, j’ai rendez-vous à la cantine avec un collègue afin que nous discutions d’un dossier en cours. Enfin, l’après-midi est comme le matin, qui sont comme les autres jours. Je laisse tomber l’affaire Duchemin et boucle un autre rapport. A 18 h 00, alors que je m’apprête à quitter le bureau, un avocat me téléphone pour m’informer du dépôt de pièces pour une prochaine audience au tribunal. A 18 h 30, je récupère les exemplaires de T-B et rentre à côté de mon vélo, avec 15 kilos de papier sur le dos. A minuit, sauf problème, j’aurai fini d’assembler les numéros. Et demain matin, je serai en congés, juste le temps de préparer l’expédition des exemplaires et de les déposer au centre de tri. Espérons qu’il n’y aura pas une tonne de fautes dedans…Et encore, faut pas trop que je me plaigne. Je suis pas serveur, caissier ou VRP. Bref, si pour certains le fait de recevoir T-B est devenu une habitude, désolé, pour ma part, j’ai plutôt l’impression qu’il ne s’agit que d’un miracle à chaque fois renouvelé. Je préfère donc que vous le sachiez et que vous ne l’oubliiez pas.     P.M. 

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins