Friday, October 15, 2021

Incipits finissants (95)


Je m’excuse par avance de plomber l’ambiance avec cette anecdote pas vraiment drôle pour le commun des mortels.

C’est l’histoire de quelqu’un d’organisé et de solitaire. Et comme la grande affaire de la vie, c’est la mort, il ne voulait avoir de comptes à rendre à personne au moment du grand saut. En effet, il est désagréable de dépendre des autres, y compris dans ce cas.

Bien sûr, dans les grandes lignes, on n’a besoin de personne pour mourir. Mais parfois… comment dire…, la mort est plutôt longue à venir. Il y a donc beaucoup de choses à préparer avant qu’elle ne nous embarque. Il faut, par exemple, commander un médecin, des infirmières, de la nourriture. Bon, sur ces points, on peut toujours s’organiser. C’est au moment du dernier soupir que les choses se compliquent.

En réalité, il fallait que quelqu’un le portât dans le tombeau, ce pauvre malheureux, qu’il soit cramé ou pourrisse in situ.

C’est pourquoi cet homme non moins précautionneux dormait dans son cercueil tout préparé au milieu de sa chambre. Comme ça, il ne risquait pas d’être pris au dépourvu. Une telle disposition est assez classique. Pour résumer, c’est comme pour le reste, Il faut s’y habituer et après, ça va tout seul. Il s’agit de dormir habillé, la fleur à la boutonnière, dans son dernier frac de scène tenant lieu de pyjama.

Et le couvercle se referme dès que la température corporelle baisse en dessous du point critique.

N’ayez crainte ! On peut vivre des années dans cet environnement et se réveiller chaque matin, frais comme un gardon. Il s’agit d’une précaution utile qui ne servira qu’à une seule occasion.

Le voilà donc tout content d’avoir prévu jusqu’à la fermeture de son couvercle. Symboliquement, c’était un signe très fort. Une fois le cercueil refermé, après vingt-quatre d’heures d’extinction des volets et de la lumière, les pompes funèbres, prévenues par leur bip, viendraient au domicile chercher le corps après avoir désactivé l’alarme et la serrure. Bref, juste une formalité administrative.

Hélas, mille fois hélas, une nuit, le couvercle tomba sur son corps victime d’un malaise et déjà froid, alors qu’il avait oublié d’activer l’extinction automatique de la lumière, à cause de cette manie de se mirer avant de s’endormir. Résultat : la facture d’électricité du défunt gonfla post-mortem et les huissiers, dépêchés sur place, durent appeler le médecin légiste, toutes narines bouchées.       

P.M.  

Numéro 95 de Traction-brabant

 


Le numéro 95 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 2,60 €.

Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

"TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

S'il vous plait, n'envoyez jamais plus de 10 pages format A4 (en un seul fichier et format Open office ou Word, de préférence) si vous contactez le poézine, sinon, votre manuscrit ira direct à la poubelle virtuelle, mais la poubelle quand même ! Je n'ai pas besoin de lire des tonnes de pages d'un auteur pour savoir de quoi il en retourne !

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

King Kong 2011


Regards de Frédéric Teillard

"Regards", blog de Frédéric Teillard, donne à voir d'abord des photographies, puis des poèmes.

Avec son écriture épurée, mais bien saillante : "Peut-être faut-il apprendre à résister et à mourir", comme dit l'auteur - le poète n'est pas là pour regarder dans le vague, mais pour souligner ce qui pique et ce qui manque.

Le tout saupoudré d'un soupçon d'ironie, voilà une bonne recette pour les visiteurs de passage. C'est ici pour regarder.


De Stéphane Mongellaz (extrait de T-B 95)

SECOURS DE LA BÊTE (I)

Le Printemps est une chance pour qui sait ce qu'il en coûte d'hiverner, de trahir l'intérieur de sa maison en y renforçant les murs d'une réflexion rotative, fracassée contre les fenêtres closes qui refoulent les ombres aériennes, ou bien de réchauffer sa bouche avec du coton piqué d'écailles, laissant le sol se bomber d'osselets couverts d'ivoire.

Le Printemps est un chaînon timide entre l'immobilité de la souche et la résurgence de sa verticalité, entre le souvenir de l'épine et son empreinte de sang. 

Le Printemps est un retour douloureux qui découvre à lui l'apathique réconfort du feu, et qui, combinant marguerites et pâquerettes humbles lambeaux greffés au cœur, étire le regard dans le mouvement que laisse à la branche l'envol du Corbeau.      

Le grand plongeon, de Patrice VIGUES


 

Malta compil 2019 : "Un drame au Mexique" (avec lecteur mp3)

L'année 2019, c'est l'année de mon hommage en poèmes à Jules Verne, avec "Jeunes et vivants". Ce texte a été publié en intégralité par Poézibao: https://poezibao.typepad.com/poezibao/2020/06/feuilleton-jeunes-et-vivants-de-patrice-maltaverne-111.html
Ci-après, extrait de ce recueil, le poème intitulé "Un drame au Mexique" :

Les héros fuient toujours à ce moment-là
L'amour est maximal s'ils se font rattraper
C'est normal ils sont des héros mal payés
Pour ça toujours beaux forcément sveltes
Sans ennui de la souffrance on les reconnait
À un panache factice ils ne se feront jamais
D'illusions ne se poseront pas de questions
Car les rêves sentant les plaintes ne fuient
Jamais assez vite des crânes Dommage ils
Ne sont plus des héros ce jour-là les héros
Ne l'étaient pas au début de l'histoire ainsi
Leur fuite ne semble pas une fuite positive
Ils jouent les gars confiants en eux-mêmes
En leur honte ils n'ajoutent aucune saveur
À la fuite ils doivent rejoindre sur la côte
Une bagnole non un bateau une histoire
De convoyage de meuble et donc ils n'ont
Pas trop de temps il se trouve aussi qu'ils
Sont poursuivis par d'autres personnages
Au début ils avancent à fond la caisse droit
Devant il y a un chef comme bien entendu
leur équipée fonctionne sauf que la haine
Et non la joie donne des jambes à une étape
La côte devant eux est éternelle du coup eux
Ont tendance à chercher d'autres issues sur 
Lesquelles hésiter car la température devient
Froide et la végétation nulle près du sommet
Des crasses jonchent le sol sans qu'on sache
Lesquelles mirages peut-être en tout cas ils
Perdent courage surtout l'un d'eux et l'autre
Est fou happé par des fantômes au Mexique

Pour écouter le fichier audio de ce poème, c'est ici, avec la musique de Blacksquare : "I Need House", en téléchargement libre sur le site Dogmazic : https://www.dogmazic.net/

De Gaël Guillarme (extrait de T-B 81)

Notre visage n’est jamais tout à fait le nôtre
mais aussi en large part celui des autres
qu’ils traversent par droit d’usage
vers eux-mêmes ou de plus proches paysages

On voudrait qu’une fois un regard s’attarde
plus longtemps que le temps d’aimer pour qu’il garde
quelque chose de nous et nous prête vie
plus tard si nous en avions perdu l’envie

Tu restes seul Il n’est pas de pire déclassement
parmi les hommes que ce renoncement au protocole
communément admis de l’émerveillement
devant la beauté de la vie et ses vestiges de nécropole

Tu pourrais partir et rejoindre au loin cette île
pour qu’enfin l’eau se montrât dans la transparence
de ces ciels plus proches des plateaux de transhumance
où se disent aussi la blancheur de la feuille et le désir inutile

Tu pourrais boire à l’eau de cette rivière
sise au bord d’une prairie à l’herbe si fluide
dans le vent que ton corps devenu lui-même liquide
accepterait enfin de creuser son lit dans la terre

Tu découvrirais peut-être une nouvelle façon d’aimer
dans la belle de nuit qui fuit l’étreinte de la lumière
et au baiser arraché d’un soleil éreintant préfère
pour s’offrir toute la distance de l’obscurité

Mais tu restes sachant ce qui aura le dernier mot
et quel sera ce mot noyauté de silence
et quel sera ton silence dans ce dernier soubresaut
de poisson dans l’œil duquel entre tout un ciel immense

Mais tu attends cependant qu’à l’ennui de la cime
ne répond seul en toi que l’écho de l’abîme
Dressé sur la plaine des hommes couchés
tu rejoins lentement le reflet de ton horizontalité

Le feu central de François-Xavier Farine

C'est un joli titre pour un blog (aussi) : "Le feu central. C'est bien quand les poètes ont encore le feu central ! ça devrait être obligatoire !

