Tuesday, December 31, 2019

Incipits finissants (62)

Le problème en hiver c'est qu'il fait froid. En effet, les températures descendent fréquemment en dessous de 0 degrés. Il convient toutefois de préciser qu'il y a une différence entre la température réelle et la température ressentie par le corps humain, plus froide, cette différence s'expliquant par le souffle d'un vent glacial.
Il n'en demeure pas moins que les basses températures ont pour conséquence de provoquer le gel de l'eau et défavoriser l'apparition du verglas, notamment sur les routes et les trottoirs.
Le verglas est dangereux car il peut causer des accidents matériels et/ou corporels, lorsqu'un conducteur ne parvient plus à contrôler son véhicule, qui dérape sur la chaussée. De même, des piétons glissent parfois sur les trottoirs.
Pour éviter ce genre d'accidents, les agents des collectivités locales étalent du sel sur les surfaces à risques.
Malgré tout, il est recommandé aux personnes âgées de ne pas quitter leur domicile, afin qu'elles ne prennent pas de risques inutiles.
Néanmoins, l'hiver a aussi des avantages, car à des températures voisines de zéro, la neige tombe en altitude, voire à des altitudes proches du niveau de la mer.
La neige divertit les enfants qui s'amusent alors à lancer des boules ou à construire des bonhommes de neige. En outre, elle permet aux fondus de pratiquer le ski et autres sports de glisse. Gare, cependant, aux problèmes de circulation automobile aux abords des stations de sports d'hiver.
Ainsi, et de manière générale, les conditions de vie apparaissent plus facile en été qu'en hiver.
Le problème avec l'été, c'est qu'il fait trop chaud. En effet, les températures peuvent monter au dessus de 40 degrés. De plus, le soleil qui brille a pour conséquence de provoquer des brûlures sur la peau, après une trop longue période d'exposition. Dans les cas les plus extrêmes, le corps se déshydrate complètement.
Dès l'apparition de la canicule, il est donc recommandé aux personnes âgées, ainsi qu'aux nourrissons, de ne pas quitter leur domicile, afin qu'ils ne prennent pas de risques inutiles. Toute activité physique trop importante est également fortement déconseillée.
Bon, ben ça y est, j'ai fini mon journal du jour. Je vais pouvoir le recommencer demain.
P.M.

Numéro 80 de Traction-brabant


Le numéro 80 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 2,40 €.

Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

À l'inverse, merci de ne pas entrer en relation avec "TRACTION-BRABANT", si vous êtes une vedette de cinoche, que vous vous la jouez professionnel(le) - rester simple ne signifie pas toujours être idiot, enfin, il me semble !

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Famille


Dessins de Denis Ferdinande

Pour changer un peu des publications à majorité textuelle, je vous présente un blog de dessins. Ceux de Denis Ferdinande. 

Les textes ne sont d'ailleurs pas absents de ses réalisations au stylo bille, qui rappellent des collages (même quand ils n'en sont pas) ou des décollages et en constituent comme le prolongement.

À défaut d'autre nom plus poétique, c'est ici.


D'Hubert Le Boisselier (extrait de T-B 72)

uie rouge
Tu as longtemps pleuré les larmes d'un autre 
Des pleurs de sang venus des yeux d'un autre 
Légués par une douleur étrangère à ton corps 
Tu as reçu de ta lignée le poids d'un deuil de plomb 

D'où te vient la noirceur qui sillonna tes membres?
D'où vient que tu songeas si souvent
À noyer des fleuves avec ton sang d'esclave
À couvrir la ville des éclats de ta chair privée de vie?
Il a fallu le béton et l'acier pour endurcir ta volonté 
Que tu sois envahi par la matière urbaine et sale 
Pour éclaircir le sang maladif de tes artères 
Le répandre savamment sur le cuir tanné des trottoirs 
Et endurer les pleurs qui noircissent le flux de tes discours 
Ou tes hurlements d'enterré vivant 

La dernière fois que je l'ai vu de Patrice VIGUES


Malta compil : 2014 (avec Windows media player)

Je reprends, après une période d'absence, mes enregistrements audio où je les avais laissés, avec l'extrait suivant du recueil "La voiture accidentée du futur", cuvée 2014.

Juste une dernière fois
Laisser d'un doigt
La peinture des portières
Qui parfois vieillie
S'en va en paillettes de désespoir

Sentir le soleil cuire
Cette absence d'âme
Qui se pose là
Suivre la ligne d'horizon
Épousant les fils électriques
Qui tremblent aux intempéries

L'incertitude est immense

N'épouse plus les arêtes qui vite
S'interrompent face à la noria
Des poussières extra-veineuses"

Et pour l'entendre, sur un titre de Mercadinho (via http://www.dogmazic.net), "Lucas Alencar", extrait de l'album "Sons da naturezza", c'est ici.

De Denis Hamel (extrait de T-B 64)

Solian

mon amour est terni
comme ces vieux couverts
en argent qu’on oublie
dans les meubles sévères

de la maison d’enfance
des spectres de chiffons
comme en chiens de faïence
rêvent de puits sans fond

menant de salle en faille
bleue. les soupirs du bois
qui vieillit et travaille
comme un être aux abois

disent les mots du temps
au givre des fenêtres
oh pensée du printemps
je ne me sens plus être 

Incipits finissants (28)

C’est l’histoire d’une femme moderne, enfin, à la sauce de maintenant, un mélange de vieux et de neuf qui fait surtout vieux. Remarquez bien sûr qu’il en est de même avec les hommes, mais là, c‘est tout de suite plus cruel à cause du corps.
Alors voilà, Marie a grandi normalement, ni trop vite ni pas assez. Elle a toujours dit amen au bon dieu ou à ce qui en tenait lieu. Elle a décroché un bon boulot dans une multinationale au bureau. Elle s’est enfin mariée et a eu deux enfants, un blond et un brun, une fille et un gars, pour respecter la parité. Et maintenant elle dispose d’une belle maison avec piscine incrustée et un 4 X 4 coquet avec marchepied de 55 centimètres. La liste des commissions pourrait continuer longtemps…
Et puis un jour son couple s’ennuie alors elle divorce elle sombre dans la dépression elle fait même le trottoir pendant deux mois est poursuivie pour escroquerie dans une affaire immobilière juteuse de son ex elle est déclarée non responsable par la justice elle retrouve un boulot dans une multinationale au bureau parce qu’elle cause le chinois elle refait deux gosses se remarie elle rachète un 4 x 4 avec un marchepied de 75 centimètres et elle divorce car son mari alcoolique la bat elle a une liaison avec un artiste junkie tandis que son fils aîné dérape dans les banlieues et que sa fille a une addiction à Internet elle fait une dépression se jette par la fenêtre du 4e étage.
Mais des psychologues à maquillage qui parient sur son avenir la remettent sur pied et elle reprend le chemin du bureau et elle se remarie car elle croit en la vie elle veut des enfants à soixante ans parce que la famille c’est quand même ce qu’il y a de meilleur pour quelqu’un qui va mourir elle accouche de triplés son mari attrape Alzheimer elle achète une maison avec jacuzzi géant et un 4 x 4 avec marchepied de un mètre de haut qu’elle rate malencontreusement en allant au golf et voilà comment guérir les emmerdes par d’autres emmerdes.

P.M.

Revue Lichen

Et voici un webzine publié sur blogspot : "Lichen", revue de poésie, animée par Elisée Bec, et en même temps cosmopolite (Île de la Réunion, arrière-pays niçois, Vietnam, Haute-Provence). Cette revue privilégie les textes inédits (comme cela peut se comprendre) et les formes brèves (une page par auteur à peu près).

La revue est disponible et imprimable également sous version PDF.

Et pourquoi, "Lichen", au fait ? Parce que "Le premier signe de vie à revenir / sur les blocs de lave refroidie / c'est le lichen".

Dans son "avis aux écrivants", Elisée Bec met en garde contre les auteurs qui seraient tentés d'envoyer des textes sans mot d'accompagnement, de les "asséner", suivant une expression bien sentie. Précision qui pourrait sembler inutile dans un monde normal, mais qui ne l'est pas dans le monde de l'écriture, je vous le confirme !...

Pour soulever un peu de Lichen, c'est ici.

Des pieds et des mains (illustrations de Jean-Louis Millet et titre de Malta)




Sous mes doigts la pluie d'Olivier Savignat

"Sous mes doigts la pluie" est le titre du blog d'Olivier Savignat.

On y retrouve les péripéties (habituelles, certes, mais il est toujours intéressant de les voir décrites) de l'auteur en recherche de lecteurs, dans des variations sur le thème de Baudelaire "Mon semblable, mon frère".

Olivier Savignat pratique aussi parfois sur son blog les vases communicants, en publiant les textes d'autres personnes, poèmes ou nouvelles.

Sinon, l'actualité n'est jamais loin et le rock non plus.

Sous mes doigts la pluie. Merci : pas mal en ce moment. D'ailleurs, c'est ici la pluie. 

De François Ibanez (extrait de T-B 65)

UN AILLEURS QUE JE CONNAIS

Les cimes au loin
De blancheur et de froid
Caressent un ciel de marbre
Je me vois
L’air pur
Le bois brun de cette bergerie
Je traverse en silence
Un lieu ailleurs
Que je connais pourtant
Un souvenir
Un rêve
Une idée
Un souffle ailé
Qui vient m’étreindre
Quand je suis éveillé

Clown 27 : illustration de Henri Cachau

Pour en savoir plus, contact : henricachau@free.fr



De Philippe Leclair (extrait de T-B 1)

Fragment 11

Seule une analyse superficielle laisserait penser que c’était leur sujétion à un impératif suprême de productivité qui les aurait un temps immémorial conduits à adopter un modus vivendi partagé entre deux états ; l’un, fondamental, celui de la veille, au cours duquel ils accumulaient des heures et des heures d’activités fiévreuses dévolues à l’élaboration de quantité d’objets, qui, lorsqu’ils étaient matériels, étaient produits soit de leurs mains propres, soit par l’entremise de robots assez frustes et dont il fallait encore assurer surveillance et maintenance, l’autre, celui du sommeil, qu’ils vivaient comme un temps visant à réparer (réparer, tel était bien leur mot en effet, et l’on ne peut que s’étonner d’une telle clairvoyance dans leur choix de ce terme ô combien pertinent) les cruels dégâts qui avaient été infligés à la machine humaine au cours de la précédente période de veille. En réalité, force est d’affirmer que, selon toute vraisemblance – et il faut le dire à leur décharge -, cette répartition se trouvait plutôt comme inscrite dans leur état d’assujettissement – de fait, et obligé celui là – à une alternance alors quasi-régulière entre des phases de jour (au cours desquelles le monde physique environnant recevait une espèce d’éclairage global, mais non artificiel) et des phases de nuit (autrement dit d’obscurité naturelle). Quoi qu’il en soit – notre propos ici n’est pas d’apporter une réponse définitive à ce débat -, cette répartition veille / sommeil, étrange, et surtout, étrangère à toute connaissance approfondie de la nature humaine, ne laissait d’induire à son tour une interminable cohorte de prodigieux contre-sens : ainsi par exemple, la fatigue se trouvait-elle uniquement interprétée par eux comme le signal de la nécessité plus ou moins urgente de mettre leurs corps au repos (en d’autres termes, de les soustraire, pour des durées variables que nous n’avons pu encore pu établir, à l’ensemble de leurs efficiences matérielles) ; ainsi également l’activité onirique [1] - dont on imagine évidemment quel devait être l’état global de délabrement – se trouvait-elle communément analysée comme un pitoyable ersatz, dont toute relation, lorsque d’aventure elle était tentée devant un public élargi, ne pouvait provoquer que moqueries et rires gras.


Albertus HAYNES,
Le nycthémère : le mythe, la réalité probable.
Colloque de Monticelli, Chr. 350 a. d.

Philippe LECLAIR, Supplément au petit traité des transparences (extrait)
Editions Les corneluces, 2003

[1] - Pour ne pas être injuste, nous nous devons bien évidemment de citer ici, la pensée, timide mais fulgurante, de cet antique prêtre fou (ou de son ami – le Germanique, encore incomplètement maîtrisé aujourd’hui par nos linguistes, recèle une ambiguïté gênante sur ce point), qui entrevit que les rêves pussent faire partie intégrante de la vie de chaque homme ; mais, de ses analyses, ne furent tirées que quelques conclusions anecdotiques, et l’on peut dire que l’humanité continua des chronies durant à vivre dans l’ignorance totale de la face hypnophane de son existence, passant à côté d’elle comme détenus aveugles égarés devant des portes ouvertes.

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Sunday, June 16, 2019

Traction-brabant 80


Je crois que je viens de trouver un moyen de rendre la poésie plus intéressante aux yeux du grand public. Si, si, je ne plaisante pas.
Vous voulez vivre centenaires ? (ou presque) ? Eh bien, devenez poètes ! C'est génial, non ? La poésie comme élixir de longue vie ! Fallait y penser, n'est-ce pas ? Ça me semble de loin plus efficace que les recherches scientifiques effectuées sur de nouveaux traitements.
Avec la poésie, rien que du naturel !
C'est à la portée de toutes et de tous, en plus. Bon, je reconnais que ça n'a pas toujours été comme ça, hélas.
Sur ce point, les poètes maudits ont été les pires ennemis de leur art. Pensez-vous ! Villon, disparu dans la nature à 32 ans, Lautréamont décédé à 24 ans ! Et cet imbécile de Rimbaud qui s’est tué au boulot à 37 ans ! Quelle honte ! Mais un tel cauchemar, aujourd'hui, est bien fini. Pour trouver un jeune mort en poésie, il faut remonter à Christophe Tarkos en 2004. Et mis à part quelques illuminés qui n'ont rien compris à la vie, tout cela est derrière nous.
Voyez plutôt : Yves Bonnefoy, mort à 93 ans, Eugène Guillevic et Jean Rousselot, à seulement 89 et 90 ans, Jean L'Anselme à 92 ans, et Pierre Béarn à 102 ans. J'en passe et des meilleurs…En plus, il n’y a pas que des morts, il y a des vivants aussi : Philippe Jaccottet, Jacques Réda, Francis Cheng, Anise Kolz, déjà chopés au radar à quatre-vingt-dix ou peu s’en faut. Ce sont nos valeurs sûres ! Et même les casseurs de langage y parviennent ! La vieillesse c’est no limit ! Un truc de ouf !
Crois-moi, ami poète, je suis désolé de te le dire, mais si tu es mort avant 80 ans, c'est que tu as raté ta vie. C'est bien pour cela que j'ai attendu le numéro 80 pour aborder ce thème sensible du grand âge.
Alors, fais pas le con, poète ! Applique-toi à fonctionner. Écris 5 poèmes et ritournelles par jour, publie tes 4 recueils par an et oublie pas d'aller consulter régulièrement ton médecin. Prends tes pilules quoi. Ça doit être quand même moins crevant que de se droguer et de boire trop d'alcool fort... Écrire, c'est tout ce qu'on te demande, poète, c'est quand même pas difficile ! Écrire, d’ailleurs, tu pourras toujours le faire, à défaut du reste.
Admets en plus que la poésie est un truc lent, donc c’est pas grave si tu ralentis. Ça concerne la contemplation éternelle. Or, avec l'âge, on devient asymptote à l'éternité, en quelque sorte. Donc, tout baigne ! D’ailleurs, je sais pas pourquoi je te dis ça, car tu m’écoutes parfaitement.
Si, avec tout ce que je dis là, la poésie vous fait pas envie, moi j'y comprends plus rien. C'est la vertu écologique à médiatiser (sauf pour les arbres).  
P.M.                                                            


Saturday, June 08, 2019

De Solen Le Cun (extrait de T-B 78)


Orpailleurs



En Amérique, ils se ruèrent sur l’or



Creusant de leur cœur de pioche des lits souillés

Fouillant de leur pelle de bouche des deltas asséchés

Tournant de leur batée des êtres particules et émiettés

Explorant chaque corps rongé, chaque souffle coupé

Extrayant des noyés noctambules, des épaves submergées

Tamisant des vouivres limoneuses, des ondins étouffés

Batelant des figures de proue écumeuses et enragées

Scrutant chaque clavicule et chaque péroné décharnés

Appréciant de leur peson d’explorateur des paillettes maquillées



En Amérique, ils déchantèrent

Dans des manmans d’lo cannibales de naufragés

Dans des tritons dévoreurs de lambis nécrosés


En Amérique, ils pleurèrent

Dans des coulées de lie écœurante et avinée

Dans des lahars de Pelée rageux et tourmentés


En Amérique, ils se noyèrent

Dans des Amazones guerrières et du cœur amputées

Dans des Orénoques véreux et de l’âme parasités



En Amérique, il et elle se ruèrent sur l’or

Trouvant dans leurs yeux, la pépite dorée.

Saturday, June 01, 2019

Incipits finissants (38)

Ah bon sang ! Qu'est-ce qu'ils étaient bath les vieux de dans le temps ! Ils ne nous faisaient pas concurrence, ils ne nous cassaient pas les pieds, à toujours vouloir être dans le coup, à vouloir rester jeunes, à toujours être dans le vent, dans la bourrasque oui, à courir à bride abattue, malgré leurs dénégations, après la jeunesse éternelle, alors qu'ils ne parviendront pas à garder la jeunesse en courant après, c'est une évidence, parce que le moteur, il est davantage foutu, malgré tout. Et puis aussi, parce que c'est inutile car la jeunesse, qu'est-ce qu'elle peut être conne des fois !
Alors, oui, moi, je regrette les vieux qui ne quittaient jamais leur maison, qui continuaient à s'habiller en bleu de travail, comme s'ils continuaient à aller au boulot, même s'ils ne travaillaient plus. Les vieux pour qui les loisirs principaux étaient la culture du potager et le canon de vin rouge au café du coin. Les vieux qui n'avaient pas honte de se coucher à sept heures du soir et qui regardaient jamais la télé, ne suivaient jamais la mode, même pour la critiquer. Bref, des vieux de vieux, des vrais vieux ! Là, au moins, on n'était pas trompés sur l'emballage. Avant, les vieux revendiquaient d'être vieux, parce qu'ils n'étaient pas nombreux à pouvoir le devenir. Alors voilà, c'était plus clair pour moi.
Heureusement, je suis très content, parce que le pouvoir, merci, en reculant l'âge de départ à la retraite, va contribuer à changer cette situation, en faisant de nous des vrais vieux, comme autrefois. Pas des vieux jeunes, qui font tout le temps semblant, mais des vieux aux dos cassés et plein de rhumatismes et qui voyageront du lit au boulot et vice versa. Les vieux vont enfin pouvoir retrouver leur fonction première, celle d'être vieux et de faire vraiment tache au milieu du tableau, en nous offrant un spectacle, certes désolant, mais tellement naturel. En plus, c'est de là qu'on vient, alors autant y retourner.
Parce que, en plus, les vrais vieux, ça sera nous. Génial, car nous ne risquons pas de nous faire de l'ombre. Et pis, les jeunes nous respecteront mieux si on essaye pas de leur ressembler.
Ah vivement qu'on soit vieux ! On pourra même pas regretter notre jeunesse, notre jeunesse de vieux !
Parce que tout ça, de toute façon, pour la révolte, c'est du pareil au même !

Friday, May 24, 2019

Le blog de Vince

S'agit-il de Vince Taylor ? En tout cas, ce blog déménage comme du rock and roll et la poésie qui dépote est pas mal venue à cette époque de l'année où on commence à rempoter les fleurs.

Rien que le titre est déjà tout un programme : ma poésie et pas la tienne...

Le Vince, tout ce que les poètes bien élevés gnangnan pensent tout bas, lui, il a le mérite de le dire tout haut. Ma poésie c'est pas la tienne et c'est bien pour cela qu'elle est bien : tiens, encore une histoire de cylindrée à décapoter en ces premiers jours de printemps pour en foutre plein la vue aux copains.

Bon, le Vince, il y a du sexe aussi dans sa poésie, mais bon, je vais pas vous refaire le coup du printemps... Laissez vous pousser au Vi(n)ce en cliquant dessus !

Thursday, May 16, 2019

De Clément Bollenot (extrait de T-B 76)

après la pluie
la poussière est toujours noire
sous le soleil
la poussière est toujours noire
au clair de lune
la poussière est toujours noire
sur les mains de l'enfant
la poussière est toujours noire
dans les cœurs
la poussière est toujours noire
à travers les bombes
la poussière est toujours noire
au-delà des falaises
la poussière est toujours noire
parmi le couloir des souvenirs
la poussière est toujours noire
rien ne bouge
maintenant
dans le coin de la pièce
la poussière est toujours là 

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins