Monday, December 31, 2018

Incipits finissants (71)

J’aime beaucoup la littérature de la fin du 18ème siècle et de tout le 19ème siècle. C’est pas comme aujourd’hui. On est jamais seuls avec ces livres, y compris lorsque le héros à la fin du roman se fait écarteler. En effet, un grand frère vous accompagne, qui s’appelle le narrateur. Ce n’est pas un personnage de chair. Son seul pouvoir c’est celui du verbe. Pas le verbe de la plus grande gueule. Le pouvoir du verbe écrit. On le sent. Le narrateur croit en sa phrase, même s’il ne croit qu’en elle. Et ses quatre roues sont bien posées en équilibre sur le sol.
Lire ces œuvres qui correspondent grosso modo à l’époque du romantisme, c’est se faire conduire en Cadillac, dans un pays qui n’est pas l’Amérique de nos zones commerciales. Peu importe que le narrateur raconte parfois des bêtises, il vous emporte avec lui. Et on se laisse faire.
Bien sûr, vous attendez que je vous donne des exemples de ces auteurs, pour pouvoir me contrer, me dire que je mets tout le monde dans le même sac, alors qu’il ne faut pas mélanger les torchons avec les serviettes. Or, à mes yeux, c’est la tendance générale qui compte, pas le détail pour universitaire. Je peux vous citer pêle-mêle Jean-Jacques Rousseau, Chateaubriand, Melville, Victor Hugo, Balzac, Jules Verne, Dostoïevski, ou des écrivains davantage oubliés, comme Jules Renan, avec sa « Vie de Jésus ».
Aujourd’hui, c’est différent. On dézingue à bout portant ses héros. On les laisse se débrouiller dans l’affliction. Ce qui fait qu’au pire, le lecteur s’ennuie, car toute vie, comme tout souffle, veulent être supprimés. Certes, il peut prendre du plaisir à lire, mais en définitive, le voilà qui se retrouve abandonné de tous dans cette architecture de papier, livré, si je puis dire, à une intimité desséchante. Et il ne souhaite plus qu’une chose : tuer ce personnage qui se vante d’être un anti-héros.
C’est certain qu’un jour, on en reviendra de tout ça, à moins que la littérature de genre (policier, science-fiction) n’ait pas perdu son narrateur en cours de route. On regagnera un semblant de stabilité dans la lecture. Ça n’empêchera pas les livres tristes d’exister, ça n’interdira pas les catastrophes, sauf qu’à la fin des fins, il y aura toujours deux personnes qui resteront debout : le lecteur et le narrateur, ce bon vieux copain qui jamais ne vous trahit.

P.M.

Numéro 75 de Traction-brabant


Le numéro 75 de Traction-brabant est vendu au prix de 2,40 €.
Pour plus de précisions, contact association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent cinquantaine d'exemplaires. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont près de trois cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Traction-brabant for ever


Ci-dessus la collor collect de Traction-brabant : plutôt coquette hein ? Et pis en ordre de bataille !

Là où je suis née de Charlotte Mont-Reynaud

C'est un blog malicieux que celui de Charlotte Mont-Reynaud.

"Là où je suis née" consiste en l'alternance de poèmes, d'images, de vidéos et d'annotations diverses (actualités poétiques, mais aussi lectures).

Pour traduire mon sentiment à la lecture de cette publication, je dirais que c'est comme si le personnage de la fée des contes de mon enfance avait déposé des lettres (pas forcément d'amour, plutôt pour me demander de ramener des objets impossibles à trouver !) et des images au pied de mon lit et que je les découvrais le matin pliés en tout petit, alors que je suis pas encore réveillé...

Vous voyez sûrement ce que je veux dire..."Là où je suis née", c'est ici.

D'Adrien Braganti (extrait de T-B 75)

La tendresse des fêlés

Pendant qu'ils affichent pour tous
Leur vie sans sommeil,
Nous touchons du doigt une tendresse
Sans pareille.
À l'abri des madrigaux en ruine,
De ces serpents qui bossent sous couvertures
Dans les décors au désordre calculé.

Enfonce-toi entre mes bras.
Contracte-toi si l'on te déloge
Des beautés de nos chansons
Si l'on te mène à voir
Nos vies de rêves comme le fruit pourri
De la passion.

Les cris des cochons ne valent pas une rime
Et nos silences seront notre seul crime.

Enceint de Patrice VIGUES

Le Code de déontologie des loubs (part five) : avec Windows media player

Composante essentielle de l'existence des loubs, les potes sont même leur raison d'exister. Un loub ne se conjugue que rarement au singulier. A l'inverse, un loub seul est un loub perdu pour la patrie des loubs. Si vous cliquez sur le voici, vous saurez enfin pourquoi les potes sont si importants pour les loubs ! (avec la complicité du groupe de metal extrême "Rastaroth" (que vous pouvez également retrouver sur le site Dogmazic) et leur "Tartiflette sacrifice")...

De Pascal Dandois (extrait de T-B 74)

La folie comme
Un chewing-gum
À la violette
S’est collée
À mes baskets
De grande tête brûlée
Mais j’aimerais tant
Que tu prennes en considération
La nullité des temps
Qui donne à tes seins
Un parfum
De fin
De toi.

Traction-brabant 15

Déjà décembre. Voilà l’hiver et on compte ses morts de l’année. Il y a d’abord les morts morts. Ceux là on a envie d’être avec eux, parce que s’ils sont morts, ce n’est vraiment pas de leur faute. Ils paraissent honnêtes, même s’ils ne l’étaient guère.
Il y a aussi les morts vivants. Ceux là, ils posent davantage problème. On sait juste une chose d’eux. Leur cœur continue à battre et voilà à peu près tout. Il suffit de les imaginer en train de faire battre leur cœur à des années lumière d’ici. Des fois, on tombe sur des vieux trucs indéfinissables, pas même ces photos contingentées dans le dossier des quarantaines ou bien détruites. Les ennuis arrivent juste par association d’idées.
Peut-être que les morts vivants ont muté en morts morts, victimes d’un accident d’auto qui a fait l’objet d’un triple looping salto arrière, apportés comme des sacs de patates sur leur fauteuil roulant à commande numérique dans une maison de retraite avec digicode, fuyant de partouze comme des bonbonnes de gaz acidulé.
Peut-être sont-ils au zénith de leur existence intemporelle, peut-être se marient-ils et ont-ils beaucoup d’enfants. Sinon ils gagnent à qui en veut des millions, investissent outremerde et pilotent un hors-bord sur le lac des corbeaux.
Peut-être sont-ils devenus encore plus nuls, non, ça c’est pour rire. Tombés dans le trou noir de l’imagination.
Peut-être leur cœur bat-il au soleil.
Malgré tout, leur vie demeure végétative, rattachée à un passé glissant comme les feuilles toutes marron. Ils stationnent dans un temps qui n’est plus le nôtre et nous stoppons au dessus de leurs têtes une mongolfière gonflée à l’hélium des souvenirs trépassés. Le pire est qu’ils semblent rester blancs comme neige, mais sur une autre planète, ressemblant presque à la nôtre.
En fait, la distance mise à part, rien n’a changé.
Ils jouent dans l’équipe des inconnus, comme avant. Et cela nous ramène incessamment aux brouillards de l’enfance, à une pureté qui n’a jamais existé sans eux.
P.M.

"...Hébête" (illustration de Jean-Marc Couvé)

De Charles Frouin (extrait de T-B 74)

MACHINE A REVER

Depuis la voie royale d’où résonnent des rêves
La connaissance du réel bâtit sur les champs du social
S’interprètent d’agglutinants signes, les songes
Germes d’obsessions, travail de condensations d’images

Image avouant de mère maternelle et dévorante
Tout est symbole, « détecte les saloperies œdipiennes »
L’inconscient économique décale son complexe
Coupe la tête d’Œdipe, la femme maudite

En fourrure et plaisirs interdits, elle fouette,
Menace l’Art sans scrupules, par courtoisie
Propulsion de la mort, elle enfouit fantaisies
Le fascisme politique se rend possible

Dans le récipient où coulent deux heures de nuit
Coulant dans le filtre d’un même langage
Par les rythmes d’un système en notes éclatées
La création se rompt au réveil de l’identité


2/03/2017

La réalité dispersée de Marc Guimo

Les blogs de Marc Guimo constituent un deux (blogs) en un (blog), que vous pouvez retrouver à partir de l'écran de cette télé.

Il y est question de "Réalité dispersée" et de "Poésie : plus personne ne la lit".

Avec de tels programmes, vous êtes voués aux "Dispersions" de l'auteur.

J'aime bien ces dispersions qui n'ont pas peur de s'approprier le langage urbain, économique, moderne pour tâcher d'en extraire un peu de poésie. Bien sûr que c'est possible...Car la poésie est peut-être là désormais : dans cette distance critique, avec ces mêmes mots qui nous tiennent à distance...

Nus 4 : illustration de Henri Cachau

Pour en savoir plus, contact : henricachau@free.fr

De Didier Bazile (extrait de T-B 66)

Une autre sale guerre

je
ne l’ai jamais vécue
cette sale guerre
et pourtant
je
la transpire
elle est partout en moi
je l’ai qui sort de toutes parts
j’en ai la tête qui explose
je la sens poudre partout
sur mon corps j’en ai si peur
je la sens cette poudre
si près si froide sur moi
cette poudre prend feu
et moi
je n’y étais pourtant pas
à cette sale guerre
pourquoi donc
j’explose ?

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Thursday, September 27, 2018

Tuesday, September 18, 2018

Traction-brabant 75

Elles sont pénibles ces leçons de morale. C'est vrai ! Y en a marre à la fin !
Alors que chacun fait bien ce qu'il lui plaît plaît. On va pas s'embêter avec des principes. La gauche et la droite c'est idem. La liberté des uns s'arrête où commence celle des autres. Depuis la nuit des temps, l'homme est un loup pour l'homme. La vérité n'existe pas, même pas chez les martiens qui n'existent pas non plus. Morts pour morts, n'importe comment, on passera pas à travers les gouttes. Et puis d'abord, vous faites ce que vous voulez. Je démens avoir donné des consignes de vie. On va pas commencer à se casser le cul avec rien. On préfère attendre que l'herbe pousse pour pas la couper. On est pas à l'armée ici. Vous donnez des ordres, et nous on vous écoutera pas. Sauve qui peut. Les enfants peut-être d'abord, si on est en forme. Sinon ça sera moi, enfin, vous, si vous avez le courage. En tout état de cause, foutus pour foutus, c'est du pareil au même. D'ailleurs, le ciel nous tombera pas sur la tête. Tu nous casses les pieds avec ça. On sait très bien ce qu'on a à faire qu'on fera pas. On est pas des gamins, depuis quand les adultes seraient pas responsables ? Il est interdit d'interdire. Il est déconseillé de conseiller. Il n'est pas recommandé de recommander. On va pas se mettre à parler de ce qu'on aime. On va pas commencer à être passionnés par quelque chose. On va pas se permettre de devenir intolérants, puisque l'on se fout de ce que vous faites. Au pire, vous pouviez nous le demander plus tôt, de nous en battre l’œil. On peut y arriver les doigts dans le nez. Du moment que notre liberté est respectée. Pour notre part, on préfère laisser couper la bite aux mouches. On mettra pas la charrue avant les bœufs. On mettra pas les bœufs. On sera très gentils pour pas vous aider. C'est mieux comme ça. De toute façon, vous auriez pas aimé qu'on prenne parti. Tandis que là, on est couverts. On est pas grillés. Tout le monde nous aime. Personne ne bouge sur la photo. On est bien morts et le public est content. T'as raison de le dire. C'était beaucoup mieux comme ça. Laisser pisser le grizzli. Tu l'as dit bouffi. J'y avais pas pensé. C'est vrai ce que tu m'as dit. Je vais pas le faire. Avec le sourire, inaugurer le surplace quand les images continuent d'avancer. Laisser plutôt tout comme ça a toujours été.
Et maintenant, que faire à la fin, parce que vous comprenez, on aimerait surtout pas vous déranger, nous ?… Éteindre les rideaux, tirer la lumière et mourir, Monsieur le président. Mourir ou... ne pas écrire.
C'était une page de publicité rep(r)osante, avant la reprise du programme inhabituel, hélas pour vous ! 
P.M.

Monday, September 10, 2018

De Laurent Bouisset (extrait de T-B 53)

