Friday, June 17, 2022

Traction-brabant 94

Je me demande pourquoi en 2021, on célèbre toujours autant l’Écrivain. En effet, il n’y a personne d’aussi peu attachant que lui. Un écrivain, c’est quelqu’un qui fait croire aux autres qu’il pense à eux lorsqu’il écrit. Mais rien de plus faux.
D’ailleurs, les écrivains les plus sincères, eux, reconnaissent leur statut de privilégiés, avouant qu’ils n’écrivent que trois heures par jour. Le reste de la journée, ils glandent.
Bien sûr, quand les écrivains disent ne pas pouvoir travailler toute la journée, ils n’ont pas tort. Cependant, lorsqu’ils vous racontent que leur activité est hyper prenante, qu’ils font des recherches pour leur prochain opus, voire, méditent sur leur œuvre, tout ça, c’est du cinoche.
La preuve en est que pas une seconde, ils ne rêveraient de se retrouver salariés à votre place. S’ils restent concentrés, cette activité du cerveau ne constitue, en aucun cas, une obligation de résultat mesurable par des statistiques. Quant à vous, le public, permettez-moi de vous le dire : pour l’écrivain, vous n’êtes qu’une part de droits d’auteurs.
Solidaire l’écrivain ? Depuis l’époque du communisme, les auteurs engagés sont morts et enterrés. D’ailleurs, vous les avez déjà vus se révolter contre les inégalités et autres injustices permanentes de notre temps ? Pas le moins du monde. Au minimum, on pourrait attendre d’eux une fonction sociale précise.
Les vrais pros de l’écriture sont installés dans le système de l’offre et de la demande, donc de la concurrence. Ils ne veulent pas que ça change, surtout s’ils sont perçus par le public comme étant les meilleurs.
Solidaire l’écrivain ? Solitaire oui ! Plus que jamais aujourd’hui. Solitaire et bien heureux de l’être, que personne ne vienne lui casser les pieds, tel un coupable non saisi de remords.
Hélas, pourquoi, quand on parle d’écriture, met-on toujours en avant ce personnage falot, qui met les pieds sous la table pour faire croire à l’universalité de ses nombreux doubles ?
À côté de lui, un éditeur, un imprimeur ou un libraire, qui fabriquent et diffusent les livres, sont plus vite traités de truands… par les écrivains, alors qu’ils révèlent les textes de ces mêmes écrivains au public.
Si l’on avait un minimum de maturité d’esprit, il serait temps de changer nos admirations. Au pire, on ferait mieux de célébrer des livres-objets inanimés, quitte à devenir des païens, plutôt que de vénérer celles et ceux qui ne les ont même pas fabriqués, passion stérile de groupies adolescentes pour du vent.

P.M.                                                                                                                                                                                                                                

Numéro 98 de Traction-brabant


Le numéro 98 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 3 €.

Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

"TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

S'il vous plait, n'envoyez jamais plus de 10 pages format A4 (en un seul fichier et format Open office ou Word, de préférence) si vous contactez le poézine, sinon, votre manuscrit ira direct à la poubelle virtuelle, mais la poubelle quand même ! Je n'ai pas besoin de lire des tonnes de pages d'un auteur pour savoir de quoi il en retourne !

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Perdus de luxe


Revue en ligne Poetisthme

Je viens de découvrir la revue en ligne "Poetisthme", et je vous fais part de cette découverte, faisant ainsi de la pub aux collègues !

Le plus difficile a été d'écrire le titre de la revue, je l'avoue.

Mais à part ça, c'est de la poésie vivante (un peu de révolte, quoi, on est des êtres sensibles, il y a des problèmes, non ?) qui est publiée dans ces numéros, raison de plus de lire cette publication (oui, de la poésie vivante, parce que des fois, je trouve qui se publie dans certaines revues, pas forcément les moins réputées, n'est pas très vivante, peut-être que je suis un vilain garçon…).

Toujours est-il que là, c'est pas pareil. Pour lire les numéros en ligne, vous allez ici.

De Nadège Cheref (extrait de T-B 97)

 
La chair équivoque
 
Je t’aime mais tu ne le sais pas.
Et je suis là,
là où,
les rues grouillent de glapissements
à en crever le bitume !
 
J’aperçois le voile de ton sourire,
me voler mon désir
et le fragmenter doucettement
dans la poussière nocturne.
 
 
Le temps s’arrête.
 
Et je pense à toi, tout bas.
Je tends ma joue
dans l’air duveteux
et ta main
effleure ma peau étoilée
comme le bruissement sourd du Zéphir.
 
Je frissonne.
 
Alors, j’entends au loin, une musique,
le flottement ivre des chauve-souris,
balayer le vent moqueur
      et voler dans l’obscurité.

Enceint de Patrice VIGUES

Malta compil 1997 : "La nuit est protégée..." avec lecteur mp3)

Encore un single de 1997 extrait d'un magma de poèmes intitulé Samson. Le poème n'est une fois de plus pas trop réjouissant, vraiment alone (que voulez vous !), sur une musique de Quadratus : Rethba Sida (période 3), importée de Dogmazic, site de musique sous licence libre, https://www.dogmazic.net/:

La nuit est protégée par cette femme
Qui ouvre son tombeau de partout
Et nous accueille
Avec des larmes sur le plancher
Vite essuyées
A l'heure où l'horizon plus lointain est tenu
Pour la seule preuve de sécheresse

Pourtant je saute un dernier mur
Avant d'aller d'abord vers l'inconnu
Les paroles n'ont pas besoin de musique
Et la femme reste là
Comme si elle n'avait pas de corps

Une seule âme est entrée
Par le verrou de la porte du deuil

De Florent Toniello (extrait de T-B 72)

C’est la première fois
depuis qu’on en distribue
aux serviteurs zélés de grade inférieur
que quelqu’un refuse des stock-options
me reproche-t-on dans un bureau climatisé.

Comme si enfant déjà en m’endormant
je rêvais de la richesse abondante
procurée par un cours d’action à la hausse.

Image de Pierre Vella et en son hommage

 


De Marc Liénet (extrait de T-B 86)

Disciples d'hier
Maîtres d'aujourd'hui
Allument des chaudières
Et préparent l'enduit
Feu follet

Ce jeune feu follet
Parti trop tôt à la guerre
Continue la route
de nuit

Il illumine le monde
Avec une simple lumière
Qui vacille
Au fond de lui

"Au fil d'œufs, fais rêver", image de Jean-Marc Couvé


 

Le blog de Corinne Le Lepvrier

Petite présentation du blog de Corinne Le Lepvrier, qui a pas mal publié ces dernières années, surtout en revues mais pas uniquement.

Ce blog se caractérise par la présentation de collages ou de photos, qui s'intercalent parfois entre les poèmes mis en ligne. Une très bonne idée pour agrémenter le lieu.
En parcourant le blog de Corinne Le Lepvrier, j'ai surtout apprécié la justesse des poèmes écrits sur la femme, leur exshaustivité. Plusieurs rôles sociaux sont envisagés, qui contribuent à un seul portrait.
Pour aller faire un tour, c'est ici !

Incipits finissants (96)

 

L’âge de départ à la retraite inquiétait le pouvoir. Décidément, ne ferait-on pas basculer trop tôt les gens dans l’inactivité ? Les craintes étaient énormes : risques de dépression, déresponsabilisation etc.

Il devenait donc crucial de s’assurer que la retraite ne provoquait pas des séquelles irréversibles chez les personnes concernées.

Le gouvernement désigna donc une commission d’experts qui lança une expérimentation sur un panel d’individus et, dans un souci de bonne communication à l’externe de mon entreprise, je fus désigné d’office pour participer à une phase-test des plus violentes.

Je devais ne plus conserver d’activité professionnelle, tout en gardant les trois quarts de mon salaire d’avant. L’expérimentation devait durer à minima 5 ans En tout état de cause, au bout de deux ans maximum, il fallait que je montrasse des signes de dépression. C’étaient les experts qui le disaient.

Les premiers temps furent difficiles car désormais, je ne faisais rien d’utile pour le chiffre d’affaires de mon entreprise. Quel enfer ! Ne plus me lever à 6 h 30 tous les matins, m’installer à la terrasse des bars de la ville et prendre le temps de boire mon café du matin, lire le journal ou n’importe quel livre. C’était difficile d’être en retraite. Vraiment j’en ai bavé. Mais après de violents efforts, je parvins à m’adapter à mes nouvelles habitudes.

Les experts – des scientifiques – n’en revenaient pas. J’aurais dû afficher un teint plus pâle, voire blafard, caractéristique d’un ennui profond. Hélas, au contraire, j’en profitai pour me remettre à la gymnastique et au jardinage et je commençai même d’apprendre à jouer du piano.

Au bout d’une année d’attente, le doute n’était plus permis. Ma trajectoire n’était pas la bonne. Je dormais huit heures par nuit sans discontinuer. En outre, j’étais bronzé et il m’arrivait de rire.

Ainsi, les experts se mirent d’accord pour faire cesser cette initiative insupportable qui risquait de déboucher sur un scandale : ça finirait par se savoir que la retraite pouvait rendre des gens heureux.

Par conséquent, je fus ramené au boulot illico presto en fourgon blindé et sans sirènes. Depuis, j’ai pu reprendre des habitudes plus saines. La preuve, c’est mon patron qui le dit !     

P.M.

Le site de Marc-Albéric Lestage

En suivant le lien ci-après, vous pourrez faire un tour sur le site de Marc-Albéric Lestage, qui décrit l'ensemble de ses activités artistiques, notamment musicales (d'interprète multi-instrumentiste et de compositeur) et poétiques (par la publication de recueils à la fois denses et à la forme d'objet-livre originale).

Pour y aller, c'est ici.

Tuesday, June 14, 2022

D'Hélène Miguet (extrait de T-B 89)

Est-ce que le silence un jour se tait ?

Personne ici ne lui a demandé de crier si fort, personne n’est né vivant pour supporter ses hurlements de lune à l’envers ni ses grincements de loup à l’affût. Sa gueule cassée

de remords s’ouvre sur la gorge des mots et mâche lentement leurs soubresauts de vie encore flûtée comme ces voix qui tremblent souvent au bord des seuils et que ce satané silence roué aux tortures subtiles

étrangle  

sadique sarabande.

Saturday, June 11, 2022

Le feu central de François-Xavier Farine

C'est un joli titre pour un blog (aussi) : "Le feu central. C'est bien quand les poètes ont encore le feu central ! ça devrait être obligatoire !

Dans cette publication - un blogspot tout simple comme ceux que j'anime - se côtoient quelques poèmes de François Xavier Farine, le tenancier de blog, mais également pas mal de chroniques de recueils.

La poésie comme une tranche de vie, voilà ce que vous lirez ici. Et c'est déjà pas mal. Et aussi, ça se lit bien !

Pour retrouver Le feu central, c'est ici.

Traction-brabant 44

C’est Marrant. Depuis deux trois ans, je vois fleurir de plus en plus de pseudos dans Traction-brabant, alors qu’au début, lorsque j’ai commencé, pour parler comme un vieux con, ils se comptaient sur les doigts d’une main.
Que certains poètes ne se sentent pas précisément visés par cette rubrique. Simplement, je m’interroge sur cette pratique que je comprends mais regrette aussi un peu.
Je la comprends parce qu’avec l’expansion d’Internet, Big Brother a des yeux tout neufs. Alors oui, dans la plupart des cas, écrire de la poésie peut porter préjudice à l’individu. Vous savez, c’est ce jeu stupide : la majorité des personnes n’écrit pas de poésie, donc il vaut mieux ne pas en écrire pour ne pas appartenir à la minorité. On sait pas pourquoi, mais c’est comme à l’armée, tu dois ressembler aux autres et pis surtout pas de vagues !
Néanmoins, la pratique du pseudo a également pour effet de faire de la poésie une maladie honteuse, voire contagieuse. J’ai toujours l’impression d’entendre dire : « La poésie c’est bien. Mais faut pas que ça contamine le reste, ma vie raisonnable, la famille etc. Faut bien savoir séparer le bon grain de l’ivraie ». Alors qu’au contraire, j’aurais tendance à souhaiter que la poésie contamine le reste, et tout particulièrement les imbéciles, qu’ils soient poussés à l’erreur, ou bien qu’ils s’ôtent de mon soleil et n’y reviennent jamais ! Parce que la poésie, c’est aussi la vie et pas autre chose !
De manière générale, j’ai envie de dire aux auteurs : Bon dieu, assumez votre état, embêtez pas tout le monde avec vos turpitudes artistiques, mais soyez quand même un peu poètes dans la vie, et si les autres ne comprennent pas, tant pis pour eux !
Il fut un temps où je me fichais des hauteurs qui étalent leur soi-disant génie, alors que les autres s’en moquent, et maintenant, je commence à me demander si nous n’allons pas tomber dans l’excès inverse, c’est à dire au 36e dessus, avec les premiers crétins, pour ne pas avoir eu le courage de nos passions et ne pas avoir assumé en plein jour notre maladie, la poésie.
Vous me direz : on peut très bien utiliser un pseudo et faire le malin auprès des autres poètes : alors là, c’est encore pire, puisqu’il s’agit de la maladie de l’agent double. Imbu de lui-même dans le réseau et fuyant dans la vraie vie.
Car être poète tous les jours, cela ne reviendrait-il pas à disposer de franchise envers les autres, et pas que pour de la poésie ?

P.M.

"Abel Ferrara", illustration d'Alain Minighetti



Wednesday, June 08, 2022

Incipits finissants (90)

Par la magie des évènements, la vie avait changé en profondeur. Les rues étaient devenues calmes. On n’entendait plus le bruit des moteurs. Il n’y avait plus d’embouteillages. Pour la première fois depuis toujours, ce n’était pas la guerre, mais le couvre-feu. Le corps se réveillait reposé. Le monde d’avant était mort. On ne risquait pas de se faire écraser en traversant la route. Les trottoirs nous appartenaient. On ne se marchait plus sur les pieds.

Du coup, le corps ralentissait et le chant des oiseaux, auquel on ne prêtait guère attention, d’habitude, redevenait plus net. D’ailleurs, les oiseaux descendaient presque becqueter à nos pieds. Même si la pollution était, la plupart du temps, invisible, sauf en cas de pot d’échappement bouché, de passage dans un tunnel, etc., les bronches, cette fois-ci, se dégageaient. Était-ce juste un effet psychologique ?

Non, pas. La pollution avait diminué. La différence avec le monde d’avant se vérifiait. Ce dernier était mort, à présent. Il fallait s’imprégner en profondeur de ces nouvelles sensations pour l’enterrer, l’ancien monde. Il suffisait de cela, en théorie.

Parfois, le corps se sentait encore plus seul qu’auparavant. Mais c’était juste un réflexe à prendre. Non, le passé ne reviendrait pas.

Seulement, voilà, il y avait les sous, ou plutôt, le manque de sous pour beaucoup et le trop plein de sous pour quelques-uns. Était-on si certain que le monde de demain ne serait pas pareil au monde d’avant ?

Alors, comme à regrets, afin de renflouer les trésoreries, on recommença à produire du bruit de chantiers, à débrider les pots d’échappement hors du garage. Sauf que la machine était ankylosée.

Pourtant, on ne pouvait pas rester comme ça pendant dix ans, le cul entre deux chaises. Soit on arrêtait tout, soit on repartait, car il y avait trop de gêne à demeurer entre deux états, à tout le temps hésiter sur la conduite à tenir, comme sur les gestes barrière à effectuer. Et puis, qu’importe, la vitesse en bagnole, ça enivre. Petit à petit, le chant des oiseaux fut de nouveau recouvert par le vrombissement des moteurs. Le retour au passé fut progressif pour ne pas trop perdre l’être humain. Enfin, la pollution reprit le dessus, dans son nuage, que l’on oublia vite.

Le monde d’après ressemblait comme deux gouttes de pluie acide au monde d’avant. À moins que l’on tente le jeu des sept différences ?

P.M.

 


Sunday, June 05, 2022

D'Éric Jaumier (extrait de T-B 85)


L'éther

ton bec
dans la petite
tauromachie
du jour.

Ton bec pique
ce peu !

montre quelques
reflets,
vagabonds.

racle la voix
la peau du tambour

l'énigme nue
in fine
chante à tue-tête.

Thursday, June 02, 2022

Le blog des mutants anachroniques

Le blog des mutants anachroniques est tenu par Frédéric Moulin et Emmanuelle Moulin Desvergnes, l'une vit au Sud, l'autre au Nord.

J'aime beaucoup cette publication que je viens de découvrir, car les textes qui le composent me semblent très actuels, tant lorsqu'ils s'agit de citations d'auteurs connus pas connus, comme le sont souvent les auteurs qui comptent, que lorsqu'il s'agit de textes originaux.

Ces derniers s'apparentent à des cut-up, comme cela est écrit quelque part dans le blog, plus photographie que cinéma.

Bref, du bon, du vrai, donc du dur !

Pour y aller, c'est ici !

Monday, May 30, 2022

De Jean-Marie Alfroy (extrait de T-B 53)

Blues sur la mort de Chuck dans The Last Show, dernier film de Robert Altman

Avant de plier tes santiags Chuck
Avant de resserrer ton bandana
Tu nous as chanté la chanson du temps retrouvé.

Avec ta voix d’obstiné brouillard
Avec ta voix de goudron de gas oil
Tu as puisé des pleurs dans nos mouchoirs.

Puis tu es retourné dans l’ombre de ta loge
Puis tu as tiré sur le bras du pick-up
Pour faire tourner le dernier microsillon.

On voudrait tous mourir comme toi Chuck
On voudrait tous avoir le même départ
Dans la chaleur amie d’un harmonica.

On voudrait tous mourir en chanson
On voudrait tous partir avant le point d’orgue
Loin des chapelets et des perfusions.

Salut Chuck bon vent bonne route
Ne perds ni Nord ni diapason
Oublie cette vie qui ne vaut pas plus
Qu’un bout de chanson.

Traction-brabant 94

Je me demande pourquoi en 2021, on célèbre toujours autant l’Écrivain. En effet, il n’y a personne d’aussi peu attachant que lui. Un écrivai...