Dans cette publication - un blogspot tout simple comme ceux que j'anime - se côtoient quelques poèmes de François Xavier Farine, le tenancier de blog, mais également pas mal de chroniques de recueils.

La poésie comme une tranche de vie, voilà ce que vous lirez ici. Et c'est déjà pas mal. Et aussi, ça se lit bien !

Pour retrouver Le feu central, c'est ici.

Image de Pierre Vella

 


De Mathieu Coutisse (extrait de T-B 56)

Si vous saviez ce qu’il s’en fiche
Ce poseur d’affiche,
De la terrible supernana
Qu’il déplie en cinérama.
C’est que lui, l’afficheur, il s’entiche
D’une petite et ronde biche
Employée au castorama

Traction-brabant 54

Sauf erreur de ma part, du fait également qu’il est impossible de lire tout ce qui est publié sur la question, il me semble que les termes employés pour vanter le capitalisme néo-libéral soient rejetés de façon trop univoque par ses opposants.

Ainsi, le terme de croissance ne devrait pas être toujours connoté en négatif. Par exemple, la croissance d’un enfant est une meilleure nouvelle pour ses parents que son rachitisme. Et pour ma part, je suis très heureux de constater que mes légumes sont en pleine croissance. A l’inverse, leur décroissance m’effraierait plutôt. Remarquez, la bonne nouvelle réside dans le fait que la croissance est vite interrompue par la récolte ou le pourrissement des choses.

De même, le terme de libre entreprise ne devrait pas susciter un tel dégoût. A partir du moment, par exemple, où il ne serait question que de libre entreprise poétique ! Plus généralement, il me paraît intéressant d’envisager qu’un libre entrepreneur puisse vivre de sa production, même non poétique, sans devoir dépendre d’un quelconque employeur, tant que son activité n’est pas du trafic de drogue ou du proxénétisme.

Certes, le mot travail est plus contestable. Mais il n’est pas si mal que cela d’avoir un travail à faire. Personnellement, si je n’ai rien à faire, je m’ennuie. Et il n’est pas non plus si mal que cela d’avoir tout simplement un travail rémunéré. Peut-être peut-on aussi objecter que le fait de ne pas avoir de travail est déjà un travail. Cela ne change rien au fait que tout peut être travail.

On le voit bien, la valeur contestable de ces termes réside plutôt dans la systématisation qu’ils sous-tendent. Devoir travailler (vite), devoir favoriser à tout prix la croissance, devoir aduler la libre-entreprise (qui n’est pas si libre que cela).

Certains mots sont d’ailleurs moins vendeurs que d’autres. Exemple : celui de statistiques. Il devrait être interdit de ne pas cantonner ce vocable à un usage strictement intérieur. Ou bien, en désespoir de cause, les seules statistiques obligatoires devraient être celles des suicides causés, même indirectement par le monde du travail.

Bref, nous aurions à faire preuve d’une meilleure productivité pour retourner contre ceux ou celles qui nous les imposent, ces concepts se bornant pour l’instant à ne vanter que la toute puissance du fric, sous couvert de soi-disant théories économiques.       

Impactons, impactons, mais avec d’autres impacts.

P.M.

De Catherine Lamagat (extrait de T-B 93)

Jour de Noël

Jour de Noël c'est sobre, assourdi
la ville s'est tassée
les êtres sont hagards
on ne se voit qu'à mi-visage
mi-mot, mi-joie, mi-magasin
on se touche mi-figue
s'embrasse rabougris
c'est chancelant comme le vent
qui va qui vient
d'on ne sait où

Jour de Noël les arbres se penchent pour entendre
le ciel descend un peu au loin sur les collines
pour voir comment on fait
pour vivre

Image de Cathy Garcia

 


Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

À côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

À ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Monday, October 11, 2021

Le blog de la revue Nouveaux délits

Cathy GARCIA nous emmène au pays de sa revue NOUVEAUX DELITS et de ses textes respirant la liberté que pour rien au monde on ne lâchera, dans un monde qui n'est pas un rêve enfoui.

Friday, October 08, 2021

Traction-brabant 95

Allez ! On va s'prendre une bonne goulée d'élitisme. Mais c’est quoi l’élitisme ? Selon le Larousse, il s’agit d’un système favorisant les meilleurs éléments d’un groupe aux dépens de la masse, et/ou d’une politique visant à la formation d’une élite.

Bon sang, j’aurais dû commencer par-là, quand j’ai créé T-B. Mes collègues me l’ont assez reproché : comment peux-tu réussir si tu n’es pas élitiste ? L’élitisme pour toute entreprise littéraire, c’est comme l’abus de bien social pour un homme politique : une fatalité ! Mon pauv’Monsieur ! C’est l’alpha avant l’oméga ! Sinon, inutile de créer quoi que ce soit ! Bien entendu, l’élitisme, on le pratique, on ne l’écrit jamais !

Alors, sûrement que vous vous demandez où ça mène de l’être, avec une revue de poésie ? Pardi ! Ce signe extérieur de qualité aide à prendre le pouvoir poétique (tout ce qui se fait avec des subventions), à défaut d’avoir le pouvoir politique. Mazette ! Financer sa p’tite carrière, en voilà du cool !

Et puis zut ! À bas les masques, même si c’est déplacé en ce moment. L’élitisme, je trouve ça con, et tout particulièrement dans une revue de poésie.

Tout d’abord, parce que la formule de choc qui le résume, c’est élitisme = copines et copains, dont soi-même ! Or, qu’est-ce qui me prouve que les copains/pines sont les meilleur(e)s poètes ? Mais t’as pas compris ? Faut l’faire croire ! Et depuis quand les meilleurs poèmes édités sont ceux que l’on écrit soi-même ? Depuis… longtemps ! L’élitisme n’est donc pas… élitiste. Il est plutôt… hypocrite ! On se fait plaisir à soi malgré les apparences !

Et pour mettre toutes les chances de son côté, il est préférable de ne publier que des trucs hyper précis, afin qu’un maximum de personnes n’ait pas le profil. Par exemple, si ton poème fait 5 cm de large, alors qu’il aurait dû en faire 6, même s’il est bon, ça passe pas. C’est ta faute ! T’avais qu’à obéir ! Un autre signe : l’élitisme suppose une profession de foi hyper vague, pour mieux noyer le poisson. Par exemple, si le terme de chapelle est employé, pour dire que c’en est pas, c’est que c’en est une, le plus efficace demeurant carrément de choisir les auteurs à publier avant de créer sa revue. Mieux vaut soigner la devanture et trafiquer derrière. Quant aux lecteurs, on s’en fout, la revue est subventionnée ou… numérique !

Évidemment, à côté de ça, T-B n’est pas élitiste, puisque tout le monde peut y participer, ce qui ne signifie pas que n’importe quoi y est publié. À la pratique de l’élitisme, je préfère celle de choix à opérer entre divers poèmes de styles différents. Vous distinguez la nuance ? C’est certain que ça demande plus de boulot que d’exclure d’emblée celles et ceux qui ne sont pas assez propres sur eux. En agissant de la sorte, c’est comme si les ci-devant de la poésie craignaient de se retrouver à poil, sitôt qu’on leur ôtait leur cravate.

P.M.
 

Tuesday, October 05, 2021

De Thierry Radière (extrait de T-B 45)

VIVRE C’EST TROUVER LES MOTS

on dit que tout ça c’est de la poésie
parce qu’on sait pas comment nommer
ces enchaînements d’images
comme des œufs de grenouilles flottant en avril
sur l’étang suivis de têtards au mois de mai

on raconte dans le brouillard des histoires
qui n’en sont pas pour l’unique plaisir
d’y voir plus clair sans trop d’espoir
et on continue appliqués à porter des armures
des lunettes des casques des boucliers

la crainte est un sentiment exagéré la nuit
elle prend dans les rêves des bouts de jupe
des pans de nappes et s’amuse à étouffer
la respiration des pensées le souffle des girafes
si bien qu’on croit mourir avant chaque réveil

Wednesday, September 29, 2021

De Didier Leroi dit Lodi (extrait de T-B 73)

L'ENVIE OU JE M'EVADE


DING DANG DONG : sonnez mâtines
Bing Bang Big Ben : dingo dossier.org

musique maestro !
si la culture ne vient à toi on va
la drainer vers le théâtre du Tiroir
de vos poches sortez vos mouchoirs
le néant et moins bon alterna... tif ce qu'il m'en reste

la méchanceté il va falloir
la sortir de ton ventre !
concert continu phagocyte la culture
mouvement alternatif : ailleurs c'est toujours mieux !?
tête de jivaros ou télé réductrice de cerveaux
ou Big Brother ethnologie à l'envers :

on se conforme à ce qu'on voit à l'écran : méthode ourdie
         de l'ordinateur internet t'es net ou pas !?
petite boîte à la maison silhouette réduite qui ouvre
         sur le monde belle image en avant toute !

T'es pas à la page drôle chute du poème patatras...

Sunday, September 26, 2021

Traction-brabant 17

Encore une fois de plus nous échappera le cœur du problème. On a beau le savoir, on ne résiste pas assez contre ça. Contre ce fabuleux retour de l’Ordre Moral (O.M. comme Ordures ménagères).
Bien entendu, je ne vois guère d’homme politique qui ne vante la vertu parce qu’elle se range du bon côté du fric. La vertu est à la mode, elle est high-tech. Ne pas l’accueillir, c’est comme si après avoir abattu tous les murs, de Berlin et d’ailleurs, on ne construisait rien à la place. Dans le clan des débraillés dépourvus d’influence, il n’y a plus guère que le père Sade pour défendre le néant bienheureux.
Pourtant, sous nos aspects séducteurs, la modernité n’est pas moderne et la marginalité pas plus, qui demeure marginale.
Le problème essentiel est que nous voulons toujours être à peu près normaux. Nos modèles sont usagés et nous y tendons comme à la guerre. Tant que nous trouverons la consolation dans les fêtes calendaires, le retour des saisons et autres babioles, la parfaite sentimentalité familiale qui ne fait que des morts, l’échappatoire par le travail , nous n’aurons pas avancé d’un pas. Nous n’avons peut-être pas d’autre choix ou bien sommes-nous assez naïfs pour nous le figurer ?
Il est affligeant de voir les maîtres de ce monde entuber les masses, parce qu’elles sont trop sentimentales.
Ah ! La bonne vieille vertu ! Les certitudes se rapportent plus ou moins à la sainte vierge, aux liturgies catholique rigide, baba cool mollassonne, voire plus sûrement à la doxa des origines bienheureuses et sans cesse retrouvées. Mais tout ça c’est du pareil au même.
Faut vraiment retenir autre chose de l’existence, et surtout rien du tout, faute de mieux. Tel est le secret de la réussite absolue. Ne rien vouloir d’autre que la vérité sans les fleurs bleues qui l’accompagnent. Pousser les âmes au concret afin qu’elles perdent de vue les valeurs des voleurs.
De toute façon, nous nous perdrons encore et toujours par amour des ressemblances, des références. Nous sommes faits pour nous cloner, nous sommes destinés à y croire, bien que le vide bouche tous les trous.

P.M.

Incipits finissants (95)

Je m’excuse par avance de plomber l’ambiance avec cette anecdote pas vraiment drôle pour le commun des mortels. C’est l’histoire de quelqu’u...