Monday, December 31, 2018

Traction-brabant 40

Comme ma femme venait de fêter son anniversaire en invitant ses amis, les gens n’ayant pas hésité à faire le déplacement de toute la région, je décidai de l’imiter pour mon anniversaire, étant atteint d’un chiffre rond que la pudeur m’empêche de vous révéler.
Connaissant nombre d’auteurs dans le coin, je veux dire par là de gens qui écrivent et même d’artistes en tous genres, je trouvai l’initiative originale, d’autant plus que la soirée pourrait être agrémentée d’intéressantes lectures et surtout de rencontres entre personnes non conformistes.
Nous prévîmes donc un repas suivi d’une soirée musicale et dansante, contents de pouvoir renouveler la fête, et envoyâmes promptement les invitations aux dits auteurs artoschtes.
Hélas, très vite, d’insurmontables difficultés apparurent, assorties de questions insondables qui ne nous avaient jamais été posées, ce qui ne manqua pas d’ébranler ma confiance déjà chancelante en l’espèce humaine en général, et en particulier lorsqu’elle se pique de pensées élevées.
A avait paumé l’invitation et me demanda par écrit de lui répéter ce que j’avais écrit plusieurs mois auparavant : je n’eus jamais de ses nouvelles ensuite.
B ne voyait pas où était situé le lieu de notre rencontre et je dus lui servir de GPS, ce qui n’eut pas pour effet de lui faire trouver le chemin.
C serait bien venu s’il n’avait perdu sa troisième grand-mère depuis que nous nous connaissions virtuellement.
D avait des épreuves urgentes à corriger pour la publication de son quatrième livre de l’année.
E avait le mal des transports et ne savait pas conduire. Plus précisément, il tombait en syncope dès qu’il prenait le train. Je me gardai donc de lui demander ce qui lui arriverait s’il prenait l’avion.
F aurait volontiers fait le déplacement jusqu’au moment où il apprit que le repas n’était pas strictement végétarien.
G n’aimait que la musique dodécaphonique de l’école viennoise.
H allait partir en Inde, atteint d’une crise mystique impromptue.
Bref, pour ne pas nous retrouver seuls à seuls avec le DJ, ma femme et moi, nous invitâmes par Internet quelques inconnus, en exigeant d’eux qu’ils n’écrivent pas ni ne se livrent à de quelconques activités artistiques.
Et là, nous fîmes salle comble. L’amitié, n’était-ce pas pourtant se faire plaisir en étant présent pour les autres ?


P.M.

Numéro 72 de Traction-brabant


Le numéro 72 de "Traction-brabant" est vendu 2,40 €.
Pour plus de précisions, contact association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Dans le bocal

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent cinquantaine d'exemplaires. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont près de trois cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

De Florentine Rey (extrait de T-B 71)

Fantasmes

Secrétaire souple, infirmière à frange, rose-caissière, coiffeuse à bonnets, avocate mousseuse, collier de nageuse, tablier-volant, allume-hôtesse, passoire à ovaires, salade ménopausée, maîtresse à repasser, femme à laver, crème de bobonne, pomponne à épingle, sèche-servante, serveuse à spatule, assistante en soie, œil de jupe, cils de joie, tourne-danseuse, paupières en dentelles, cuisses autogonflantes, institutrice à dégraisser, sac de pleurnicheries, lessiveuse à talons, lingette-soignante, crème-cuisinière, grâce à cuire, poêle à fleurs, savonnette à fourrure, fesses émotives, foulard fidèle, patineuse autonettoyante, ballerine amincissante, cambrure à rallonges, glousse-cul, bikini en ricaneuse, asperge à dînette, actrice de bouquet, chevelure à traire, ménage menstruel, épile-string, pèse-chignon, bonbonne à hormones, hachoir à humeurs, collier de kilos, presse-ovules, tampons à plumes.

Beau gamin ça de Patrice VIGUES


Malta compil : 1995 (avec Windows media player)

Pour continuer dans le désespoir cette séquence nostalgie, ce poème daté de 1995 "Le tête à queue de la jeunesse posthume", sur un accompagnement sonore de Boostie "Because we love this" :

Nous sommes dans le vieux printemps du corps
Sans autre vie que celle-ci
Droits devant elle
Après le vent de terre qui l'a conclue

Pas de fenêtres ouvertes sur le vide

Sait-on ce qui viendrait nous prendre
Comme une révélation trop légère ?

D'ailleurs ce n'est pas d'aujourd'hui
Qu'en se mordant la queue
Les héros souffrent avec élégance

Le bon vent de l'avoine dépouille la chair de leurs os
Sur la face cachée des villes

Très vite plus vite encore que dans la bouche
Les mots s'effacent pour la danse finale

Ils courent dans le jardin
A la lune incorruptible

D'Oslo Deauville (extrait de T-B 39)

Dérive (3)

Par la force des courants, un dévoiement du cap, une piste écartée, l'errance inacceptable. Je dérive sans explorer les rencontres fortuites aux alentours. En s'écartant des lieux, les corps icebergs, monolithes, se perdent, s'éteignent doucement, c'est irréversible. Je dérive sans le cap, doucement des corps s'écartent. L'errance sans explorer la force des lieux, une dérive sans explorer les courants, doucement, doucement aux alentours, et se perdre, s'éteindre. L'errance que l'on ne tolère, les rencontres fortuites s'éteignent doucement, c'est irréversible. Doucement, l'errance sans le cap, doucement, l'errant que l'on ne tolère, dérive, n'a jamais été, jamais, une rencontre fortuite, tout au plus, qu'il faut écarter, éteindre, sans explorer la force du courant, sans explorer les alentours, même occasionnellement. La force monolithique, un courant irréversible, des corps aux alentours, une dérive, corps icebergs que l'on ne tolère, écartés, une piste inacceptable, même fortuite, une dérive.

Et en supplément, ce lien pour aller rendre visite au blog d'Oslo Deauville :

http://www.netvibes.com/oslodeauville

Incipits finissants (53)

Ce n’est qu’un corps qui dérive le long du cours d’eau. Un corps autobalancé d’un pont ou d’une rive. Triste réalité, hélas ordinaire. Lui qui de son vivant n’a jamais voyagé aussi libre d’attaches, le voilà bien parti pour éclater tous ses records. Le courant est avec lui !
Pour faire post-tautologico-Tarkos, c’est un corps qui est fier de son statut de corps. Faut dire qu’il y a vraiment de quoi. Son amie, la rivière, est la seule à se jouer de ce fabuleux article 17 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, toujours appliqué avec zèle, puisque étant relatif au respect de... la sainte propriété privée !
Cela lui permet, au corps, de croiser un cimetière, mais comme il n’a pas envie de se donner à la science des esprits, il repart parmi les flots et alors apparaît un centre commercial. De là, il aperçoit les rangs de caddies du superbe supermarché. C’est là qu’il trimait avant, le corps. Pourvu qu’ils ne le remettent pas, même raide, à la caisse, là où seule importe la validation des transactions.
Mais vite, il faut déguerpir en mettant les bouchers doubles. En aval, c’est rien de moins que l’usine, enfin rien de plus que l’usine à l’arrêt. Un nouveau concept à la française. La friche industrielle pour les artoschtes ! Encore du subventionné tout ça ! Ah ! Quelle beauté, y a pas à dire. Ça l’était tout de même davantage quand ça rapportait des salaires, même nazes, qui permettaient d’avoir sa maison et d’aller tous les week-ends à la pêche. Tiens, voilà une canette… vide ! A cette époque, on se sentait moins seul quand on était ouvrier. Maintenant, c’est plus triste qu’une cathédrale, comme ces vieux classique Larousse qu’on ne lit plus.
Le corps commence à se demander s’il va s’arrêter un jour de dériver. Le problème principal, quand on y regarde de près, en fait, réside dans les vivants.
D’ailleurs, voici à tribord un jardin pour les mômes. C’est déjà plus touchant. Sauf que les enfants vont cafter à leurs parents s’ils le voient et ensuite ils feront des vilains cauchemars puis beaucoup plus tard, ils le rejoindront dans un flux identique.
Ayant réfléchi à la situation, le cadavre vient de changer d’avis : il va se rendre au prochain cimetière à peu près potable croisé sur sa route. C’est encore là qu’il passera le plus inaperçu et pourra infinir en paix.
                                                                                                                                                    P.M.