Poème d’un autre

Peut-être bien que tout devrait crever, mais le souper du port apporte en pluie l’idée que tout pourrait durer encore un souffle. Sur ce presque rien de délai, le chemin de ce fil en mouvement vers son néant, enflent et se mêlent aux voiles les visages importants, les voix cassées des vieux qui savent et blaguent, et l’on sent que se désassemblent nos pores même. Craque et s’effrite en bouts ce texte que l’on ne parvient plus à recoller dans le bon sens. On a lutté pour semer direction sous une pluie vague. Traîné nos yeux-carrioles en vrac et ronds carrés des heures, hurlant qu’on ne voudrait plus croire à rien, c’est faux... et rire. Quand l’imminence aux mâts s’enroule d’une naissance distraite et floue qu’on ne situerait plus au creux des teintes... ou qu’on sent s’annoncer dans l’ombre en araignée paisible et seule, et déposant l’envie de rester replié ici des heures, à voir se projeter sur l’eau le démon du désir qu’on a d’en finir au plus vite. Alors que grasse et de la peau du cul raclant le noir épais et doux que l’on n’aurait plus l’envie forcément d’accoler à notre insomnie, l’envie redéboule grave et fait cow-boy que tout crève et s’éteigne ici enfin. Commencer par un gros carton des étoiles connes avancées par ce ciel gaufré et vide que l’on n’en finira jamais de malmener de nos yeux lourds, que l’on voudrait sur le champ déchirer de nos doigts morts, pour la raison pure et très bête qu’on n’a plus aucune raison de le voir, ni moins de raisons de le peindre ou pendre encore, ni même de porter nos vies plus loin, quand stock épuisé de sourires avant la lune avec le sucre... et la raison bien moins couillonne encore qui brûle et vrille et reprend fil au fond du noir en torche hilare que nous nous refusons d’un bloc uni, têtes cognées, pas réduites, frénétiques, à demeurer de ce purin de ciel un doigt de plus, et sans orgueil, la nuque basse en berne ou la mouche qu’il compisse.


Marseille, le 19 avril 2013

Sunday, September 02, 2018

Traction-brabant 26

Depuis que je m’intéresse à l’écriture, je me suis rendu compte d’une chose flagrante : les auteurs, revuistes, éditeurs ne savent pas écrire… de lettres. Oui, bien sûr, les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés mais avouez que ça craint. Un auteur lauré, voire un éditeur qui n’est pas cap d’aligner deux mots l’un derrière l’autre sur une page… ça me paraît assez débile cette situation. Alors debout les morts ![1] Je n’irais certes pas jusqu’à prétendre que les poètes sont des autistes ou des misanthropes… ah non sûrement pas ! Faudrait surtout pas que je donne dans le mauvais esprit !
C’est pourquoi il est préférable d’en revenir aux bons vieux fondamentaux des familles (pour une fois !) : alors pour faire simple, c’est pas compliqué. Vous allumez votre écran ou vous prenez une feuille de papier, puis vous vous saisissez d’un crayon, vous savez, comme à l’école, ou vous gigotez votre souris, vous me suivez ? Ensuite, vous vous concentrez dix secondes et vous écrivez un mot sympa : j’en connais deux pas trop longs, à apprendre par cœur : « Bonjour » et « Merci ». Et pis vous vous entraînez tous les jours comme pour vider un verre de rouge ou courber l’échine pendant une journée de labeur : chronomètre en main, écrire « Bonjour » et « Merci » en sept secondes, c’est jouable. Et encore, en étant des bleus. Essenine, avant sa disparition, a utilisé le rouge sang. Mais bon, même sous perfusion, il y a sûrement moyen d’écrire avec le sérum du cœur.
Si vous objectez qu’il vous faut vous occuper de votre progéniture nombreuse, associez vos gosses : armez-les de crayons de couleur et entraînez-les à être humains : ils ne deviendront pas pour autant des aplatis du bulbe.
Enfin, finissez l’ouvrage par un clic de souris afin d’expédier le message ou alors imitez Lucky Luke : vous garez Johnny Jumper sous votre fenêtre et vous foncez vers la grosse boite jaune immobile à l’horizon.
Voilà de quoi soigner nombre d’états d’âme dépressifs. Mieux que ça, j’ai l’argument qui flingue : soyez vivants avant d’être morts : ça peut servir à vendre vos bouquins !
[2] Alors là, mon cynisme libéral est du meilleur aloi

P.M.
[1] Si vous n’êtes pas convaincus de la valeur des lettres, relisez celles de Van Gogh à son frère Théo…Moi, j’aimerais écrire comme ce peintre…[2] Pas autant que lorsqu’on est morts mais jusqu’à présent pas moyen de savoir si les élus sont au courant alors…

Saturday, August 25, 2018

De Fred Bonnet (extrait de T-B 74)

L’homme…

A Saindoune Ben Ali

L’homme courra nu au sein d’arbres morts
Le silence amplifiant le creux de ses pas
De bête perdue
Hurlante jusqu’au tréfonds du monde
Le mal qu’il aura fait
Sans en rendre compte
Si ce n’est à Dame Nature
Qui d’une branche basse
Le giflera
Et le mettra à Terre
Une bonne foi pour toute
Poussière… Sans Pâques
Ni rédemption
Sous le soleil brûlant
De l’extrême onction.

Fred Bonnet, le 9 avril 2017
Cloître de Nazareth, Nogent-le-Rotrou

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