Sunday, December 31, 2017

Traction-brabant 24

Dis-moi comment la poésie avant c’était…plutôt ça : « Où qu’on/ jette le regard/ des montagnes/ s’appuient/ contre la verrerie du ciel/ avec des bagnes/ et des mines./ Mais dans les ateliers des fabriques/ l’esclavage/ était plus douloureux encore/ que celui des bagnes »[1] Ou : « Rien n’obscurcira la beauté de ce monde./ Les pleurs peuvent inonder toute la vision. La souffrance/ Peut enfiler ces griffes dans ma gorge. Le regret,/ l’amertume, peuvent élever leurs murailles de cendre… » [2] Ou : « Je longe le fleuve de sang et de larmes/ qui traverse les inquiétantes ruines./ Je sens l’odeur des prédateurs, l’urine/ de la hyène, la matière fécale des jeunes bébés… »[3] Etc.… Ca bardait, ça chiait un max, les gars, ils en bavaient, ils étaient vilains mais ils n’avaient pas peur du lyrisme. Ils osaient. Ça les empêchait pas de mourir (presque) comme les autres sauf qu’avant au moins ils avaient le loisir de secouer le cocotier du temps qui passe.
Tandis qu’aujourd’hui la poésie valable la plus souvent publiée, c’est du style : « J’ai regardé/ les fleurs/ sur le balcon/ dans mon placard à balais/ il y avait des roses/ oubliées ». Zut alors ! C’est du 2 de tension, le blues de la supérette, ça casse pas trois pattes à un connard ct’ histoire ! A ce rythme là, on finira jamais la journée. On va s’endormir c’est clair. Si c’est ça être adulte, on se croirait dans un film français. Eh bien moi j’aurais envie de dire arrêtez tout ça ! Envoyez la purée ! Y a plus que dans les concerts de punk (pis de Bruckner) que ça chie encore un peu ! Faut qu’ça avance, qu’ça donne envie de forcer des barrages d’indifférence la poésie …Nom de bleu, on n’est pas déjà arrivés à la maison de retraitement des déchets humains, nos bedaines elles ont du nerf !!!!
Hélas, le lyrisme c’est has been apparemment, c’est même interdit, carrément la honte oui ! On est comme ça, on aime bien ce qu’est petit. Coûte moins cher au kilomètre ! On renchérit sur l’actualité, donc. Enfin, pour un peu de temps... P.M.

[1] De Vladimir MAIAKOWSKI, extrait de « Vladimir Illitch » (Editions l’Harmattan) ;[2] D’Ilarie VORONCA, extrait de « Beauté de ce monde », poème reproduit dans le numéro de la revue « Plein chant » n°77 ;[3]D’André LAUDE, extrait de « Le ver dans le fruit », ("La revue des ressources", sur Internet)

Numéro 70 de Traction-brabant


Le numéro 70 de "Traction-brabant" est vendu 2,40 €.
Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

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Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent cinquantaine d'exemplaires. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont près de trois cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

D'Alain Minighetti (extrait de T-B 36)

Le cimetière des enfants (Ecrits du 11 avril 2005)

Ils furent partis
Rabougris - du dehors nulle part
Cueillir des écrevisses blanches
Changer des souris en hommes
Un trou dans le pantalon
Les bons sandwichs aux fromages colorés

Un accordéon luxuriant pleurant mélancolie
Agonise sur le pavé carré poli
Par ta pluie du coeur saigné au temps méchant
Passant la vie au placard débile des enfants
Du soleil chantant - rentrant leurs yeux
Je t'emmerde connard - je suis en retard
Mais j'aime baiser avant de calculer connard
Jouez du sifflet et des babioles -
Cassez les sales bagnoles
Nettoyez-moi tout ça qu'on y voie le soleil putain !
Quand est-ce qu'un Gaston Chaissac va t-il me serrer la main ?
Quoi me raconter toi ?
Je meurs demain plus bête encore
Début - développement - fin
Non peut-être pas encore maintenant
Vilaine manie inutile qui sert à rien jamais
Alors qu'est-c'que c'est ? - mode d'emploi s'i'ous plait Le piano - le piano - le piano - c'est si beau
C'est si bien - il faudrait en faire un bouquet
Final et rentrer dans les bunkers - tout boulonner
Tout changer - taper sur les casseroles
Se faire des bananes dans les tifs
Pour beugler une misère de trois accords
Pour casser l'ennui en produisant du futile
Et ça revient au même - finalement c'est chiant - finalement c'est chiant
Finalement c'est pas fini - il faut penser à charger la mächiiiineu
A nourrir ses neurones à la scie musicale minimum
Sinon putain ça va pas loin, ça vole pas haut
Sinon putain autant se faire des tartines et les tartiner
Les faire durer - les faire chialer au fromage à patamole graissée
Autant se dire que le vent emporte les enfants
Loin de leur terrain de prédilection
Là où ils trouvaient des cailloux à jeter à l'eau
Oui mon beau salaud on en a bien profité-eu
Mais maintenant c'est fini, c'est fini-eu
Les cailloux tombent plus pareil - ça raye
C'est plus cette espèce de courbe légère et sculptée
C'est j'sais pas trop quoi d'ailleurs, hein d'ailleurs !
D'ailleurs, quoi de quoi ?
Où ça j'y vois rien
Demain matin il fera clair - il fera jour
Et dans une banalité consternante, se complaisant
Ô si peu, Mais bon faut faire avec...
Se complaisant battu par la vitesse du temps et les neurones un rien encrassés

Et bin on ira où il faut aller
Sans trangresser - je sais pas pourquoi !
Je sais pas pourquoi...

Vous pouvez également retrouver d'autres poèmes d'Alain Minighetti sur les blogs suivants : http://alainminighettiecritscacophoniques.blogspot.com/ et http://www.myspace.com/474719718

Le blog de Perrin Langda

Le blog de Perrin Langda est intitulé : "U-poesis / Cité de poésie improductive".

C'est bien trouvé, je dois dire, ce titre inspiré des cités universitaires et qui fait très science-fiction. Il est vrai que pour la plupart des personnes, la poésie est comme de la science-fiction !

Cela donne une idée du contenu, rempli d'humour de cette publication, qui suscite l'envie d'être lue.

Les poèmes sont courts, sonnent comme des billets d'humeur, et les photos qui sont en face sont tout autant décalées.

Bref, un bon moment à passer...Pour accéder à la cité maudite à force d'être improductive, c'est ici.

Cela fait bien dix ans que je n'ai passé l'aspirateur de Patrice VIGUES


Le Code de déontologie des loubs (part three) : avec Windowsmediaplayer

Venez redécouvrir le monde merveilleux des loubs avec ce troisième volet du "Code de déontologie des loubs". Dans notre société qui va jusqu'à réglementer l'heure de tombée des crottes de pigeon, il était vital d'écrire ce texte...
Avec la complicité musicale de Blazervilain : "The good the blazer and the vilain" (que vous pouvez retrouver également sur le site Dogmazic)

De Bruno Toméra (extrait de T-B 9)

Polaroïd de vacances

Le soleil dessine des auréoles
Sur les lunettes couleur de nuit,
La chair brûlée et grasse
S’expose devant les visages sans yeux,
Les clones se mirent dans la même glace,
La terrasse étale le bruit de ses couverts
Dans l’avidité des ventres ouverts.
Les comptes satisfaits, de leurs doigts poisseux
Décortiquent des carapaces,
Sirotent une quelconque vinasse
Qu’ils imaginent nectar,
Fiers rusés renards
Leur langage en de ternes économies
Se glorifient de plates affaires
Et de rassurantes philosophies,
10 Euros de rabais à « Pigeon Partenaire »
15 sur une brinquebalante cuisine garantie,
le néant est une somme de petits prix.
Les hommes découpent les jupes de passage
Les femmes s’essoufflent à n’avoir plus d’âge
Les hommes rêvent les femmes de leurs amis
Les femmes se rêvent d’autres nuits.
Puis ils promènent leur esprit repu
Sur le sable qui les maudit,
Une pensée fluette vite interrompue
Leur fait espérer qu’ils ont côtoyé un autre éden,
Parés pour défiler de l’ennui aux ennuis
Dans une année nouvelle où blanchissent leurs membres,
Accepter l’enfer ne leur est plus une gêne ,
Pendant ce temps là l’océan attend septembre
Et pleure des débris

Un événement à Paris à ne pas manquer le 18 décembre 2016 (avec Vincent Rougier Editions)

D'autres précisions sur cet événement en suivant le lien ci-après: http://www.hallesaintpierre.org/2016/11/15/ripoux-emes/

Et en prime, présentation de Vincent Rougier Editions du 13 octobre 2016 à écouter sur Radio Libertaire en suivant le lien suivant : 

De Jérôme Bord (extrait de T-B 54)

I.                Prologi galeati – Premier Mandala.


« Notre esprit est un dôme brûlant, vitrifié où cuisent des systèmes solaires » Dionysos.

             Nous avons poursuivi l'extase jusqu'aux plus profondes racines du crâne, – jusqu'aux connexions de verre – :
inclinaisons du matin ; regardant à travers le jour les horizons pâles, teints du blond des flammes, salutations de brasiers que célébraient les Anciens ; dont le sang court sec dans nos veines.

Visages défoncés d'hommes et de femmes sur les banquettes arrières de taxis, cargaisons en suspens - aux mille entreprises païennes, cultes à Mystères, rivières tremblantes, gorgées de Larmes, d'Amour et de Bonheur oubliés, – moustiques aux yeux percés par la came,
ILS cherchent un endroit où s'éteindre,

            soleils gonflés de poison, bleus océans d'acier.


Nous avons perdu tout contrôle.

Toutes nos connexions, brisées

            hurlant dans le jardin séculaire, gardien d'ombres aux pardessus de nacre ;

Elles regardaient à travers les fenêtres du ciel et cherchaient
            un cœur, une âme,
                        cherchaient une vie, des yeux, des lèvres,
                        des corps, des mains, des parties génitales à embrasser sous le flambeau de l'Amour.
Retrouvé quantifié par des nabuchodonosors étoilés, des missives cosmiques et des tremblements mystiques,
luxuriances – luxuriances enlinceulées de soleil.



Amour, vision surnaturelle de jeunes hommes se glissant dans les artères de la cité de plomb,
sous les vitrines glacées d'anges déchirés par la tristesse des Cieux, sans larmes dans le carnaval
               humain, les masques se défont, il y a

Délivrance.

des carrousels fissurés, fumants, passant derrière nos paumes dressées, silhouettes géantes transpirant la pureté, crachant une saignée en larmes d’argent et d’étain,
amantes sublimées des mille-et-une sangsues célestes, lueurs d'au-delà créatrices de séraphins, de tempêtes secrètes et d’idiomes tirés à quatre épingles par les yeux du couchant.

Traction-brabant 49

En ces temps de vache maigre – ça fait longtemps qu’elle est maigre la vache – et de crise de la dette (ça oui, on risque pas de l’oublier celle-là !), les monts de pitié vont bientôt se casser la gueule, tellement ils sont chargés de vieilles babioles.

N’empêche que jamais j’aurais cru voir ça ! En allant sur Internet, je découvris qu’un ancien numéro de T-B avait été mis en vente. Qui aurait osé imaginer un tel honneur ! Un tel honneur ? Vous rigolez ? Quel pékin s’était-il permis de mettre aux enchères un T-B ? N’empêche, le ptit bénéf avait quand même pas oublié d’être réalisé au passage. Imaginez le tableau de chasse. Un numéro acheté 2 €, avec un prix de vente à 3 €, ça faisait une marge sympa de 1,5. En espérant que ce numéro avait été acheté, parce que rien n’est moins sûr. Dans ce cas là, vous vous rendez compte ? Ça donne une plus-value nette de 3 € sur la vente d’un Traction-brabant. Dérisoire non ? A moins qu’il dorme dans la rue et soit en manque de repas, j’ai du mal comprendre pourquoi un ou une anonyme a pu faire ça. Evidemment, l’animalcule s’est bien gardé de mettre son nom sur le site vous en faites pas ! Il a pas non plus prévenu de sa secrète manœuvre. C’était bien mieux qu’il restât faux cul pour compléter le tableau ! Et moi, pendant ce temps là, j’enregistre un énième déficit, alors que pour réaliser du bénef, il me faudrait augmenter la participation afin qu’elle atteigne la somme de 20 € pour 5 numéros !

Quand j’vous dis, y a pas de ptits profits dans notre république ! Grâce à la poésie, on croyait en avoir fini avec ces boutiquiers de merde, au besoin louangeurs (ça coûte pas cher). Eh bien non ! On les vire par la porte, ils reviennent par la fenêtre ! Sûrement des bons français qui critiquent des décisions stratégiques qui leur ressemblent. Zont guère de conscience ! Ils se sont arrêtés à la première syllabe. Ils ont pas compris à quoi ça servait la poésie, visiblement. Si ça se trouve, ils s’engagent avec la gueule contre la guerre et pour la démocratie. Mais le petit commerce ! Pas touche ! C’est que ça arrondit les bourses étudiantes comme les retraites des vieux pépés. Et bien entendu, les auteurs de telles indélicatesses se croient au dessus de tout soupçon, comme le sont les politichiens de leur race. On n’a pourtant pas demandé aux poètes d’être des rêveurs. On aurait juste attendu d’eux qu’ils soient un peu moins taches que des pas poètes ! Mais ça c’est trop dur pour certains, toujours les mêmes, bizarrement !

P.M.

De Bernard Deglet (extrait de T-B 43)

Envoyez vos dons

Bien des hommes qui suivent leur propre voie vont à l'échec, avec le sentiment de se sentir plus légers sur le chemin choisi

Mendiant remuant simplement les bras comme un oiseau messager du monde invisible

Mendiant faisant mine de chercher à vendre des objets sans aucune valeur

Mendiant sédentaire que l'on enjambe chaque matin en partant au travail et chaque soir au retour

Bien des hommes qui suivent leur propre voie vont à l'échec, laissant derrière eux les résidus de colère, de souffrance, de hargne et de résistance

Mendiant malin, proposant gratuitement des « tests de générosité »

Mendiant se disant guide alternatif

Mendiant vous proposant d'éloigner pour vous les mendiants agressifs secondés par leurs chiens

Mendiant implicite, rendant sa situation évidente par son simple positionnement dans l'espace public et par la posture qu'il adopte et conserve longuement

Mendiant simulant une difformité : faux aveugle, faux manchot, faux lépreux, jouant aussi sur la fausseté de son jeu
Bien des hommes qui suivent leur propre voie vont à l'échec, et la glissade continue alors qu'étincelle au fond du trou la rivière d'ombre qui roule ses dernières turquoises

Mendiant qui vous demande l'heure pour ensuite vous proposer sa montre car pour lui explique-t-il l'heure a perdu son sens

Mendiant qui vous demande à manger pour ensuite vous proposer son estomac (ou tout autre organe) car explique-t-il il ne sent plus son corps ni sa faim

Mendiant aux bras ballants agitant entre ses dents une tasse en plastique où s'agitent quelques pièces de monnaie

Couple de mendiants poussant ou tirant sans cesse un chariot de supermarché où s'entassent tous les biens conjugaux

Mendiant furtif faisant le tour des tables de restaurant en laissant un papier expliquant son cas accompagné d'un bonbon et revenant ensuite reprendre parfois le papier et toujours le bonbon

Bien des hommes qui suivent leur propre voie vont à l'échec, mendiants conteurs de leur propre histoire qui les oblige aujourd'hui à la narrer pour pouvoir manger.

(Libre variation sur « The beggar », de Dora Garcia)

"Balzac" : illustration de Henri Cachau




Pour en savoir plus, contact : henricachau@free.fr


Saturday, October 28, 2017

La Revue Méninge

La revue "Méninge", animée par Olivier Le Lohé, est une revue Internet, téléchargeable en format PDF, qui comprend à l'heure actuelle 5 numéros.
Chaque numéro est consacré à un thème précis : Chaussure, Intimité masculine & féminine, Temps, Street art & arts de rue, Au cœur des arts.
De plus, chaque numéro est basé sur le mélange des textes et des images, appelée fusion des arts. Peut-être bientôt de la vidéo et du son.
"Méninge" est une revue à laquelle collaborer, mais attention, les candidats sont nombreux et les places limitées !...

Friday, October 20, 2017

Incipits finissants (9)

Peu après minuit je venais de trouver la pente de mon sommeil. J’aurais pu errer en robe de chambre à travers cet appartement transparent, allumer la télévision et recueillir des images fausses.
Mais je dormais c’était plus simple ayant résolu tous les problèmes de survie dans l’immédiat.
A des kilomètres de mon ombre paisible l’incendie s’est déclaré dans une grange.
Les pompiers volontaires envoyés sur place n’ont pas eu le temps de réaliser que le pignon d’une quinzaine de mètres de hauteur s’était détaché. Ils ont été ensevelis sous les pierres.
Le mur était très épais et donc très lourd.
Pendant des années, il n’a pas bougé. Et puis là, en s’écroulant il a tapé dans le mille.
Les corps sans vie des victimes ont été dégagés au moment où j’enfilais mes pantoufles du matin.
Les murs de pierres ne tombent bien qu’une fois seulement. 
Presque toujours d’ailleurs, ce ne sont pas les bons murs qui tombent.
Ils ne sont ni de gauche ni de droite. Ils ne parlent pas non plus. Pourtant, pour les humains qui ne comprennent rien au désastre, c’est pareil. On ne les remarque que lorsqu’ils n’existent plus. Les plus courageux d’entre eux préfèrent l’engagement sans révolte. Les plus fous la révolte sans engagement. La plupart nada. 
A force de faire semblant, je me réveille les yeux dans le brouillard en plein soleil sur le coup des dix heures et me cogne à un mur d’indifférence qui reste droit.
Alors si vous aussi, si vous êtes pâlots, devenez pompiers volontaires et ne passez plus des nuits heureuses à mater la souffrance des autres. Ça donne de beaux poèmes et c’est tout. Interrompez vos cours de contemplation de rien, ne restez pas immobiles, foncez tous dans le tas de pierres des apparences.

P.M.

Thursday, October 12, 2017

La Girafe à pistons diffusion

Et voici le tout nouveau site de "La Girafe à pistons diffusion", animée par Xavier Frandon, Jean-Claude Goiri, Frédéric Dechaux, Murielle Compère-Demarcy et moi-même.

Le but est de faire connaître nos écritures, idées, images, par cette nouvelle publication, étant précisé que certains de nos textes peuvent être commandés en version papier ou sous forme d'e-book via le célèbre site Amazon.

A travers la girafe qui est un riche concept animalier, c'est la diffusion elle-même que nous souhaitons chatouiller, car nous trouvons justement que ça circule mal (un peu comme ailleurs, c'est la même tambouille qu'on nous sert : y en a toujours que pour les uns, et pas tellement pour les autres).

Bon, après, c'est une action comme une autre.

Et promis juré : quand on sera assez connus (y a de la marge dans la marge), on cessera de nous auto-diffuser!

Pour peigner la girafe dans le bon sens du poil, c'est par ici....

Wednesday, October 04, 2017

D'Evelyne Charasse (extrait de T-B 60)

Nul peintre
Jamais
Ne pourra
Poser sur la
Toile
Le bleu du
Ciel
Quand on est
Heureux
_

La pluie
Rigole
Déborde des gouttières
Joyeuse sorcière
Elle chante
Bruyamment
Transforme
Les tuiles
En de brillantes
Écailles
_

Dans les
Coulisses
Derrière le
Rideau rouge
Sang
Décider
De couper
Les fils
_


Je me bricole
Une
Démarche
Légère
Plume d’oie
Sauvage


 (quelques micropoésies)

Monday, September 18, 2017

Accrocstiches de Florent Toniello

Sans doute que le titre du blog de Florent Toniello vient de ces poèmes dans lesquels la première lettre de chaque vers est celle d'un mot ou d'un nom à lire à la verticale.

En tout cas, il témoigne d'une sacrée vivacité d'esprit et d'une curiosité assez rare chez les poètes, comme chez les autres hommes, d'ailleurs.

Et ce n'est pas parce que l'auteur a chroniqué le numéro 69 de "Traction-brabant", même si c'est à cette occasion que j'ai découvert "Accrocstiches" ! 

En fait, sur la première page de ce blog, on trouve des chroniques de livres (à part T-B, un livre paru chez "Al Dante, c'est vous dire la variation, au moins dans la forme), quelques poèmes de factures diverses (acrostiche justement, mais également poème numéroté dans la marge), et même des variations sur de la musique classique...

A signaler également l'analyse fine et détaillée qui est faite de ses lectures par l'auteur, pas si courante là non plus, dans les chroniques.

Bref, je vous conseille d'aller y faire un tour. Pour lire, non pas que des "accrocstiches" (d'où les 2 c en plus !), c'est ici.

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