Je crois qu'il s'agit d'un pater familias en pleine force de l'âge : illustration de Henri Cachau



Pour en savoir plus, contact : henricachau@free.fr

De Christophe Réal (extrait de T-B 65)

MOUVEMENT DE VOILE

Si les poissons-clowns font rire les baleines
Si les bouées tintent sous le flot des proues
Si les pieds-de-biche jouent à tire-d'aile
À danser au rythme des requins-marteaux

Que les poissons-lunes éclairent l'abîme
Que l'étoile de mer colmate le rafiot
Que tes doigts d'oursin comme des algues vives
Caressent les vagues qui lorgnent ma peau

Le bordel des poètes, de Dom Corrieras

Je ne dis pas ça parce que les posts récents du "Bordel des poètes" contiennent des textes que j'ai publiés dans "Traction-brabant" ou le "Citron gare", mais ils sont rares les blogs dans lesquels sont mis en ligne :

- des poèmes qui ne sont pas forcément l'oeuvre du titulaire du blog;
- des poèmes d'auteurs connus de la sphère littéraire, comme d'auteurs reconnus par moins de personnes.

Eh bien, le "Bordel des poètes" de Dom Corriéras réussit cet exploit ! Il mélange allègrement tous les genres, sans décréter qu'une seule poésie serait la bonne, au dépens de toutes les autres (comme le font trop souvent les spécialistes qui donnent l'impression d'avoir besoin de se poser comme juges du bien et du mal pour pouvoir exister pas beaucoup).

Au vol, je dirai donc que vous retrouverez là-dedans des poèmes d'Olivier Larronde, comme de Rutebeuf, comme de Thibault Marthouret ou Marlène Tissot, comme d'Akhmatova ou de Pierre Dac !
Profitez en, vous aurez un vrai panorama de la poésie qui se pratique ou s'est pratiquée.

Plongez donc dans ce bordel (c'est ici !) de bon aloi !

Image d'Alain Minighetti et titre de Malta : un beau gamin


De Charles Desailly (extrait de T-B 55)

La suceuse froide

parfois tu repenses à cette fille
qui t’a sucé à fond
dans les toilettes d’un bar
après le concert de Gainsbourg
au Casino de Paris
cette femme de quarante ans
qui t’a plaqué contre la faïence
jacob delafon en te priant
de la fermer
deux êtres en contact dans tendresse
dans la règle froide du désir
tu revois la chasse d’eau déglinguée
le papier toilette collé sur ta verge
et plus tard au comptoir
ses lèvres épaisses buvant
de grosses goulées de bière
parfois tu es pétrifié
par ton orgueil d’homme
et tu voudrais retrouver toi aussi
ton âme d’enfant sauvage
avec son désir brutal
et ses errances de bête blessée

Saturday, March 24, 2018

Le virtualisme c'est Bath

Derrière le terme un peu barbare de virtualisme, se cache un site animé par Ben Aguey, dont le contenu m'a intéressé.

Tout d'abord, parce que ça y réfléchit pas mal : alors qu'est-ce que c'est que le virtualisme ? C'est selon son initiateur "l'étude de la subjectivité humaine à l'heure des progrès technologiques et du capitalisme mondial".

J'y vois donc, de mon point de vue, surtout une pratique artistique qui n'ignore pas la réalité des choses (vitesse de l'Internet, concentration des richesses et du pouvoir, consumérisme, aliénation, difficulté pour trouver des perspectives d'avenir), et qui donc, est actuelle et cherche du renouveau.

Ensuite, j'ai apprécié la diversité des modes d'expression : écriture, calligrammes, dessins, musique (rap, slam)...

Enfin, même si les textes sont inégaux, il y a une bonne densité d'expression, pas mal de richesses à découvrir.

Ces publications sont consultables en partie, peuvent être lus en intégralité contre paiement de droits d'auteurs dont le montant est laissé à l'initiative des visiteurs intéressés.

Je me dis : pourquoi pas après tout ? Il n'est pas interdit de vivre avec son temps...Pour accéder au virtualisme, c'est ici.

Friday, March 16, 2018

Traction-brabant 72

Ah les pseudos ! Pour les plus fidèles lecteurs de Traction-brabant, il en était déjà question dans l'édito du numéro 44, en décembre 2011.
Depuis cette date, j'en vois de plus en plus fleurir parmi les auteurs, ce qui m'a amené à revoir en partie mon jugement sur cette pratique.
En effet, avec le recours massif à Internet et tout particulièrement aux réseaux sociaux, type Facebook, l'utilisation d'un pseudo, quand on fait circuler ses textes, me paraît davantage justifiée qu'autrefois.
Ainsi, la poésie, comme tout ce qui traîne sur la toile, peut faire partie des informations utilisées contre soi dans la sphère professionnelle.
Belle aubaine pour les employeurs (ou les collègues, les élèves), afin d'essayer de mettre sur la touche un peu plus de personnes, « à la tête du client ».
Peut-être suis-je paranoïaque, mais la validité ou l'invalidité du prétexte n'est pas en cause, seulement son existence trop facile à exploiter.
Bien sûr, je déplore cette situation et comprends ce besoin de se protéger pour survivre dans la jungle de l'hypocrisie, qui trouve là un nouveau terrain de jeu...
Par contre, ma position ne varie pas d'un iota quant à l'émergence de pseudos seulement justifiés par des caprices d'artiste, hors de toute contrainte.
Attention, il n'est pas question ici de ceux qui s’intègrent dans la réalisation d'une œuvre collective, à dominante potache. L'exemple classique est celui de l'Album Zutique, auquel a notamment participé Albert Mérat (Arthur Rimbaud).
Non, ces pseudos-là sont marrants, puisqu’ils relativisent le sérieux de la démarche.
Au contraire, lorsque les pseudos d'agrément sont mis au service d'une œuvre personnelle, j'y vois là une façon d'augmenter le nombre de ses égos, alors qu'il me semblerait plus souhaitable pour la représentation de la poésie, de les éliminer jusqu'au dernier. C'est une façon pratique de séparer toute pratique artistique de sa vie réelle et ordinaire. Attitude peu humble (je suis certain d'être (re)connu sous mon patronyme, la charrue étant mise avant les bœufs !) et en même temps, frileuse, qui me déplaît. J'ose croire qu'une partie de notre marginalité vient du fait que l'on ne cherche pas à assumer sa poésie, notamment envers ses proches, même quand cela serait possible.
Bientôt, ne s'inventera-t-on pas des pseudos différents pour se brosser les dents et faire les commissions ?
Tout autant d'identités qui servent de cache-misère à notre réalité, à nous voiler la face plutôt qu'à essayer de vivre en toute simplicité, avec une seule identité, non dissimulée de poète et de pas poète à la fois...Vous me trouverez bien dur, sans doute... Tant pis...
P.M.

Thursday, March 08, 2018

Journal pour goudron, grumes, voix de Jean-Baptiste Happe

Le blog de Jean-Baptiste Happe est idéal pour réviser son code de la route. Au début, avec la première image en mouvement, j'avais cru à un go fast. Mais non, je vous rassure, ça serait plutôt un go slow...

Il faut d'abord que je vous explique. Chacun des poèmes qui compose ce journal peut se lire à voix silencieuse. Mais vous pouvez également l''entendre lu par l'auteur ou par une tierce personne.

L'image qui accompagne cette lecture est celle d'une route (toujours la même, c'est le début de la balade) qui se déroule d'abord vite, puis lentement (et là, c'est la découverte d'une nouvelle route ou d'un nouveau chemin). Donc, il s'agit de scènes d'extérieur, sauf qu'en fin de compte, le poème nous renvoie vers l'intérieur. Donc, voilà l'idéal : prendre l'air en restant au dedans de soi...

Sinon, les textes ici présents ont quand même un penchant pour l'ironie, la dérision. C'est une chose qui me plait naturellement. Et il arrive que parfois, en fin de poème, on décolle carrément de la route (dans la tête)...

Pour en savoir plus sur ce "Journal pour goudron, grumes, voix" de Jean-Baptiste Happe, c'est ici le démarreur.

Monday, February 19, 2018

De Marc Tison (extrait de T-B 27)

Pierres

Pierres qui calent mesures d'usines
imbriquent des briques de terre de pierres

pierres rouges les murs des maisons ouvrières
des ouvriers effacés dans le canton de Denain
désintégrés statistique sociale troisième page
des misères du journal rouge
maisons barricades planches aux fenêtres
et les murs désertés rouges de pierres
s'effritent sans fin recyclées et d'autres
écrasées sans fin tapis des sols d'autoroutes
sacrifices des os d'anciens locataires sidérurgistes
au RMI offerts à la condition de poussières

Sunday, February 11, 2018

Traction-brabant 4

Vite l’été se barre… Faut absolument montrer aux autres qu’on a voyagé. Pas très loin d’un transit par la Railway. 22 heures 5. 47 degrés de latitude Nord par 3 degrés de longitude Est. Neveurmore. Roulement des trains qui passent dans la Walpurgis Nacht. Dernier suicide connu. Individu de sexe travesti déchiqueté sur la voie 5 quai 12. 3 mois de ça m’a dit Mamy. En l’an 2012 de l’ère inconsidérable. 6 heures. Toujours en quête d’une âme humide. Vais pas pisser parmi les chiens à deux pattes. Là-haut pile de pont enjambe fleuve souverain. Le sifflet du contrôleur des fonds est synthétique. Rien que du sang sur le ciment. Du ketchup de Burgerking. What ? Me répète : The King is dead ? DJ’s Lénine mord la poussière. PCF aux volets clos. Mieux vaut être communard que communiste. Plus envie de boire. Mal au crâne de la veille. Déjà mordu le talus près des bagnoles de location à 23 heures 30. Par la lumière du hayon j’ai vu des cuisses Miko qui ne brillaient pas pour ma gueule de terre. Vite mes pilules de sodium. Ah ! Les gringos reprennent du poil de la bête. Crachent sur la mosaïque de César. Pissent dans la fontaine aux sesterces. Bâton Miko avec glace fondue. Graillon du cousin Syracuse ouvre ta cambuse. Envie comme ça d’un big grande frite. The hotel is closed. Marre. Si je tombe sur la face de Starsky qui me la joue Hercule je me fais hara-kiri du mat. Hey gringo ! T’aurais pas une cigarette ? 7 heures 30. Krys qui fait la vache derrière ses sunglasses s’agite près du fleuve noir. Décousu du jour. Bientôt les parasols sur la Plaza del nul. 8 heures. Des Max à gaz rappliquent. Contrôle d’identité. Marre de respirer le diesel de leasing. T’écrire dirty pretty. Pense à toi. Veut pas connaître la piste de goudron tendue sur City Formule one. Au couchant, soleil tombé sur wagons décatis. Attendre plutôt les touristicbusline avec leurs vieux qui jacassent. Trop drôles. Drinker des Jet 27 fumer les champs de Marlboror dos au parc. Ici, c’est Nevers, ma ville natale d’où j’ai jamais bougé et dans dix minutes, je défonce la porte du patio avant de m’endormir la tête dans le frigo de Miss S. P.M.

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins