Monday, December 31, 2018

Traction-brabant 74

Le lieu d'écriture est une question éminemment romantique qui revêt beaucoup d'importance pour celles et ceux... qui n'écrivent pas ! Comme si le lieu devait refléter le caractère extra-ordinaire de ce qui est écrit, s'agissant de fictions (romanesques ou poétiques) : textes constitués de raison, mais surtout d'inventions auxquelles il paraît logique que corresponde un lieu de rêve : paysage de montagne ou de mer, forestier, haut-lieu historique, etc.
Bien entendu, chaque scribouilleur a ses petites manies qui lui permettent d'élire un endroit de prédilection pour y exercer son art.
Ainsi, les exemples sont légion d'écrivains ne pouvant écrire que dans des cafés (le dernier en date, à ma connaissance, est Ismail Kadaré). Cela paraît contradictoire en apparence, car il y fait du bruit, ce qui devrait gêner la concentration. En même temps, ce choix est porteur : on peut parler dans un café. C'est un lieu de vie que l'écrivain capte dans ses textes.
Mais il n'y a pas que les cafés pour inspirer. Je suis aux regrets de vous annoncer que n'importe quel endroit convient, pour peu que l'on ait envie de s'y mettre. Patatras ! Le romantisme de l'inspiration en prend un bon coup dans l'aile. Il n'y a pas de légende, pas de truc.
Écrire, c'est n'importe où, même dans les endroits moches comme c'est pas permis. Et pourquoi ? Parce que l'on n'écrit que ce que l'on a dans sa tête, qui n'a souvent aucun rapport avec ce qui se passe à l'extérieur.
Vous voulez des confidences ? Les poèmes de « Faux partir », je les ai composés dans un appartement situé en plein centre-ville de banlieue, au-dessus des feux qui bordent la Nationale 3 à Livry-Gargan (Seine Saint-Denis). Un endroit plutôt bruyant. Il est vrai que l'ambiance de « Faux partir » tire sur le cauchemar. Quant aux proses que j'ai écrites sur la course à pied (qui se déroulent dans des lieux de nature), il en est à peu près de même. C'était toujours face à un mur, avec comme seule courte vue, le tronçon de la cheminée d'une tuilerie à Nancy. Rien à voir avec la plupart des endroits bucoliques décrits, situés à des kilomètres de là.
Plus que d'espace, j'ai besoin de temps pour me détacher des paysages dont il est question dans mes textes. Peut-être qu'un jour, face à un panorama de rêve, je serais tenté de délirer sur une cheminée d'usine.
L'esprit de contradiction encore et toujours, c'est ça et rien d'autre qui est important pour l'écriture !                                                                    

P.M. 

Numéro 73 de Traction-brabant


Le numéro 73 de Traction-brabant est vendu 2,40 €.
Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Perdus de luxe


Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent cinquantaine d'exemplaires. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont près de trois cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Le site d'Ana Igluka et le Thermogène

Vous retrouverez, en suivant le lien ci-après, le site d'Ana Igluka, qui vit et travaille à Nantes, et sur lequel est regroupé l'ensemble de ses réalisations artistiques, dont elle est l'initiatrice (par les textes, illustrations ou la musique notamment) ou auxquelles elle a collaboré (chants), notamment Daou Deod paru en 2013 chez Gros Textes.

Sur ce site, vous pourrez voir et écouter des extraits de ces spectacles, dont certains ont donné lieu à la réalisation de livres.

Pour y aller voir, c'est par là .

Allez rendre visite également au site du Thermogène, association (dont Ana Igluka est membre) et qui concocte des spectacles éco-citoyens dans tous les domaines artistiques : écriture, poésie, arts plastiques. C'est par ici le Thermogène !

De Frédéric Dechaux (extrait de T-B 54)

UN MORNE VELOURS


L’absence d’événement spectaculaire dans une existence est désormais considérée, par la culture occidentale dominante, comme un ratage. L’homme discret, qui n’éprouve pas le goût du devant de la scène, est assimilé à une personne falote, insignifiante, presque sans consistance. Son refus de participer aux mouvements de foule et de suivre les élans collectifs le rend suspect ; ses contemporains ne peuvent alors s’empêcher de le discréditer, afin de se rassurer sur la pertinence de leurs comportements de groupe. Curieusement, cela ne semble rien enlever à la richesse de son intériorité ni à la qualité de son expérience de vie, en dépit (ou serait-ce grâce à elle ?) de la dimension minoritaire de cette dernière.

Les deux Patroches c'est les deux artoschtes de Patrice VIGUES

Malta compil : 2005 (avec Windows media player)

Le poème que voici, cuvée 2005, est extrait d'un recueil intitulé "Après" et dont des extraits ont été publiés dans les hors séries de la revue "Montée des poètes" en 2006 :

La désolation ...habite dans des régions jamais explorées
J'aurais dit ...débusque là comme si j'étais chasseur
Lui répondre ...avec ses armes pour enfin avoir la paix
Avec l'âme ...les foutaises d'infini qui rient de la mort
Elles pour elles ...veulent tout tout de suite et nos richesses
Comportent ...une valeur certaine sans rien à négocier
Pour toujours ...plus haut la peur me convie à un bal d'or
Le mot crucial ...en glissant entre mes bagues les gothiques
Quel beau luxe ...n'a rien été inventé qui me asse si peur
Que ce monde ...à lire et relire pour bien ressentir le mal
LU ici sur une musique techno (désolé !) de Tonichicks : "Mixit"...

De Corinne Le Lepvrier (extrait de T-B 48)

l'homme marche la carcasse
luisante l'homme se regarde
être seul l'homme cherche
un bout du monde qu'il trouve
lui-même un jour retourné
guiboles pliées sur le dos
contre le ciel l'homme affirme
qu'il marche

Traction-brabant 29

Je n’ai jamais ressenti le besoin d‘expliquer aux nouveaux lecteurs de Traction-brabant plus que quelques détails qui pourraient leur paraître inexplicables de prime abord : l’origine du titre, l’énumération de l’intérieur de la couverture, les « A dit ». Mais à part ça, je trouve que les poèmes se suffisent à eux-mêmes. Il n’y a rien d’autre ici que des flashes, en un même flux appartenant à chacun de leurs auteurs et qui s’entrecroisent sur ce lieu de papier comme feuilles mortes aux couleurs parfois chatoyantes et refont le paysage d’une bande dessinée à chaque fois repris(é)e comme une vieille chaussette. A l’opposé, dans une véritable revue, il est demandé à ses concepteurs bien davantage, par exemple de mettre en place tous ces dispositifs qui font semblant d’expliquer l’inexplicable, en cantonnant les poèmes à un thème, en les rangeant dans une certaine partie de la revue et pas dans une autre, bref, en en faisant des petits soldats de l’armée régulière. Pour ma part, je préfère me plonger directement dans les écritures, au risque de m’y perdre. Alors, si vous avez absolument besoin d‘avoir des précisions sur le pourquoi du comment, j’en profite pour lancer un avis de recherche à l’adresse du chroniqueur qui m’expliquera plutôt comment fonctionne le monde scientifique réaliste économique, et qui décortiquera ce moteur là. Pour le reste je n’ai guère besoin d’abîmer les sensations, de restreindre l’imagination ou de limiter la liberté d’écrire par des analyses. Voilà qui me paraît inutile, sauf s’il s’agit de promouvoir un texte avec des mots simples (ne rigolez pas). Car il n’y a ici que des gens qui se réunissent animés par une même volonté de résistance et de compréhension. Si vous voulez en savoir plus sur les poètes, soulevez l’étiquette de leurs noms. Contactez-les. Nous ne sommes ni au supermarché ni au musée ici. Sinon, je crois aux vertus des trous de ver. Les commentaires vraiment littéraires ne nous permettent jamais de nous en sortir et si nous n’avons besoin que de cela, c‘est que notre situation matérielle est plutôt enviable. L’intuition accouplée à l’amour devrait être plus efficace pour trouver des solutions aux vrais défis qui zèbrent notre vie en nous permettant de traverser plusieurs mondes étranges et étrangers, tour à tour effrayants ou désirables. 
P.M.

Hé dis scan 1090 : titre de Malta et illustration de Cathy Garcia


Et pour en savoir plus sur les illustrations, la revue et les textes de Cathy Garcia, je vous propose de leur rendre visite :

http://cathygarcia.hautetfort.com/
http://gribouglyphesdecathygarcia.wordpress.com/
http://delitdepoesie.hautetfort.com/
http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/
http://imagesducausse.hautetfort.com/
http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.hautetfort.com/
http://associationeditionsnouveauxdelits.hautetfort.com/

De Fred Johnston (extrait de T-B 27)

MESSAGE DANS UNE BOUTEILLE

« Certes, les puissants conservent maints privilèges… »
- Jean-Louis Servan-Schreiber : Le retour du courage

Aidez-moi…
les navires de guerre arrivent –

Mes amis
brandissent leurs drapeaux, leurs banderoles :

Et sur les balcons
les tireurs d’élite polissent leurs armes –

Je ne comprends pas
les règles du jeu ; je crache des gouttes de sable.

Le non-photographe d'Antoine Gallardo

Voici un blog des photographies d'Antoine Gallardo, également éditeur de "La Boucherie littéraire".

En fait, le non-photographe prend bel et bien des photographies, et même de belles photographies artistiques, en noir et blanc la plupart du temps.

Les sujets en sont souvent les auteurs de poésie ou écrivains, au cours de leurs lectures publiques ou à cette occasion. Les sujets en sont également des choses. 

Êtres et choses capturés dans leur nudité en habits (de travail)...

Je précise que les photographies appartiennent à leur auteur et ne peuvent être utilisées sans son autorisation...

Pour aller y jeter un coup d’œil, c'est ici.

"Clown 23", illustration de Henri Cachau

Et pour en savoir plus, contact : henricachau@free.fr

D'Elise Vandel-Deschaseaux (extrait de T-B 66)

PERIPHERIQUE

Voiture – camion – moto - en files indiennes
Périphérie cherche son centre entre ville et ceinture
Paire féerique
Atomisation – abdomen – abomination païenne
Constellation de phares
Dans la nuit noire sans fard
Le fardeau des jours s'ouate sous la
Brume des nuits de décembre
Bougies – extincteurs - lampions
Père et fée vernis
Magma doré en pointille
Un vitrail de diesel au plomb fondu
Le néon sans étain adopte une teinte spectrale
Jamais plus rien ne s'éteint sur la toile de ma ville
Dais cynique
Écrits tubesques au néon fluo
Sous la grise rampe ceinturant ces autoroutes
Périphérique
Sur l'asphalte les oiseaux périssent vite
Pneu percutant tache de sang.

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Saturday, May 26, 2018

Incipits finissants (55)

Cela fait plusieurs mois que la poésie a officiellement disparu. De prime abord, on peut dater avec certitude sa mort du jour de celle du dernier poète. De nombreuses statistiques ont été effectuées à ce sujet, comme si la survie de la poésie pouvait dépendre de quelques terriens perdus dans le ciel. Mais en fait, nous venons d’avoir la révélation que la poésie était morte depuis bien longtemps auparavant.
Il y a plus d’un siècle, lors de la décolonisation atmosphérique, les institutions poétiques matérielles ont disparu en même temps que d’autres bâtiments plus prestigieux : maisons de la poésie, fonds documentaires, enfin, moins de vingt cinq ans plus tard, dernières bibliothèques virtuelles.
Il n’y a donc plus de traces écrites de la poésie. Et pas davantage de flux poétique qui ait survécu à cette hécatombe silencieuse. Alors oui, le dernier poète importé du sol ânonnait quelques strophes de sa composition. Mais comme elles étaient très mauvaises, à présent qu’il s’est tu, nous sommes soulagés.
D’ailleurs, l’argent qui n’était pas destiné à maintenir sous perfusion la poésie a servi à l’édification hors sol de nouveaux espaces éclairés d’une richesse combinatoire telle que les voir simultanément nous rendrait aveugles. La seule inquiétude est de constater que les embouteillages se multiplient au ciel comme sur la terre, un siècle en arrière, avant que la planète n’ait été recouverte de ferrailles en ville. Il est bien des espaces de plus en plus rares qui restent dans le noir et bénéficient d’une végétation luxuriante, étant rattachés à la surface du globe. Hélas, plus personne n’ose s’aventurer aussi bas et surtout en revenir, en s’aidant de ces prétendues lianes d’une solidité à toute épreuve. L’essentiel pour nous est que les guerres aient été abolies lors de la colonisation du ciel. Nous nous situons désormais dans tous les sens du terme, au dessus de cela. Cependant, voilà que nous semblons tristes et désolés de reconnaître que l’effacement d’un ultime flux de poésie a été détecté par hasard, sur l’écran d’un capteur d’imagination collective, en fin d’algorithme. Après cette découverte, il nous a fallu encore du temps avant de comprendre que nous étions devenus la poésie, plus personne ne parvenant à décrire cet état. Il faudrait sortir de ce monde, et c’est impossible. Nous sommes emprisonnés pour l’éternité. Ne devrions-nous pas souhaiter que l’un de ces singes resté sur terre ait le moyen de sauter assez haut pour se saisir de nous et crever cette maudite bulle de lyrisme ?                                


P.M.

Wednesday, May 09, 2018

Erotikmentalfood de Natyot

Sous ce titre engageant pouvant se traduire par "Nourriture mentale érotique", Natyot présente dans ce blog ses textes, à la fois dans leur version écrite et parlée.

Il faut dire que ses mots sont aussi faits pour être entendus, avec leurs reprises et renchérissements.
Un beau blog de poésie vivante, dans lequel il n'y aura pas besoin de se prendre la tête pour se sentir concerné par ce qui y est dit. Plus vie quotidienne que système philosophique, donc.

A signaler que nombre des textes à lire et à entendre ici sont repris dans le recueil que vient d'éditer Gros textes, intitulé "je n'ai jamais été mais il est encore temps"...

Visitez donc le supermarché des "Erotikmentalfood" de Natyot.

Tuesday, May 01, 2018

De Gabriel Zimmermann (extrait de T-B 73)

Stèle 1

Promets-moi, quand la nuit
Couvrira mes yeux, quand mes mains
Seront racines
De pierre et ma bouche
La double lande
Du silence ; à l’heure
Où je serai - oui, vide
Promets-moi, après m’avoir pleuré,
Lavé, habillé, veillé
Et avant de me descendre en terre,
Promets-moi, par égard pour mon éternité,
De poser sur moi les jouets de mon enfance,
Ces figurines,
Mets-les contre ma tempe,
Qu’elles soient mon bijou pour l’au-delà,
Dans la nuit si proche
Mes bras ne saisiront plus
Mais si quelque chose
Survit, j’en serai de les avoir là, tout près,
Apaisé un peu.

Wednesday, April 25, 2018

Traction-brabant 73

Pas très rapide le gars ! Il m’a fallu attendre le 73ème numéro de « Traction-brabant » et les 13 ans d’existence du poézine pour me demander quelles étaient les raisons qui me poussaient à aimer la poésie.
La question est pourtant essentielle, surtout si l’on consacre, comme moi, à cette passion, deux heures de ses journées.
Tout d’abord, il ne faut pas se fier aux apparences : n’emboîtant pas le pas à tous les fans de langage, j’affirme haut et fort que la poésie ne se résume pas à une suite de signes alignés sur la page ou prononcés dans les airs.
Sinon, si ce n'était que ça, il y a déjà longtemps que je me serais cassé de là pour faire autre chose de plus concret.
Non, si j’aime la poésie, c’est parce qu’elle alimente mon imagination, ce qui me permet de passer par-dessus le réel. Ainsi, par les chemins tortueux de l'inspiration, la voici qui revient me donner des idées originales d’aménagement de l'espace et du temps.
Pourquoi ne pas donner à voir aux autres des choses (objets, comportements) que l'on oublie de montrer en priorité ? Pourquoi ne pas occuper le temps de façon peu ordinaire, plutôt que d'imiter la masse bêlante ?
D’ailleurs, la poésie, j’arrive déjà, au minimum, à la transformer en feuilles assemblées par deux agrafes, voire en petits livres et en rencontres nombreuses, qui provoquent elles-mêmes l'ingestion d'aliments bien réels.
De plus, si je crois en la poésie, c’est parce que ce n’est pas une religion. Je suis libre d’imaginer tout ce que je veux à travers ses mots. Je n'ai aucun Dieu à respecter. Je peux tenter toutes les expérimentations possibles et imaginables dans la suite de mes mots. La poésie, c’est mon jardin secret qui en voit de toutes les couleurs. C’est mieux que la chimie et même que l’alchimie. Il y a peu de chances que je fasse sauter l’immeuble où je vis avec. En plus, ça ne coûte pas cher en matériel, la poésie. Il faut juste disposer d'un stylo et d'un papier, ou au pire, d'une unité centrale et de courant électrique.
C’est plutôt économique ! Cette caractéristique bien réelle devrait donc constituer un argument de vente, en ces temps de réalisme. Nous les poètes, on la pratique depuis toujours, l'austérité !
Bref, la poésie, c’est un gage de liberté. Pas d’obligation de résultats. Pas de coutumes à la gland ou de statistiques à respecter, pas de grand manitou à bénir. Que sa propre tête à opposer aux brumes du quotidien.
Alors, vous préférez encore, après ça, des religions qui ne viennent pas de vous ?

P.M.

Tuesday, April 17, 2018

Realpoetik

Je vous propose de découvrir une revue en ligne dont le ton tranche sur ce qui est publié habituellement.

Il s'agit de Realpoetik, animée par Grégoire Damon et Sammy Sapin.

Comme son nom l'indique, cette publication contient des poèmes réalistes, qui parlent de ce que nous vivons aujourd'hui, si nous vivons sur la même planète que le commun des mortels (un monde urbain, électronique, virtuel mais réel).

Ce que j'aime dans nombre de poèmes, c'est l'automatisme de leur écriture, l'impression qu'un flux d'immédiateté s'écoule.

A lire également pour les éditos en forme de poèmes en vers de Grégoire Damon, qui contiennent des réflexions théoriques (sans vouloir insister trop fort sur ce gros mot) et qui surtout, mettent en doute ce qui peut s'écrire aujourd'hui, ce qui peut être reconnu dans la poésie qui, de toute façon, n'est pas reconnue par beaucoup de monde.

Et si vous pratiquiez la Realpoetik, ça nous changerait un peu non, peut-être qu'on la reconnaîtrait un tout petit mieux la poésie ? (vœu de nouvelle année, non je rigole)

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins