Thursday, December 31, 2020

Incipits finissants (36)

Hier soir, vers 21 h 30, un poème a été déclamé au Café "Le Colibri", rue du Château de la Pompe à sec dans le 15e arrondissement de P.

Le sinistre s'est déclaré alors que les clients du café assistaient à la retransmission du match France Italie. Un individu d'une trentaine d'années, armé d'une feuille blanche remplie de caractères noirs, a fait irruption au milieu des téléspectateurs et a commencé à prononcer, devant une cinquantaine de personnes impuissantes, les mots écrits sur une liasse de feuilles volantes. Il semble que ces derniers appartenaient à l'individu, ainsi que l'attestent les témoins présents sur place.

Alors que le poète attaquait sa deuxième strophe, les clients du Colibri n'ont pu que constater qu'ils avaient raté le but marqué par la France contre son camp, ce qui a provoqué un émoi indescriptible. Les secours arrivés sur place, les sections du Ministère de la Propoésie, les Brigades des Cabanes Poétiques, les membres de la Direction Régionale de la Potion Culturelle, les Cercles des Poètes à la Blouse Blanche, la Direction des Archives Poétiques des Sablés de France, la Société des Poètes Réfléchis, l'Association Culturelle des Alexandrins Alpins, le Cénacle des Poètes de la Harpe et du Vent, ont dû assister, impuissants, aux conséquences de ce geste désespéré.

Un des clients du bar perdit connaissance lors de la onzième page du poème. Enfin, l'individu, auteur de la sauvage irruption, et de surcroît de nationalité étrangère, a pu être neutralisé au bout d'un quart d'heure et ses feuilles confisquées, alors qu'il menaçait de placarder certaines d'entre elles sur l'écran de télévision.

Ainsi, l'incendie de poésie, qui menaçait de se propager dans tout l'immeuble et jusque dans la rue, a finalement été maîtrisé grâce au soutien logistique des professionnels de la culture. Le versement de suventions a été nécessaire pour empêcher que des émeutes poétiques se déclarent dans toute la capitale, mettant en danger la santé des télésportifs.

Le Président de l'Association des Poètes Français de France a déclaré lors d'une intervention : "Cette fois-ci, nous sommes passés très près de la geurre civile et nous ne devons le retour du calme qu'au sang-froid de nos équipes de pompiers du poème".

Numéro 85 de Traction-brabant


Le numéro 85 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 2,60 €.

Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

"TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

S'il vous plait, n'envoyez jamais plus de 10 pages format A4 (en un seul fichier et format Open office ou Word, de préférence) si vous contactez le poézine, sinon, votre manuscrit ira direct à la poubelle virtuelle, mais la poubelle quand même ! Je n'ai pas besoin de lire des tonnes de pages d'un auteur pour savoir de quoi il en retourne !

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

À poêle


De Sammy Sapin (extrait de T-B 64)

Pour le coming out je pense toujours à ma mère
Je voudrais savoir d’avance comment elle se tiendra
Si les pattes d’oie aux coins de ses yeux
Se fermeront comme un verrou
Si elle me dira : mon fils
Tu n’es plus mon fils
Si elle me prendra tout de même dans ses bras
En pleurant
Ou se laissera glisser doucement de sa chaise comme si
Je venais de lui décocher un carreau d’arbalète
En plein son cœur de vieille mère juive ;
Si elle dira : mon fils tu fais erreur
Tu te fais des idées
Tu ne peux pas être pédéraste
Puisque tu es mon fils
Si elle pleurera
Si elle mettra la tête dans le four en gémissant :
Mon fils, allume le gaz !
Ou si elle me pardonnera
Tous mes péchés
Parce que je suis son fils.
Pour mon père je sais d’avance :
Il se cachera derrière sa barbe indéchiffrable
Et il ne me parlera plus
Jusqu’à sa mort.

La réalité dispersée de Marc Guimo

Les blogs de Marc Guimo constituent un deux (blogs) en un (blog), que vous pouvez retrouver à partir de l'écran de cette télé.

Il y est question de "Réalité dispersée" et de "Poésie : plus personne ne la lit".

Avec de tels programmes, vous êtes voués aux "Dispersions" de l'auteur.

J'aime bien ces dispersions qui n'ont pas peur de s'approprier le langage urbain, économique, moderne pour tâcher d'en extraire un peu de poésie. Bien sûr que c'est possible...Car la poésie est peut-être là désormais : dans cette distance critique, avec ces mêmes mots qui nous tiennent à distance...

Vous pensez à quoi mondame lale psy ? de Patrice VIGUES

Malta compil : 2016 (avec Windows Media Player)

Ce n'est pas encore durant l'année 2016 qu'on rigolera, je vous préviens.

Voici un poème inédit extrait de "Réflexe criminel" :

Vous savez ce qu'est la politesse à ce stop
Je lui ai souhaité un bon week-end sans penser
À demain ou seulement à une soirée avec les copains
Il n'y avait rien d'anormal hormis quelques maisons
Le protégeant d'un vent d'automne un peu fort
Mais jamais il ne me serait venu à l'idée
Que je ne le reverrai plus ou alors de manière
Fugitive juste avant un vol de papillon comme une pureté
Voyante au regard du modèle de panneaux rouillés en vogue
Sur cette route où son corps a été découvert après

Et pour l'adaptation musicale, c'est ici (avec un titre de *Hiryu, intitulé "Box of beeps", importé de Dogmazic, http://www.dogamazic.net/).



De Raymond Penblanc (extrait de T-B 52)

   Du berger à la bergère (un art poétique.)


Le Maître n’avait pas son pareil pour impressionner son auditoire. Il lui suffisait d’entonner la liste des disparus au champ d’honneur pour que chacun sente passer le souffle de l’épopée. « Nerval, orphelin de mère, mort pendu à 47 ans - Musset, orphelin de père, mort alcoolique à 47 ans - Baudelaire, orphelin de père, mort aphasique à 46 ans - Verlaine, orphelin de père, mort alcoolique à 52 ans - Rimbaud, orphelin de père, mort de la gangrène à 37 ans - Lautréamont, orphelin de père, mort de cause inconnue à 24 ans - Laforgue, orphelin de mère, mort phtisique à 27 ans - Corbière, phtisique et contrefait, mort à 30 ans, auxquels il n’oubliait pas d’ajouter, François de Montcorbier, dit Villon, orphelin de père, disparu à l’âge de 32 ans. »  Jusqu’à ce fameux soir où un petit homme qui ne payait pas de mine se leva tranquillement de sa chaise.

Tandis que le Maître finissait d’énoncer le sort funeste des 9 enfants des Muses, la voix à peine altérée par l’émotion le petit homme laissa tomber : « Dachau – Auschwitz – Ravensbrück – Buchenwald – Dora – Treblinka  – Stutthof – Sobibor – Mauthausen – Bergen-Belsen – 9 000 000 de morts. » Puis  il releva sa manche et chacun put voir son bras.

Traction-brabant 68

Je suis devenu un voyeur de vies comme d'écritures. Au départ, dans les vertes années de « Traction-brabant », un poème, ce n’était qu’un poème. Normal, vous me direz. Mais à présent, je me rends compte qu’il reflète une tranche de vie de l’auteur que je publie. Du coup, j’ai l’impression d’être le témoin passif des intimités de personnes qui se superposent, aucune d’entre elles ne se hissant au-dessus des autres en termes d’exception.
Ainsi le poème-confession, plus ou moins fidèle à la réalité (comme ceux que je peux écrire d’ailleurs), est répandu dans le réseau et pourquoi pas, après tout ? Cette circonstance m’amène à poser une autre question : Peut-on toujours montrer à d’autres ce que l’on écrit ? Pas dans tous les cas, à mon sens. Pour preuve, je lis parfois des textes avec des fautes de frappe à gogo, comme si l’auteur se fichait de ce qu’il écrivait et que la mise à jour de ses mots était plus importante que leur contenu. Et puis surtout, j’ai dans la tête l’image du déversoir de mots, de la monnaie de singe, voire de la petite commission. Et ça me fait penser à ces clébards qui n’oublient pas de marquer leur territoire et se posent n’importe où dans la rue. La plupart du temps, je me dis qu’il faudrait les enterrer sitôt produites, nos (h)œuvres ! Non simplement, en raison de la moindre qualité de leur fumet, mais aussi parce que les personnes qui les écrivent se voient trop à travers ce qu’elles écrivent. Alors, s’agit-il d’un manque de discipline de la part de l’auteur ou deviendrai-je un tantinet difficile (comme les copains de la haute) ?
D’ailleurs, ne serai-je pas non plus un peu bizarre, y compris parmi les auteurs de poésie qui sont déjà pas mal bizarres ? J’ai en effet beaucoup écrit pour moi-même et donc pas forcément pour être lu. A mes yeux, poèmes, nouvelles, et autres dramaturgies intimes ont rempli leur fonction, une fois qu’ils sortent de l’imprimante. Peu importe ce que les autres pourraient en penser, ou ce que ça vaut. Le but est atteint quand mon jus de cervelle s’est concrétisé. Comme si je me foutais du reste, à vrai dire. L’avis d’une personne extérieure ne change rien au fait que mes écritures existent, qu’elles occupent une partie de ma vie, m’ont fait réfléchir et rêver à bon compte.
Du coup, on n’est sans doute pas tous fabriqués pareil puisque, pour certain(e), un texte semble n’exister que s’il est dévoilé. Or, cette systématisation m’ennuie. Bon sang, il doit être possible de concevoir des expressions écrites qui ne soient destinées qu’à finir un beau jour à la poubelle. Voilà quelque chose d’horrible. Mais n’est-ce pas ce qui se passe, d’abord ? Est-ce que cela ne vaudrait pas mieux que d’être un voyeur de poèmes, même si je n’oublie pas mon rôle de poézineur ?

P.M.

Calavera de Cathy Garcia



Et pour en savoir plus sur les illustrations, la revue et les textes de Cathy Garcia, je vous propose de leur rendre visite :

http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/
http://imagesducausse.hautetfort.com/
http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.hautetfort.com/
http://associationeditionsnouveauxdelits.hautetfort.com/

De Chantal Godé-Victor (extrait de T-B 84)


Matinale

Le soleil a frappé le volet
alors tout doucement
je me suis levée
j'ai mis mon tablier
mes bagues, mes souliers
et j'ai laissé le chien endormi
à tes pieds,
un livre sur la table
et la lampe de chevet
pour éclairer les mèches
de tes cheveux emmêlés de sommeil
et de nuit dérobée
à l'ange qui te garde.
Te connaît-il mieux que moi ?


Image de Pierre Vella


D'Eric Savina (extrait de T-B 15)

INCERTAIN CARNET DE BALLES

Un paquet d'années derrière moi
Peu d'échecs, davantage de réussites
Et pourtant cela ne me convient pas
Je suis éternellement insatisfait
Patchwork assez étrange
Kaléidoscope au microscope
Que parfois j'essaie d'analyser
Pas grand-chose à prouver
Ou bien à découvrir
Tout simplement plus d'envie
Alors je prends un peu de recul
Pourquoi ne pas envoyer tout valser
Du style et du sang-froid
Je me mets à l'aise
Et je me tire une balle dans la tête
Demain...

"Balzac" : illustration de Henri Cachau




Pour en savoir plus, contact : henricachau@free.fr


Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Monday, September 07, 2020

De Fabrice Farre (extrait de T-B 44)

Les routes de la terre

Nos petites vies sous
les plafonds pas plus hauts
que nous. Petits rêves,
petits salaires, des rêves
ramenés aux posters,
aux lumières, et nous
papillons fidèles, nous
aurions la danse folle.
Toutes les villes
s’abaissent, l’univers
est vaste. D’un contraire
l’autre, la tension résignée,
le monde est une belle toile.
Peut-être un papier peint
qui suffit à tracer ici une route
là jamais plus qu’une route.

Sunday, August 30, 2020

Sitaudis

Le site Sitaudis, animé par Pierre Le Pillouer, regroupe différents chapitres, qui ont pour noms "Parutions", "Incitations", "Poèmes et fictions", "Apparitions", "Célébrations" et "Prescriptions".

Pour résumer les choses, ce site contient à la fois des des poèmes ou textes en prose, mais également des des chroniques de livres et des textes théoriques sur la poésie, le tout rédigé par les nombreux collaborateurs du site.

Résolument ancré dans la poésie d'aujourd'hui, Sitaudis constitue une porte d'entrée possible pour celles et ceux qui souhaitent se tenir de ce qui s'écrit de moderne dans ce domaine.

Sitaudis, sitôt fait, c'est ici.

Saturday, August 15, 2020

Recours au Poème

Recours au Poème est une belle revue numérique consacrée à la poésie, très riche en contributions (192 numéros en février 2019) et en perspectives.

Poèmes, essais et chroniques de livres et de revues, entretiens, agenda s'y croisent.

La présentation est rendue dynamique par la succession d'images (photos couleur d'auteurs et couvertures de livres) et de titres en surimpression 

Bref, un bel objet immatériel qui donne l'envie d'aller s'y plonger.

Car il est vrai que les visiteurs de "Traction-brabant" ont tous Recours au Poème ! Et ils ne s'en portent pas plus mal !

Friday, August 07, 2020

De Charles Orlac (extrait de T-B 76)

Inventaire

Nouvel an : impossible bilan.
À tout hasard pourtant j’ai dressé l’inventaire
De tout ce que j’ai gardé en dépôt
De ce qui n’est qu’un désordre de plus
Un désordre nouveau :
Des frénésies pour crânes exigus

Des chevelures houleuses tranchées dans la soie

Des draps pliés parfumés, une averse dans l’armoire

Un billot de chêne maculé d’éclaboussures
D’aube sur des restes de nuit

Un escargot à la rue, expulsé
Des limaces coquettes essayant sa coquille

Des camelots, les lundis, sous le métro aérien

Des nuits incertaines mal refermées
Comme de vieux tiroirs sur des envies lubriques

Dans la ruelle étroite, pavés luisants,
Des réverbères amnésiques
Angelots vieillots, retraités du gardiennage

Des lèvres célébrant le calice l’autel
Des livres genèses des pires génocides

Des candélabres aux murs de manoirs délabrés

Des arbres, le tronc noir et la branche coupable,


Blanche à l’endroit de la corde nouée,
L’envers d’un décor bucolique, lynché

Des machines de guerres froides sanglantes
Avec dans leurs tambours toutes les voix petites
Le silence qu’on étrangle.

Thursday, July 30, 2020

Traction-brabant 85

Encore deux, trois poètes et je n’aurai plus personne à publier au Citron Gare. J’ai bientôt fini mon boulot, je vais pouvoir tout remballer. Être en retraite à 50 ans ! Cool !
Oui, je sais, il n’y en a pas beaucoup qui peuvent se vanter d’un tel exploit. Mais vous n’avez pas rêvé. Moi, j’ai réussi là où tous les autres éditeurs ont échoué.
- Bon sang, tu déconnes, Malta ! Tu vas pas nous faire croire qu’il n’y a qu’une quinzaine de poètes à éditer aujourd’hui ? Toi qui dis qu’on est 67 Millions de poètes en France, tu te contredirais pas des fois ?
- Oui, je sais, mais, pour moi, un très bon poète, c’est plus qu’une personne qui écrit très bien, c’est une personne dont l’écriture me fait frissonner de plaisir. C’est pas du tout la même chose. C’est carrément physique, tu comprends. En même temps, si c’est mal tourné, ça me fera rien ! Actuellement, il y en a deux trois nouveaux poètes par an qui arrivent à produire cette impression sur moi…pendant quelques instants. Et encore, il peut y en avoir moins !...
- Bon d’accord, on a compris. Ça en élimine déjà pas mal, sauf que restent encore plus de 15 ou 20 poètes sur 67 millions…
- Oui c’est vrai, j’ai oublié de préciser qu’un poète que je souhaite éditer est quelqu’un qui n’est pas déjà édité 3 ou 4 fois par an. Comme par hasard, ce sont justement ces personnes qui sont publiées en priorité. L’édition, pourtant, comme la potion magique, ça devrait faire de l’effet un certain temps, sinon, c’est que ça sert à rien.
- Soit, mais on est encore loin du compte…
- Sauf que j’ai pas tout déclaré. Un poète que je souhaite éditer, c’est quelqu’un qui est capable de continuer à être passionné par la poésie des autres, même quand lui-même n’est pas publié… c’est quelqu’un qui peut me citer d’autres poètes qu’il lit, qui kiffe leur style, même s’il est pas pareil que le sien !...
- Ah, parce qu’en plus de très bien écrire, de procurer des frissons de plaisir à Malta, de pas beaucoup publier, il faut encore s’intéresser à ce que font les autres ! Celle-là, on me l’avait jamais encore faite ! C’est comme de manger les plats qu’on n’a pas cuisinés ! De rouler dans les bagnoles qu’on n’a pas vendues ! Oh là là ! Ça devient trop compliqué là ! J’arrête tout de suite la poésie ! Je savais pas qu’il fallait l’aimer pour en écrire. Je préfère la gonflette, du coup ! Ça va me rapporter davantage ! Pas de temps à perdre avec des bêtises !
- Oui, finalement, t’as raison. Y a même pas 15 ou 20 personnes qui rentrent dans les critères. Au Citron Gare, on est plus sévère que chez Gallimard !     
P.M.

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