Thursday, December 31, 2020

Traction-brabant 19

Ouaip n’empêche que je continue à penser que nous respectons trop de règles et pour ne déboussoler personne j’essaierai de parler d’écriture.
La présentation de T-B en fait encore tiquer plus d’un après sa majorité, bien que naturelle, mais moi j’aimerais surtout que l’on s’intéresse au contenu de toutes nos petites publications.
Hélas, les pharisiens de tout poil ont tellement élevé le niveau des traditions dans ce monde déjà plein comme un oeuf que nous ne nous rendons même plus compte de ce qui est juste nécessaire pour qu’une publication naisse.
Bien sûr, il y a des standards qui veulent que soient utiles :
- les numéros de pages
- les tables des matières
- les tranches de livres
- les polices de caractères uniformes.
Même cet énoncé, je vous le ferai remarquer, dit comme ça, a l’air comique. Tout ça pour qu’un bouquin finisse à la benne !…A moins qu’il ne s’agisse de courir après de chastes subventions ?
Bref, ainsi nous entrons dans le moule bienséant de l’indifférence. F’rait ben mieux de scruter en quoi un texte peut aider à changer nos pauvres vies, c’est vrai aussi pour T-B qui doute et qui doute.
Cependant, il est amusant de constater que pour accéder à la reconnaissance, il est primordial de pratiquer la forme parfaite.
C’est comme si les lettrés ne savaient plus lire soudain, avec leurs petits yeux.
Bien sûr, ce faisant, on rentre sagement dans le rang, on traverse un mur de connerie dont les larges fissures nous demeurent invisibles.
Prenez plutôt un bon bol d’immédiat nom de dieu, crachez pas dans la soupe ! Et faites plutôt gaffe que votre mixture apprêtée ne devienne pas comme de la poudre en sachets. Cherchez plutôt à fuir les habitudes automatiques. Ne pratiquez pas le jeûne le vendredi !
Bientôt d’ailleurs nous toucherons au but : la population de ce pays se composera en majorité de marginaux qui se seront petit à petit écartés d’obligations légales et timorées (voir en politique).
On réalisera alors que l’absence de règles était plus vivifiante que son contraire. Car après tout il faut bien vivre et même n’importe comment.
P.M.

Numéro 82 de Traction-brabant


Le numéro 82 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 2,60 €.

Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

À l'inverse, merci de ne pas entrer en relation avec "TRACTION-BRABANT", si vous êtes une vedette de cinoche, que vous vous la jouez professionnel(le) - rester simple ne signifie pas toujours être idiot, enfin, il me semble !

Et s'il vous plait, n'envoyez jamais plus de 10 pages format A4 (en un seul fichier et format Open office ou Word, de préférence) si vous contactez le poézine, sinon, votre manuscrit ira direct à la poubelle virtuelle, mais la poubelle quand même ! Je n'ai pas besoin de lire des tonnes de pages d'un auteur pour savoir de quoi il en retourne !

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

After brouette


Éditions du Contentieux

Malgré leur titre, les Éditions du Contentieux, animées par Robert Roman, publient de bien sympathiques titres. Je reconnais que j'ai été de l'aventure en 2016, mais je ne suis pas le seul.

Vous pourrez retrouver dans ce blog les annonces de parution d'ouvrages de Pascal Ulrich (Robert Roman est l’exécuteur testamentaire de son oeuvre), Gérard Lemaire, Yézid Barroudy, Marie-Anne Bruch, Didier Trumeau, Patrice Blanc, Jacques Lucchesi, Pierre Andréani...

Pour la visite, c'est par ici.

De Jérémy Rodriguez (extrait de T-B 82)

L'enfer ?
L'enfer c'est le désert des déserts
cinquante jours par 45 degrés dans le Majâbat al-Koubrâ
sept chameaux squelettiques
le huitième s'est enfui
avec le dernier bidon d'eau
les djinns mangent l'ombre
on devient fou

C'est un homme seul
enfermé dans son deux pièces
paranoïa virtuelle et pornographie
obnubilé par le mal
il complote contre lui-même
héautontimorouménos

C'est un enfant à bout de force
englouti par la Méditerranée
damné anonyme
entre ses mains éternellement coule
la sépulture des vagues

C'est un trottoir glacial
dur comme un os
une corde à trois nœuds dans le ventre
bientôt la mère s'y pendra

C'est une mémoire à vau-l'eau
le paradis perdu
se délitant en volutes

La lutte vaine
les cernes du silence

C'est l'amour
quand il n'y a plus rien à dire
une page qu'on arrache

L'enfer c'est une prison
au milieu de nulle part
les geôliers condamnent un père
à voir mourir ses fils

C'est un port rouillé
où mouille le bateau ivre
la gueule de bois des mauvais jours
retour impossible
après le voyage de trop

L'enfer c'est une terre
privée de ses fruits
un arbre en exil
dans la grisaille d'avril
matière étrangère
vouée au vent du Nord

C'est un mot
coincé dans la glotte
une bouche close
que l'on n'ose pas ouvrir
par peur que les censeurs
la referment aussitôt
langue morte 

J'aime les bâtons de Patrice VIGUES

Malta compil : 2000 (avec Windows media player)

Là je commençais vraiment à écrire beaucoup, disait-il, parlant de la poésie comme d'une maladie, en cette "brève histoire de lumière", accompagnée de la trance de DJ Cabine (via Dogmazic) et son "Interlude"...


Prise d'électricité
Murale
Nouvelle mode
Pour un amour instantané

Je n'explique rien
Je vois seulement luire
Les filaments d'amour
Avant qu'ils me chargent

La tête de l'ampoule
Vraiment attirante
Est à croquer
Comme une pomme
Avec la nuque en arrière

Une seconde de
Mélancolie brûlée
Et le contraste du noir incertain
Se brise dans la plaine
Des chevaux remplis d'ombres.


Ce poème a été publié par la revue Nouveaux Délits, dans son numéro 13.

D'Eric Chassefière (extrait de T-B 39)

Debout résistant aux secousses il embrasse
toute la plage du regard voit ces rares silhouettes
dont chacune semble l'arc tendu vers sa propre cible
le mur qui court au fond troué de portes incertaines
d'escaliers ensablés montant vers des jardins
des maisons minuscules à demi enfouies dans le sable
dont la ligne de toits se découpe sur le ciel immense
il devine ces sentiers creux s'enfonçant dans la lande
où vers le soir une à une s'effacent toutes ces vies
se laisse glisser dans le ciel profond de sa vision
dont peu à peu la gangue sombre se referme sur lui

Traction-brabant 3

L’histoire de « Traction-Brabant » a pris une sale tournure le jour où je mis les pieds à Epinal. A l’opposé des images de là-bas, le marchand de photocopies me demanda ce qu’était le Produit décrit en objet. Ayant un esprit autant religieux que mathématique, je songeai sur le champ à ces produits en croix qu’il fallait réussir du temps où je calculais encore. Doué d’un esprit ménager, j’imaginai que je vendais du tue-mouches. « Le doute m’envahit, je n’étais plus sur terre ».
Puis, à la même époque, je subis une avalanche de mots incompréhensibles : Séduction, Ambition, Projet, Plaisirs, Réforme, Réussite, Ambiance… Bref, pour moi, il était une fois de plus impossible de F.L.F. (finaliser La Fête). Mon âme fut au désespoir. Il m’apparaissait plutôt que la vie était remplie de ce détachement de la joie présent dans les « chansons » de Ian Curtis (alias Joy Division), entre licol et pendaison. Après tout, dans ce cas, seuls le sens de la corde (à terre ou dans les airs), sa longueur et la force de la punition varient.
Et à présent, je sais ce qu’il faut que je fasse. Vous filer tous ces mots. Séduction, Ambition, Projet, Plaisirs, Réforme, Réussite, Ambiance… Si si, j’insiste… Vous verrez… Vous vous en sortirez à merveille en leur compagnie. Vous dites que vous les ignorez, ce qui ne vous en empêchera pas de les pratiquer.
Pendant ce temps, je tacherai de me débrouiller pour qu’il n’y ait plus que « Traction-Brabant » à mettre dans « Traction-Brabant ». Sans analyses ruineuses, sans table des matières (ou des manières ?), ou messageries d’hauteurs.

P.M.

La girafe à pistons, image de Pierre Vella


Boris Wolowiec

Bon, voilà au moins un blog dans lequel il y a du texte et pas des pubs pour acheter. Enfin, un qu'a compris !

Bon, la présentation est pas très bavarde. Sûrement que les textes se suffisent à eux-mêmes : je suis plutôt de cet avis-là, même si un petit bonjour aurait pu y figurer. Vous me direz : la littérature n'a pas de temps à perdre dans des bonjours... Peut-être peut-être, mais pas sûr...

Bon, le titre aussi n'est pas très original : c'est le nom de l'auteur. Comme ça, au moins, on risque pas de se planter en le cherchant sur Internet.

Bref, ici, on n'est pas dans la coquetterie, mais dans l'essentialité, pour utiliser un terme de philosophe qui en jette.

En tout cas, cependant, moi j'aime bien cette écriture. Ça semble très répété, ça l'est effectivement, mais pas tant que ça. Il y a des variations à l’intérieur...

À noter également la rubrique "Admirations", qui permet au visiteur de se projeter dans d'autres univers, également très bons. Et pas toujours de l'écriture (ça, c'est bien), souvent aussi du cinéma, et parfois même du sport (foot)...

En définitive, il y a tout ce qu'il faut là-dedans et c'est .

De Le Mulet (extrait de T-B 80)

Le banc manchot.

Le banc manchot attend son heure.
Sonneur de fer
Rouillé, même jusqu’au sol
Tremblant de froid, d’horreur
Il s’agite comme une statue
Pétrifiée, animé comme la pierre
Le banc manchot pleure, il pleure sans être vu.

Le banc manchot attend son heure
Seul dans son parc, sa gare
Sa rue fuie par le tous
Seul comme une barque à la lisière de rien
Seulement inerte
Coupable d’être ancien
Les yeux ouverts sur son passé
Béants, béat
Il ne voit plus à l’avenir

Le banc manchot attend son heure
Montre à la main
Il attend dans son parc, un ballon
Il attend dans sa gare un train
Il attend dans la rue les poux
Il attend…
Mais se demande vers où
Il regarde
Mais ne voit plus d’avenir
Le banc manchot attend son heure
Sale temps qui marque « retard »
Chahut faisant la moue
Seules traces du temps passé de fiers vauriens
Salement en perte
Il s’accable, se contient
La bouche ouverte, en fait cassée
Céans, les rats
Sont morts d’ennui dans le navire
Le banc manchot attend son heure
Compte les refrains
Il attend dans son parc une chanson
Il attend dans sa gare, chagrins
Il attend dans sa rue un trou
Il demande…
La fin d’une vie, c’est tout
Il s’égare
Dans l’éternel à venir

Le banc manchot appelle son heure
Son heure laisse faire.
Mouillé, il se cajole
Pensant à toutes ces fleurs
Déposées sur une pierre nue
Au centre d’un petit cimetière
Tout au fond d’une décharge sans odeurs.
Seul, le banc manchot pleure
Dans son parc, dans sa gare, dans la rue
Seul, il pleure sans être vu.

Viande (Open) de Cathy Garcia


Et pour en savoir plus sur les illustrations, la revue et les textes de Cathy Garcia, je vous propose de leur rendre visite :

De Charles Frouin (extrait de T-B 74)

MACHINE A REVER

Depuis la voie royale d’où résonnent des rêves
La connaissance du réel bâtit sur les champs du social
S’interprètent d’agglutinants signes, les songes
Germes d’obsessions, travail de condensations d’images

Image avouant de mère maternelle et dévorante
Tout est symbole, « détecte les saloperies œdipiennes »
L’inconscient économique décale son complexe
Coupe la tête d’Œdipe, la femme maudite

En fourrure et plaisirs interdits, elle fouette,
Menace l’Art sans scrupules, par courtoisie
Propulsion de la mort, elle enfouit fantaisies
Le fascisme politique se rend possible

Dans le récipient où coulent deux heures de nuit
Coulant dans le filtre d’un même langage
Par les rythmes d’un système en notes éclatées
La création se rompt au réveil de l’identité


2/03/2017

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Sunday, January 26, 2020

Le blog de Tapages

Je vous invite à faire connaissance avec ce blog tenu par des ptits jeunes de Nancy (comment qu'il cause le pas trop vieux quand même)

Ca déménage de vie avec du langage qu'est d'aujourd'hui et qui chie pas mal...J'aime particulièrement bien le poème avec les fautes d'orthographe de Yannick Lemarié : au moins, c'est plus simple quand les fautes d'orthographe sont comprises dans la facture, et qu'est-ce que le poème, sinon une sorte de facture qui ne dit pas son nom ?

On vous souhaite bon vent Marc Faivet, Yannick G, Yannick Glaas, Jean-David Lemarié, Tristan Solman : je m'aperçois en écrivant cela qu'il y a beaucoup de Yannick qui font le tapage : est-ce un hasard ?

Friday, January 10, 2020

Thursday, January 02, 2020

Accrocstiches de Florent Toniello

Sans doute que le titre du blog de Florent Toniello vient de ces poèmes dans lesquels la première lettre de chaque vers est celle d'un mot ou d'un nom à lire à la verticale.

En tout cas, il témoigne d'une sacrée vivacité d'esprit et d'une curiosité assez rare chez les poètes, comme chez les autres hommes, d'ailleurs.

Et ce n'est pas parce que l'auteur a chroniqué le numéro 69 de "Traction-brabant", même si c'est à cette occasion que j'ai découvert "Accrocstiches" ! 

En fait, sur la première page de ce blog, on trouve des chroniques de livres (à part T-B, un livre paru chez "Al Dante, c'est vous dire la variation, au moins dans la forme), quelques poèmes de factures diverses (acrostiche justement, mais également poème numéroté dans la marge), et même des variations sur de la musique classique...

A signaler également l'analyse fine et détaillée qui est faite de ses lectures par l'auteur, pas si courante là non plus, dans les chroniques.

Bref, je vous conseille d'aller y faire un tour. Pour lire, non pas que des "accrocstiches" (d'où les 2 c en plus !), c'est ici.

Tuesday, December 17, 2019

Le site d'Amaury Ballet

Dans le site d'Amaury Ballet, qui s'appelle comme lui s'appelle, non seulement, vous trouverez un résumé de ses activités placées sous le signe de l'écriture : "rédacteur indépendant, intervenant en écriture".

Mais en plus, sont ici mis en ligne plusieurs de ses textes (nouvelles ou contes), dont certains ont obtenu des prix, ainsi que des poèmes-chansons.

L'écriture d'Amaury Ballet est placée résolument sous le signe du voyage, de l'évasion et de l'aventure, qui parfois devient mésaventure. Il y a du London et du Cendrars là-dedans.

Bref, des thèmes qui tiennent à cœur, quand on a encore un peu de jeunesse en soi...Si vous souhaitez vous évader, c'est par ici.


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