Thursday, December 31, 2020

Traction-brabant 14

Alors voilà pour être un bon écrivain c’est comme une recette dans laquelle il faut se laisser porter au début la qualité des oracles du poète du haut de la plaque le prédispose à des propos qui tombent à pic dans un murmure d’indifférence mais en y regardant bien là n’est pas encore son succès d’estime les paroles pour être admises doivent être répétées plusieurs fois après la réussite se joue ailleurs dans la qualité du silence associée à la pureté des oracles tant et si bien que leur valeur dépend de la pureté du silence un vrai silence de bonne qualité ne doit pas dépendre des idées même pour un communiste surtout libertaire l’interruption volontaire de silence force aux rapports humains non protégés il n’est même pas besoin de prétexter que l’on a une famille à torcher ou une vieille tante en viager quand on dispose d’un beau silence on n’a pas de famille la qualité du silence donne au bon écrivain les trois quarts de son intelligence face aux choses de la vie les hommes comptent pour du beurre c’est le moyen le plus sûr de couper court à toute tentative d’immixtion dans un débat où tremblerait la tolérance comme ça on peut conclure seul à seul avec ses idées qu’on les gardera toujours comme une tribu de poux dans un monde poli le silence est bien vu il est malséant de déranger les autres quand on a pas envie d’être dérangé par eux un bon écrivain ce n’est pas quelqu’un qui a une présence extraordinaire ses oracles disent le contraire c’est quelqu’un qui réussit chaque jour à être invisible le bon écrivain sait écrire une bonne fois pour toutes suffisamment bien pour ne pas être dérangé par les autres il lui faut aller le plus vite possible pour ne jamais être emmerdé on ne va pas mettre le nez dans le cambouis des abrutis qui veulent connaître de l’humain être bon auteur c’est plus qu’être un bon adulte rien à voir avec le bon père de famille qui se fait entuber à longueur de journée par les cris des mômes dit-il par duo de chèques interposés les rapports humains convergent quelque peu sans que les idées n’aient aucun rôle à jouer là dedans ce ne sont pas les mains qui signent les chèques et qui demandent d’acheter les bouquins ce n’est pas la langue c’est une conscience en dehors de l’écrivain un instinct séculaire de survivance les mots seuls entrent par intrusion le pro ne touche pas à tout ça ce sont pas ses mains qui écrivent non plus il écrit avec la bouche comme les autres handicapés comme ça il n’a pas besoin d’en rajouter après si seulement le silence ne nécessitait pas d’écrire encore pour assommer le silence pieux car le meilleur écrivain n’est rien il n’a pas de peau pas de sexe il est le néant cyberactif nul ne peut s’en approcher des fois un vrai pro prend l’air dans les foires à bouquins que si on parle des siens c’est un pro et un pro n’a que faire des crottes de chiens qui jonchent les trottoirs il n’a que faire aussi de ceux qui sont pas des pros il finit toujours par dire ses parfaits oracles il est l’impuissance mais il ne faut pas que ça se voie il n’a pas envie d’arriver tout sale à l’assemblée des sages de la langue des hommes de bonne volonté il écrit tous ses trucs pour pas qu’on le dérange dans sa bulle la poésie c’est réussi un fameux tour de passe- passe la poésie ennuie un maximum de personnes alors si l’on peut par le silence surmultiplier la valeur toute relative de ses sentences quand elles plombent un peu plus le fond des caves de papiers défraîchis alors c’est OK le pro signe un contrat d’édition exclusif avec le silence lui seul est vraiment pro

PM

Numéro 82 de Traction-brabant


Le numéro 82 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 2,60 €.

Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

À l'inverse, merci de ne pas entrer en relation avec "TRACTION-BRABANT", si vous êtes une vedette de cinoche, que vous vous la jouez professionnel(le) - rester simple ne signifie pas toujours être idiot, enfin, il me semble !

Et s'il vous plait, n'envoyez jamais plus de 10 pages format A4 (en un seul fichier et format Open office ou Word, de préférence) si vous contactez le poézine, sinon, votre manuscrit ira direct à la poubelle virtuelle, mais la poubelle quand même ! Je n'ai pas besoin de lire des tonnes de pages d'un auteur pour savoir de quoi il en retourne !

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

After brouette


Boris Wolowiec

Bon, voilà au moins un blog dans lequel il y a du texte et pas des pubs pour acheter. Enfin, un qu'a compris !

Bon, la présentation est pas très bavarde. Sûrement que les textes se suffisent à eux-mêmes : je suis plutôt de cet avis-là, même si un petit bonjour aurait pu y figurer. Vous me direz : la littérature n'a pas de temps à perdre dans des bonjours... Peut-être peut-être, mais pas sûr...

Bon, le titre aussi n'est pas très original : c'est le nom de l'auteur. Comme ça, au moins, on risque pas de se planter en le cherchant sur Internet.

Bref, ici, on n'est pas dans la coquetterie, mais dans l'essentialité, pour utiliser un terme de philosophe qui en jette.

En tout cas, cependant, moi j'aime bien cette écriture. Ça semble très répété, ça l'est effectivement, mais pas tant que ça. Il y a des variations à l’intérieur...

À noter également la rubrique "Admirations", qui permet au visiteur de se projeter dans d'autres univers, également très bons. Et pas toujours de l'écriture (ça, c'est bien), souvent aussi du cinéma, et parfois même du sport (foot)...

En définitive, il y a tout ce qu'il faut là-dedans et c'est .

D'Isabelle Alentour (extrait de T-B 77)

L’Hirondelle, (extraits).

Qui tombe ce matin
dans le creux du matin ?

Un corps opalescent
frêle comme un sourire
qui sait que rien ne dure
et simplement s’efface

Qui tombe ce matin
dans le creux du matin ?

Deux mains qui battent l’air
deux ailes éperdues
tout autour le ciel blême

Qui tombe ce matin
dans le creux du matin ?

Sa bouche n’a d’espace
que l’envers d’un caillou
les lèvres y restent closes
les paupières muettes

Qui tombe ce matin
dans le creux du matin ?

Je l’entends respirer
elle ne respire

(H)auteur d'esprit de Patrice VIGUES

Malta compil : 2008 (avec Windows media player)

Alors là, c'est carrément l'inédit de chez inédit : dernier poème de cette compil pour le moment:

Le vla le poème (je vous préviens il est assez long, hé oui, c'est comme ça, j'ai de plus en plus d'endurance mais le lecteur, lui, en a-t-il de l'endurance ?


LE MEGAPHONE

 
Ils disent qu’ils ne sont pas du bétail les élus hélas ils se conduisent pareil. Si l’un aperçoit un pré vert ou des glaces à l’orange les autres suivent mêlant leurs graisses au passage. Aujourd’hui sans rire ils se meuvent avec une voiture jusqu’au supermarché


Le test a débuté le jour de l’invitation. Il était convenu entre ma mie et moi que le premier qui dégainerait autre chose qu’un virement bancaire serait viré d’office. Mais la loi n’étant plus jamais votée à mains basses aurait paru trop dure pour la masse

Le mégaphone fera l’affaire. D’abord c’est un objet donc béni par l’absence de dieux printaniers. En plus il coûte cher et ne sert à rien. Pour gueuler au dessus de la tempête il faut avoir une voix d’enfant de cœur et ça nous l’avons

La difficulté pour se procurer un mégaphone semble de prime abord inouïe. Elle l’est parce que nous ne sommes pas professionnels du spectacle. Elle l’est parce que nous ne savons pas quel coin de la toile déchirée bénir avant qu’un dimanche aux puces l’engin nous revienne

Je rêve toujours de gueuler dans cet ustensile à piles. Le mieux est d’enregistrer des insultes sous couvert. Voir les têtes dépitées survivre dans l’angoisse. En dehors du mégaphone la nature se moque et biffe toute présence autre qu’éternelle. Les humains en sortent battus par les vents

Chérie je ne serai pas méchant avec les libellules. Je te promets que si j’effraye des grenouilles c’est pour ne plus avoir peur des hommes. Expectore le givre crache un bon coup dans la soupe du vent en amont et tu sentiras s’évaporer l’ironie des bonbons

Le jour dit les invités se présentent. Ils sont bien venus je n’y aurais pas cru. Tout à coup ils lèvent la tête vers les tuiles. Où-suis-je ? Mieux vaut que j’épèle leur nom après le mariage. Preuve d’affection ils reçoivent un numéro et ils écoutent


Sur un accompagnement de Automotive (via Dogmazic) et "Kanario d bogart" (voilà un titre qu'il est original). Avec Windows Media Player

De Didier Trumeau (extrait de T-B 7)

Michel est fabricant de vide.
Il a décidé de devenir le premier fabricant de vide de l’univers et plus.
Il lui faut de la place car le vide prend beaucoup de place.
Il prend le plein et le jette dans le vide pour produire encore plus de vide.
Les fabricants de plein ne veulent pas se laisser faire.
Dès que Michel a le dos tourné, ils font le plein et partout ou c’est vide, ils remplissent.
Plus c’est plein moins c’est vide alors ils n’ont plus de place pour mettre le plein et c’est bien triste car le plein cela fait moins vide.
Heureusement Michel est tenace et dès qu’il le peut, il fait le vide.
Michel veut un cheval et pour l’acheter il faut qu’il vende du vide, beaucoup de vide.
Les fabricants de plein ne sont pas rancuniers et cela les arrangent.
Ils achètent beaucoup de vide à Michel pour stocker leur plein.
Michel est heureux, il a un cheval.
Le cheval de Michel se nomme Pythagore, il en trompera plus d’un.
Lors d’une chevauchée dan le Grand Rien Michel rencontre le dernier des 1, Attila.
Ce n’est pas étonnant que Pythagore a faim.

Traction-brabant 11

Jeune étudiant en première année de chômage, j’étais trotskiste moi aussi. Les fils de notaire me montraient du doigt. C’était facile. Je ne m’habillais pas comme tout le monde. J’avais accroché une faucille dans mon dos et je collectionnais des pin’s de Che Guevara sur ma poitrine. Enfin, je portais des bottes de maréchal différent. Pour moi, être trotskiste, c’était ça. En plus, ça plaisait aux filles jusqu’à leur vingtième anniversaire. Quant aux bouquins, ils disaient tout et leur contraire. Ce qu’il fallait, c’était casser et tout casser. J’entrechoquais des ampoules, je fritais des interrupteurs, je chassais la lumière trop lumineuse. Hélas, à force de révisions, j’obtins tous mes diplômes. La dernière année, j’accrochais ma faucille au porte-marteau, ne pouvant sortir à reculons du bureau de l’examinateur.
L’important était de ne plus se faire remarquer pour que la révolution triomphât. FOMEC : Forme, Ombre, Mouvement, Eclat, Connerie. Mon doctorat en poche comme un morceau de bidoche, j’allais pouvoir travailler, malheureusement , et ainsi gagner ma vie, chouette.
Comme j’étais sérieux au boulot et sans que j’aie besoin de renier mes idéaux, le chef me remarqua. J’achetai aussitôt le manifeste des égaux, les écrits révolutionnaires d’Anarchasis, et les déclarations de Ravachol. Il fallait prendre de vitesse le communisme et tout faire sauter avec de la cruauté pour ceux qui nous dominent.
Zut ! Le chef me proposait à présent un poste d’assistant, quelque chose situé entre la crasse et le plafond de la Sixtine. Comme je dis merci, il me proposa de laisser au garage cet éternel sac à dos qui puantait la lutte asociale. Ce point devint l’objet d’une résistance insoupçonnée. Je fis passer en clandestinité mon sac à dos en sacoche à portable mais rien n’y fit.
Voilà où j’en étais hier.



P.M.

"L'ara -ses limites" (illustration de Jean-Marc Couvé)




De Jean-Claude Goiri (extrait de T-B 41)

On en apprend plus sur l'homme au coeur
d'uen jungle ou au coeur d'un désert qu'en
faisant cent fois le tour de la terre.
Face à soi-même, on est empli des autres, des
Absents.
Par leur Absence, ils sont dépouillés de leurs
corps déchéants, de leur parole décatie. Nous
accédons enfin à leur esprit.
Au coeur de ces deux lieux vierges d'humanité,
brutaux et doux à la fois, nous comprenons
que l'essence de l'Homme est son
indispensable et vitale nécessité de rêver.

"Balzac" : illustration de Henri Cachau




Pour en savoir plus, contact : henricachau@free.fr


De Alain Jégou (extrait de T-B 22)

échec sur toute la ligne
pour les poètes visionnaires
les aventuriers déjantés
les jouisseurs effrénés
peu soucieux de s’éterniser
une fois la date de péremption
du produit perso outrepassée
la vie plombée recta
le rêve écrabouillé
le délire hors-la-loi
plus qu’une obsession
dans le crâne collectif
prendre bien soin de son corps
museler toutes ses envies
et fantasmes débraillés
pour battre tous les records
de plate longévité
ramer morfler suer
se punir pour décrocher
le bonheur de vioquir
cuisses fermes et ventre plat
toutes fuites maitrisées
et pattes d’oie colmatées
zombis légumes gâteux
cadavéreux mais survivants
agrippés à toutes forces ultimes
contre vents et diarrhées
au chiche plaisir d’être là
et d’étaler leurs carnes
en frimant du clapier
démodés répudiés
les destins fulgurants
fichés fichus les allumés
karchérisés les renégats
excommuniés les révoltés
écartés diabolisés entaulés
les clopeurs les picoleurs
les baiseurs les viveurs
jogging aérobic roller
bouffe light et WeightWatchers’
hygiène de vie
salubrité mentale
indispensables pour palier
aux carences et dégradations
booster ses miches
et brider ses pulsions
pour résister au temps

(Extraits de CASH, aux éditions l’Autre rive, collection la Frange Atlantique), livre disponible chez l’auteur pour 16,30 €, 33 bld de l’Océan, Le Fort-Bloqué 56270 PLOEMEUR (chèque à l’ordre de L’Autre Rive)

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Monday, February 03, 2020

De Joëlle Pétillot (extrait de T-B 82)

Grenier du rêve

Le sommeil ébréché des vieilles porcelaines
L’attente sans chagrin des ombres du grenier
La fenêtre unique, penchée
Les lucioles affolées d’un soleil de traverse

Tout meuble boîte
Chaque pli est un gouffre
C’est puissant comme une marelle
Ciel et terre
En un seul parquet
Fixé sur les vieilles patères
Un temps de craie

Pendule d’une seule aiguille
Claudiquant
Posée là comme un codicille

Rien ne vieillit
Tout se patine
L’enfance, la vie,
Notre âme
Aussi.

Sunday, January 26, 2020

Éditions du Contentieux

Malgré leur titre, les Éditions du Contentieux, animées par Robert Roman, publient de bien sympathiques titres. Je reconnais que j'ai été de l'aventure en 2016, mais je ne suis pas le seul.

Vous pourrez retrouver dans ce blog les annonces de parution d'ouvrages de Pascal Ulrich (Robert Roman est l’exécuteur testamentaire de son oeuvre), Gérard Lemaire, Yézid Barroudy, Marie-Anne Bruch, Didier Trumeau, Patrice Blanc, Jacques Lucchesi, Pierre Andréani...

Pour la visite, c'est par ici.

Friday, January 10, 2020

Thursday, January 02, 2020

Accrocstiches de Florent Toniello

Sans doute que le titre du blog de Florent Toniello vient de ces poèmes dans lesquels la première lettre de chaque vers est celle d'un mot ou d'un nom à lire à la verticale.

En tout cas, il témoigne d'une sacrée vivacité d'esprit et d'une curiosité assez rare chez les poètes, comme chez les autres hommes, d'ailleurs.

Et ce n'est pas parce que l'auteur a chroniqué le numéro 69 de "Traction-brabant", même si c'est à cette occasion que j'ai découvert "Accrocstiches" ! 

En fait, sur la première page de ce blog, on trouve des chroniques de livres (à part T-B, un livre paru chez "Al Dante, c'est vous dire la variation, au moins dans la forme), quelques poèmes de factures diverses (acrostiche justement, mais également poème numéroté dans la marge), et même des variations sur de la musique classique...

A signaler également l'analyse fine et détaillée qui est faite de ses lectures par l'auteur, pas si courante là non plus, dans les chroniques.

Bref, je vous conseille d'aller y faire un tour. Pour lire, non pas que des "accrocstiches" (d'où les 2 c en plus !), c'est ici.

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins