Monday, December 31, 2018

De Marie-Anne Bruch (extrait de T-B 64)

Présents


Nous offrons des fleurs, indifféremment, aux femmes et aux morts ; mais nous n’offrons de joujoux qu’aux enfants car les femmes et les morts ne savent jouer qu’avec les apparences.
La jeune fille du métro garde son bouquet d’anémones sur ses genoux, avec la sainte envie de le jeter par la fenêtre.
Fleurs périssables – à l’image de l’amour – fleurs encombrantes – à l’image de l’amour – fleurs coupées, sacrifiées en pleine jeunesse, comme si l’amour était une coquetterie, un caprice décoratif.
Nous offrons des fleurs, indifféremment, aux femmes et aux morts : marguerites exsangues pour elles, immortelles pour eux ; mais nous n’offrons pas de bouquets aux enfants, puisqu’en eux germent déjà les mauvaises herbes et la folle avoine.

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins