Tuesday, December 31, 2019

Traction-brabant 76

Oui, c'est vrai, la société de consommation, elle est vraiment bonne à foutre à la poubelle. C'est contre ça que je me révolte quand j'écris ce qui me semble être de la poésie.
« Bonjour, Monsieur Maltaverne.
- Bonjour, msieu dame.
- Je voulais savoir si je pouvais avoir un poème dans le numéro 76 de « Traction-brabant ». J'ai un texte à faire biper, là, et ça peut pas attendre, sinon, je vais être victime d'une overdose avec tout plein de vers.
- Attendez que je regarde ça. Oui, c'est bon, mon four est prêt pour la cuisson. Par contre, pour la livraison, il faudra attendre d'ici deux trois mois.
- C'est pas grave. Je viendrai le chercher quand je ferai mes courses dans la zone commerciale.
- Entendu. Je vous recontacte bientôt, une fois que j'aurais lu votre texte.
- OK, merci… »
Quelques jours après…
- Allô, c'est le service avant-vente de chez T-B. Votre poème il est bon. Je vais le monter sur la Traction-brabant 76. Vous pourrez passer en prendre livraison le 15 novembre ?
- Attendez, je regarde, oui, je suis libre ce jour-là.
- Dans ce cas, à bientôt.
- A bientôt ! »
Le 15 novembre suivant
« Bonjour M'sieu Maltaverne. Il est prêt, mon poème ?
- Attendez, j'suis en train de le démouler. Il va pas tarder à sortir. C'est un peu difficile, comme tous les accouchements.
- J'attends une minute, alors ?
- Pas besoin : le voilà qui arrive. Tout beau, tout chaud.
- Merci, M'sieu Maltaverne ! Grâce à cette publication, je vais pouvoir faire sensation sur la piste aux étoiles.
- Attendez un instant. J'enlève les dernières chiures qui se sont posées sur votre pare-brise. Vous savez, ça revient vite, ce genre de trucs, et après, on n'y voit que dalle pour avancer. »
- Ah vraiment, vous êtes un chic type !
- Non, y a pas d'quoi. C'est gratis la première fois. Adieu tout nouveau tout beau poète que je ne reverrai jamais.
Et il dérape en se barrant du garage. Pressé d'être ailleurs, encore, celui-là. Bon, je vais pas lui souhaiter un accident au sortir du T-B drive, mais tout de même, ça serait mieux qu'il se paye un rétroviseur avant de se planter.
P.M.

Numéro 78 de Traction-brabant


Le numéro 78 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 2,40 €.

Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

À l'inverse, merci de ne pas entrer en relation avec "TRACTION-BRABANT", si vous êtes une vedette de cinoche, l'écriture poétique se résumant à votre satisfaction égoïste.

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Le comité de lecture

Qu'en moi Tokyo s'anonyme de Thibault Marthouret

Ayant édité de Thibault, "En perte impure" en 2013, je suis heureux de vous signaler la naissance de son blog qui porte le nom du titre d'un futur second recueil de poèmes.

Vous y retrouverez certains des poèmes, qui composent "Qu'en moi Tokyo s'anonyme", lus par leur auteur, avec la prise de son de Tana Barbier, ainsi que des photographies de Lisa Gervassi (et Jean-Sébastien Noël).

L'occasion pour certains des lecteurs de Thibault Marthouret de mesurer l'évolution entre "En perte impure" et "Qu'en moi Tokyo s'anonyme". Avec en point commun la perte, puis l'anonymat !

Ce blog, rendu vivant par la voix, est comme une invitation à partir loin de chez soi, et si possible à Tokyo. Pour l'embarquement, c'est ici.

De Pascal Dandois (extrait de T-B 74)

La folie comme
Un chewing-gum
À la violette
S’est collée
À mes baskets
De grande tête brûlée
Mais j’aimerais tant
Que tu prennes en considération
La nullité des temps
Qui donne à tes seins
Un parfum
De fin
De toi.

Comité de lecture de Patrice VIGUES

Le Code de déontologie des loubs (part five) : avec Windows media player

Composante essentielle de l'existence des loubs, les potes sont même leur raison d'exister. Un loub ne se conjugue que rarement au singulier. A l'inverse, un loub seul est un loub perdu pour la patrie des loubs. Si vous cliquez sur le voici, vous saurez enfin pourquoi les potes sont si importants pour les loubs ! (avec la complicité du groupe de metal extrême "Rastaroth" (que vous pouvez également retrouver sur le site Dogmazic) et leur "Tartiflette sacrifice")...

De Samuel Calixte (extrait de T-B 77)


Nos danses
C'est un crime que de n'avoir pas
Choisi
De nous deux celui qui pour cette fois
Pourrait
Par les mains par les mots ne plus voir
Ici
Que sa gueule au milieu de ces draps
Mouillés

Inutile de chercher à donner
Un rythme
À nos danses et gestes adroits
Souvent
Consentants que nous sommes d'un accord
Tacite
De s'offrir mais de prendre
Pourtant

Qui aura de nous deux le premier
Raison
De tant d'efforts en somme qui pourra
Briller
Et implorer à l'autre mille
Pardons
Sans jamais un instant
Le penser

Incipits finissants (30-31)

Il y a des signes qui ne trompent pas. Que sont devenues les petites épiceries d’autrefois où ça cancanait dur ? Pour autant, est-il possible de réduire les rapports humains à l’existence d’un simple bonjour ? Il n’empêche… Même quand ils ne sont pas à la queue leu-leu, les humains restent muets maintenant. Défense de toucher à ma vie privée de vie semblent-ils dire. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils n’ont plus de désirs tapis au milieu de leur désert. Désirs enfouis. Désir de quoi ? Désir animal que la machine se comporte gentiment avec soi. C’est la machine qui a tous les droits. La machine qui est le robinet merveilleux vers laquelle converge la source aux billets de banque.
J’ai attendu l’autre jour dix minutes que quelqu’un m’ouvre la porte vitrée de la caisse. Trop surpris de voir jusqu’à quel moment ça durerait, jusqu’à quel point l’esprit implorant de la machine était instillé en nous. A l’intérieur, il y avait des individus blancs, des noirs, des marrons, des verts. Le problème n’est pas la couleur de peau, le problème est d’avoir accès au monstrueux bipède qui contrôle la machine car de ce côté ci nous sommes tous pareils, les vieux comme les jeunes, les vieux qui font de belles leçons de morale aux jeunes, les jeunes qui les subissent mal.
Bien sûr, j’aurais voulu leur dire : « tu sais plus parler toi ? Tu vois pas qu’elle existe ma peau de noir vêtue ? » J’aurais aimé me suspendre la tête en bas devant eux, dans l’écran de la machine leur singer des grimaces, leur préparer un croche-pied, les plier comme un mouchoir et les faire rentrer de force dans la bête.
Mais devant tant de ressemblance le silence ne peut qu’engendrer le silence. Eux, moi, tous pareils en cette même absence de combat, enrayés par la grande machine des nouvelles habitudes. Le métal, ces temps-ci, a des relents de préhistoire. Bientôt on cognera du groin contre la paroi hirsute, on parviendra même à se taper entre encéphales sans sortir les mains de sa poche, pour avoir droit à sa petite renaissance.
Pour l’instant, il faut bien le reconnaître, la plupart des hommes, dans la transparence, sont des cons, en toute transparence.

P.M.

"Bill deu clown" (illustration de Jean-Marc Couvé)




Ma vie sans supermarché

Qui a dit que "Traction-brabant" ne parle que de poésie ? C'est très souvent le cas, tout de même.

Eh bien ! Pas cette fois-ci.

Ce blog va vous permettre de savoir comment vivre sans supermarché, à travers différents exemples du quotidien représentés par les images de ce blog en présentation dynamique. 

Par exemple, une épicerie bio, les vêtements etc.

Bien sûr, cela peut paraître difficile. mais on doit pouvoir y arriver. Quelques personnes, de plus en plus, sans doute, vous montrent la voie (c'est ici).

De François Ibanez (extrait de T-B 65)

UN AILLEURS QUE JE CONNAIS

Les cimes au loin
De blancheur et de froid
Caressent un ciel de marbre
Je me vois
L’air pur
Le bois brun de cette bergerie
Je traverse en silence
Un lieu ailleurs
Que je connais pourtant
Un souvenir
Un rêve
Une idée
Un souffle ailé
Qui vient m’étreindre
Quand je suis éveillé

Le roi de la forêt de Sammy Sapin


Voici venu le tout nouveau blog de Sammy Sapin, intitulé "Le roi de la forêt", qui publie différents types de poèmes, regroupés en différentes rubriques.

Parmi ces rubriques, on en trouve, deux, assez marrantes, mais justifiées : les poèmes médicaux courts, et les poèmes non médicaux courts. Si vous voulez lire de beaux haïku, certes pas forcément très réguliers, c'est le moment !

À lire également l'histoire de Petitcarré, un personnage inventé par l'auteur.

L'ensemble de ces drôles de poèmes, dans leur caractère discontinu, constitue une description fine des blessures de notre société.

Le roi de la forêt, c'est ici.

"Ô sot du lis(se)" (illustration de Jean-Marc Couvé)


De Clément Bollenot (extrait de T-B 76)

après la pluie
la poussière est toujours noire
sous le soleil
la poussière est toujours noire
au clair de lune
la poussière est toujours noire
sur les mains de l'enfant
la poussière est toujours noire
dans les cœurs
la poussière est toujours noire
à travers les bombes
la poussière est toujours noire
au-delà des falaises
la poussière est toujours noire
parmi le couloir des souvenirs
la poussière est toujours noire
rien ne bouge
maintenant
dans le coin de la pièce
la poussière est toujours là 

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Tuesday, March 12, 2019

Incipits finissants (77)


Ceci est une histoire d'image. Avec les amis de la Girafe (Murielle, Xavier, Frédéric, Jean-Claude et Florent) – à Pistons, je précise - j'ai été amené à poursuivre une réflexion poussée sur les conséquences qu'un titre pouvait avoir sur la tonalité générale donnée à une activité.
En l’occurrence, il s'agit du « Citron Gare », donc de l'association qui porte ce nom, publie ce poézine et s'efforce d’œuvrer dans la micro-édition.
Au sortir de la torpeur subie dans un marché de la poésie, les collègues poètes m'ont dit : tu aurais pu les appeler autrement, tes éditions. Oui, c'est vrai que j'ai trouvé ce nom de « Citron Gare » en un peu moins de onze secondes. Donc, il n'est peut-être pas parfait. Mais à part « Citron Gare », ça serait quoi, par exemple ?
« Pamplemousse Aérodrome », me répondirent-ils en chœur. C'est plus joli certes, et surtout plus class que « Citron Gare ».
J'imagine déjà les textes que je pourrais éditer. Rien qui râpe, tout qui caresse. Les vacances, des pays chauds en toile de fond, sans un bruit de moteur, estompé par l'altitude. Mon (absence de) Dieu ! C'est des coups à finir bien, ça…
Plus facétieux, j'entends à présent : « Pomélos Grand Port ». Là, c'est autre chose que « Pamplemousse Aérodrome ». À vrai dire, en apparence, cela me semble moins class. Ça demeure toutefois très efficace. Sauf que je n'ai pas envie de créer une collection plus sexuelle, moi. Cela augmenterait sans nul doute les ventes !…Cependant, vu l'actualité, ce titre risquerait de m'attirer le même type d'ennuis que ceux des hommes des chaudes bises (politiques, footballeurs, gourous, acteurs et autres producteurs de fric). Et je recevrais – qui sait ? - des plaintes des… offices de tourisme !
Et si, par hasard : « Tomato Aéroport » ?... Non, non, désolé, ça fait trop kick boxing de sortie de garage...Ou bien supplice indien...
Alors quoi ? « Orange Vélib » ? Là, pour le coup, j'ai peur que ça m'enferme  dans le créneau parisien. Trop bobo, sans aucun doute. Et puis, les objets connectés, tout ça, ce n'est pas encore très anarchiste…
Et si, malgré ces marques de sollicitude, le « Citron Gare » était le mieux ? Ce nom bizarre comporte un soupçon de brutalité dans l'engagement, quelque chose qui sent la rouille des bastons, se situe en marge et que l'on voudrait mettre au rancart. Je suis désolé pour vous, les girafons, c'est ce titre qui me convient le mieux, en définitive !…
P.M.

Tuesday, March 05, 2019

De Thomas Sohier (extrait de T-B 78)


Détacher vos surfaces
Les clouer sur mon dos
Découdre votre âme
et m’en faire une casaque
Une porte est restée close
Imbriquée dans le bulbe
Et derrière les fantômes
Font briller leurs yeux rouges
Peut-être un jour
Me crèveront-ils la bosse

Wednesday, February 20, 2019

Un poème inédit d'Antoine Bargel


Sale bête


Sale et bestiale, la ville est sale et bestiale
mais nous y allons pour chercher du travail.

La masseuse assise a les jambes dans la vitrine
un peu trop écartées. Un homme à la télé
en devanture explique les points d’acupuncture.

Sale et bestiale, la ville est sale et bestiale.

Aux délices d’Espagne on danse pour personne
sur l’écran au-dessus du bar. Ah non,
il y a deux thaïlandaises qui dînent.

Au refrain (sale et bestiale).

Ceux qui entrent sont des hommes jeunes
préoccupés par le travail : pas le moment
de prendre femme, mieux vaut investir trois sous.

La ville n’a rien de sale et bestial,
c’est moi qui suis sale et bestial.

La ville est composée de gens comme moi :
au rez-de-chaussée, je fais la queue au MacDo ;
je transpire sur tapis roulant à l’étage.

Sale, bestial, c’est le thème.

Je me prostitue sous toutes mes formes, toutes mes couleurs
principalement sauf une, parce que c’est plus facile
de niquer quelqu’un qui vous ressemble moins.

Je vous comprends, moi aussi je suis sale et bestial.

Mais nous venons à moi pour travailler, pour vendre
ce qu’autrui veut de nous, qui est peu
car ce qu’autrui préfère c’est niquer.

Moi aussi.

Je suis un homme jeune préoccupé par le travail.
Je suis une masseuse à l’apparence thaïlandaise.
Je suis un couple qui renonce aux délices d’Espagne.

Je suis sale et bestial.

(Paris, 14 mars 2012)
Extrait de "Misanthropie internationale"

Wednesday, February 13, 2019

Traction-brabant 78


La mauvaise nouvelle est arrivée hier dans la journée, alors que je me baladais négligemment sur Internet, comme tout occidental un peu évolué.
Voilà t-y pas qu’écrire s’acquiert par des cours, même écrire de la poésie.
C’est très triste, ça.
La poésie, c’était le dernier domaine où l’on était à peu près peinards. On n’avait aucun compte à rendre à personne. On pouvait faire ce qu’on voulait avec les mots.
Et pis là, j’apprends qu’en fait, non, c’est comme à la belote ou au football : il y a des règles qu’il faut respecter, voire, un cursus à suivre.
J’entends : nos juges risquent de nous dire, si nous n’avons pas été formés : vous, vous ne savez pas écrire, car vous n’avez pas le diplôme requis.
Ainsi, je m’interroge.
Rimbaud a-t-il suivi des études d’écriture ? Eh bien, oui : ça s’appelait cours de latin et de rhétorique.
Il n’empêche qu’il aurait pu devenir plus performant, ne pas arrêter la poésie à vingt ans, au lieu de partir vendre ses conneries en Éthiopie.
Idem pour ces voyous de Villon, Corbière, et même d’Apollinaire, ce dernier ayant été sauvé par la guerre, qui l’a tué.
Au fait, pendant qu’on parle d’études, est-ce qu’il n’y a pas d’équivalences en poésie ? Je veux dire, si par exemple, je prends mon cas personnel, après trente ans d’écriture, est-ce que je peux recevoir une attestation certifiant que j’ai le niveau de maître es poésie ?
Ou bien, est-ce que je peux m’inscrire sur une liste d’aptitude, qui je l’espère, sera parfaitement objective avec mes qualités que j’imagine bien existantes ? C’est pas parce qu’on est vieux qu’on est bon à jeter aux orties.
Je vous implore, hein, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les professeuses et professeurs, de me dire si j’ai tout juste ou tout faux, ou entre les deux.
C’est pas le tout, s’il y a des stages de poésie, cette dernière peut devenir une activité économique comme une autre. Que dis-je ? Pas une activité économique, carrément un Marché !
Zut, ça fait bizarre d’entendre ça. Si la poésie devient un Marché, c’est qu’il y en a quelques-un(e)s qui vont s’en mettre plein les fouilles : là, je donne quasi dans la science-fiction… pour le moment.
Vous me direz : les américains le font déjà. Ah ben alors là, je m’incline : si les américains nous précèdent, c’est qu’il faut les imiter au plus vite !

P.M.

Tuesday, February 05, 2019

De Stéphane Poürri (extrait de T-B 63)

DUNKELHEIT

Chaque nuit, je suis terrassé par la même lumière
froide, percé par le même hurlement.
Accusateur, accusé. L'horreur et l'extase de la vie
piquent toujours plus profond. Las de courir m'oublier
dans la foule, je ne profite plus des beautés du
paysage. Je marche à reculons vers les regrets
lointains, craignant de ne plus pouvoir me supporter.
Pénitence, continence, obéissance et ruine de la
conscience. Chaque fantasme est une faute.
Laisse moi dormir, s'il te plaît.
Laisse moi seul.

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins