Thursday, December 31, 2020

Incipits finissants (56)

S’il y a quelque chose qui commence quand ça finit et vice-versa, c’est bien de l’écriture qu’il s’agit, enfin, du moins, en ce qui me concerne.
En effet, j’écris toujours pour dégonfler une baudruche qui, sitôt vidée, gonfle de nouveau pour être derechef aplatie, piquée avec une aiguille, afin d’en chasser tout le pus.
Cette histoire ressemble beaucoup à celle de Sisyphe remontant son rocher du fond du trou.
Ainsi, pour moi – et c’est une évidence naturelle – l’écriture trouve sa justification dans le fait qu’un problème est à résoudre, une injustice à dénoncer, un danger à affronter. D’ailleurs, cela ne m’empêche pas de vivre à peu près normalement.
Mon boulot est celui d’un scientifique qui aurait perdu toutes ses équations et dont les recherches, au mieux, l’amènent vers une autre solution que celle espérée au départ.
Il va sans dire que je n’écris pas pour faire plaisir aux lecteurs, ou pour constater que tout va bien. Dans ce cas là, j’ai mieux à faire !
Bien sûr, les problèmes à résoudre sont insolubles et leurs solutions, douteuses et douloureuses. Les thèmes sont du style : Comment dire ce que les gens refusent d’avouer ? Comment décrire un état paroxystique, de violence ou de perte de repères totale ? Comment survivre à une séparation ? Par quelle organisation sociale remplacer la famille ? Comment se mettre à la place des autres ? Comment vivre deux vies différentes en même temps ? Comment lutter contre le temps qui passe et la solitude ? Comment entrer en contact avec un disparu ?
Ne vous étonnez donc pas de la noirceur de mes textes et de ceux que je cite en référence. En plus, ce que le désespoir cache habilement, c’est une volonté farouche de combattre des forces qui nous dépassent. Et par un renversement des perspectives qui peut paraître surprenant aux yeux des profanes, une œuvre, voire une vie tragiques, constituent justement une victoire tant que dure la vie, et même au delà, parce qu’il y a combat. Au contraire, une vie plutôt lisse signe l’échec, la gaieté qui la traverse provenant surtout d’une absence de résistance au courant.
Et pourtant, je suis d’accord aussi pour affirmer : « Heureux les simples d’esprit ».
Par contre, si l’on a un cerveau, vaut mieux qu’il serve à croiser le fer. Les vraies joies, provisoires, existent à ce prix.   P.M.

Numéro 81 de Traction-brabant


Le numéro 81 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 2,40 €.

Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

À l'inverse, merci de ne pas entrer en relation avec "TRACTION-BRABANT", si vous êtes une vedette de cinoche, que vous vous la jouez professionnel(le) - rester simple ne signifie pas toujours être idiot, enfin, il me semble !

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Cherchez les intruses


Le blog de Perrin Langda

Le blog de Perrin Langda est intitulé : "U-poesis / Cité de poésie improductive".

C'est bien trouvé, je dois dire, ce titre inspiré des cités universitaires et qui fait très science-fiction. Il est vrai que pour la plupart des personnes, la poésie est comme de la science-fiction !

Cela donne une idée du contenu, rempli d'humour de cette publication, qui suscite l'envie d'être lue.

Les poèmes sont courts, sonnent comme des billets d'humeur, et les photos qui sont en face sont tout autant décalées.

Bref, un bon moment à passer...Pour accéder à la cité maudite à force d'être improductive, c'est ici.

D'Hubert Le Boisselier (extrait de T-B 72)

uie rouge
Tu as longtemps pleuré les larmes d'un autre 
Des pleurs de sang venus des yeux d'un autre 
Légués par une douleur étrangère à ton corps 
Tu as reçu de ta lignée le poids d'un deuil de plomb 

D'où te vient la noirceur qui sillonna tes membres?
D'où vient que tu songeas si souvent
À noyer des fleuves avec ton sang d'esclave
À couvrir la ville des éclats de ta chair privée de vie?
Il a fallu le béton et l'acier pour endurcir ta volonté 
Que tu sois envahi par la matière urbaine et sale 
Pour éclaircir le sang maladif de tes artères 
Le répandre savamment sur le cuir tanné des trottoirs 
Et endurer les pleurs qui noircissent le flux de tes discours 
Ou tes hurlements d'enterré vivant 

Les deux Patroches c'est les deux artoschtes de Patrice VIGUES

Malta compil : 2008 (avec Windows media player)

Alors là, c'est carrément l'inédit de chez inédit : dernier poème de cette compil pour le moment:

Le vla le poème (je vous préviens il est assez long, hé oui, c'est comme ça, j'ai de plus en plus d'endurance mais le lecteur, lui, en a-t-il de l'endurance ?


LE MEGAPHONE

 
Ils disent qu’ils ne sont pas du bétail les élus hélas ils se conduisent pareil. Si l’un aperçoit un pré vert ou des glaces à l’orange les autres suivent mêlant leurs graisses au passage. Aujourd’hui sans rire ils se meuvent avec une voiture jusqu’au supermarché


Le test a débuté le jour de l’invitation. Il était convenu entre ma mie et moi que le premier qui dégainerait autre chose qu’un virement bancaire serait viré d’office. Mais la loi n’étant plus jamais votée à mains basses aurait paru trop dure pour la masse

Le mégaphone fera l’affaire. D’abord c’est un objet donc béni par l’absence de dieux printaniers. En plus il coûte cher et ne sert à rien. Pour gueuler au dessus de la tempête il faut avoir une voix d’enfant de cœur et ça nous l’avons

La difficulté pour se procurer un mégaphone semble de prime abord inouïe. Elle l’est parce que nous ne sommes pas professionnels du spectacle. Elle l’est parce que nous ne savons pas quel coin de la toile déchirée bénir avant qu’un dimanche aux puces l’engin nous revienne

Je rêve toujours de gueuler dans cet ustensile à piles. Le mieux est d’enregistrer des insultes sous couvert. Voir les têtes dépitées survivre dans l’angoisse. En dehors du mégaphone la nature se moque et biffe toute présence autre qu’éternelle. Les humains en sortent battus par les vents

Chérie je ne serai pas méchant avec les libellules. Je te promets que si j’effraye des grenouilles c’est pour ne plus avoir peur des hommes. Expectore le givre crache un bon coup dans la soupe du vent en amont et tu sentiras s’évaporer l’ironie des bonbons

Le jour dit les invités se présentent. Ils sont bien venus je n’y aurais pas cru. Tout à coup ils lèvent la tête vers les tuiles. Où-suis-je ? Mieux vaut que j’épèle leur nom après le mariage. Preuve d’affection ils reçoivent un numéro et ils écoutent


Sur un accompagnement de Automotive (via Dogmazic) et "Kanario d bogart" (voilà un titre qu'il est original). Avec Windows Media Player

De Roland Cornthwaite (extrait de T-B 54)

Je serais cette balle (extrait)

Je serais cette balle,
Saisie au vol,
Chemise d’acier,
Taille ajustée,
L’élégance aérodynamique.

Je serais cette balle,
La tension contenue dans l’élan,
Le projet, le tracé rectiligne,
La déchirure de l’air
Sur la ligne de mire.

Je serais cette balle,
Juste le poids,
Et juste la poussée,
Quelques grammes d’indifférence,
Juste une balle.

Je serais ce point,
Dix grammes de menace,
390 mètres à la seconde,
Je n’aurais pas d’affect
Hors cette poussée qui tend ma trajectoire.

Je serais les forces qui me guident,
La pointe de la pensée.
La déflagration de la charge sous le percuteur,
Là je suis née,
Libre du sertissage.

Je serais cette balle,
La pression de la phalange,
L’influx nerveux.
L’ordre donné,

L’ordre dicté,
Je serais l’obéissance.

Je ne tue pas,
Je suis la balle,
La pointe de la pensée dite en haut-lieu,
Dite hors les lieux, hors-champs, de mon chant,
Je ne tue pas,
Quelques grammes de plomb,
Dix grammes silencieux.

L’explosion m’a projeté,
Chargée du discours loin pensé,
Loin, calculs et bilans comptables,
Loin, bureaux sous pression,
Loin, les valeurs marchandes, les partages impossibles,
Les accrocs et déchirures du monde,
            pression des dictats de la rentabilité, dans l’urgence à remplir le tableau,
De voir la courbe grimper, grimper, grimper,
Escalader les sommets, sommets de papier-dollars,
Sommets de feu, paille des nations.

Là saisie dans l’élan de moi,
Rien,
Quelques grammes, quelques secondes.

Dans l’arrêt, le silence,
Et dans le silence,
Rien.

Je suis la pointe de la pensée.

Incipits finissants (78)


En termes d’évasion, on ne célèbre que les voyages ou l’immobilité. D’ailleurs, l’aventure est le plus souvent payée cher aux agences touristiques. Des vols aux pays où ça dépayse absolument, pas chez nous, jamais. Ou bien, c’est l’inverse exact. On ne bouge pas. C’est l’ici, toujours et encore, jusqu’à la nuit des temps. Le futur qui aime bien ressembler au passé, dans son unification coutumière.
De la sagesse du poète à la folie de l’aventurier, qui des fois, d’ailleurs, adorent se confondre l’un l’autre. Mais lequel de ces deux personnages de cinoche est le vrai ? Peut-être aucun et c’est bien ça le problème, pour moi.
C’est pourquoi j’ai envie de célébrer autre chose de moins romantique. Ce que vivent par obligation pas mal de personnes. Ni dans leur maison ni hors de leur pays. Mais sur toutes les routes ou gares de France (vous pouvez remplacer ce mot par un autre, ça revient au même).
Oui, les aires d’autoroute sont moches. Et les gens qui s’y arrêtent, mes semblables, mes frères, tout aussi moches. Et aussi, les halls de gares, sacs à courants d’air et à bousculades. Rassemblement de gens pressés, qui veulent être partout, sauf là.
C’est bien pour ça qu’à ce propos, il est impossible de parler de voyages. Il n’y a pas de tourisme, pas de vraie rupture avec le quotidien, non plus. Il n’y a pas davantage de repli sur soi dans une plus confortable tranquillité.
Le contrecœur est toujours un cœur, sauf qu’il est plus gros et plus dur. Hélas, tout ça suit trop bien le courant pour être digne d’être remarqué. Pourtant, il y a ces restaurants de passage, ces gites d’étape dans lesquels la peinture s’écaille presque discrètement des murs. Ces villes de province traversées où ne vivent plus que des vieux. Ces enseignes qui clignotent avec irrégularité, déjà plus qu’à moitié condamnées.
Puis, à l’opposé, dans les mégapoles, ces gens qui proposent leur commerce à même la rue. Pas que de la drogue, non. Ces zones de danger qui font prendre tout le risque aux voitures contre les piétons.
Eh bien moi, malgré l’apparence, j’aime bien vivre des étapes dans des endroits où suinte la tristesse ou la hâte. Et comme toutes les étapes se ressemblent, cela devient presque une vie entière, au pays des tiers mondes que l’on devine, rien qu’à leurs regards perdus.
Mobile et immobile à la fois…Plus vrai et plus précieux, car pas le choix…
P.M.

La nouille martienne

La nouille martienne, est-ce l'émergence d'une mythologie du futur ? Je plaisante mais tout de même... Je suis en train d'imaginer à quoi peut ressembler une nouille martienne.

La nouille martienne, qui écrit sous un pseudo, n'est sûrement pas la nouille martienne.

Peu importe d'ailleurs. J'aime ses poèmes, même s'ils sont comme la nouille martienne : pas faciles à suivre. Pour autant, ils ont une bonne densité de bons poèmes.

Il y a beaucoup d'introspection dans ces textes, une distance avec ce qui est autour assez importante, mais pas forcément critique.

Non, la nouille martienne est plutôt nostalgique et regarde le temps qui passe autour d'elle...

En outre, vous trouverez dans ce blog, sous-titré "Juste pour ne pas, et encore", vous trouverez également des extraits d'autres poèmes d'autres auteurs aimés.

Pour changer de monde, c'est ici.

La girafe à pistons, image de Pierre Vella


La Petite Renarde Rusée et autres

Le titre de la Petite renarde rusée, blog de Dan Ferdinande (dan.ferdinande@hotmail.fr), comme c'est indiqué, s'inspire du nom d'un opéra de Léos Janacek, musicien tchékoslovaque du début du 20e siècle (1854-1928), dont je vous conseille également, soit dit en passant, l'écoute des deux quatuors à cordes.
Pour en revenir à nos moutons et pour rester dans l'audio et même aborder l'image, le blog de la Petite Renarde Rusée propose entre autres plusieurs vidéos issues des productions du Rewidiage, avec des lectures faites par plusieurs auteurs maison (Annie Wallois, Bruno Mattéi, Michel Ohl, François Huglo). Je vous en dis pas plus, sinon c'est pas drôle...Cliquez juste pour y faire un tour.

De Jean-Marc Gougeon (extrait de T-B 56)

le clandestin


le talus de la mer plisse
ses yeux ne pas le boire
se dit-elle il sent le crin
du sable le soleil
a trop muré son corps
et la nage l’évade

le sel le retient
sa fièvre ressent la liberté
l’acrimonie à gommer

la joue du talus se creuse
sa tête est une proue
sa brasse a bouche ouverte

il a faim de s’enfuir

"Les 10 fils d'Harry Hahn (ou l'art dévoilé du cocon)" (illustration de Jean-Marc Couvé)



De Laurent Flament (extrait de T-B 49)

VILLE

Au reflet cadencé de nos pas fouineurs, le rythme lumineux de cette ville muette sonne sous nos yeux chassieux. Les chasseurs de furtive éternité regardent vivre les yeux indociles de cette cité enfin retournée. Ces guetteurs inopinés, toujours à l'affût d'une étrange expérience, puisent dans les ombres trafiquées le goût vif de l'inanimé. La ville est muette, étagée, on cherche sa ligne de mire, et l'on veut tapi dans l'ombre, de quoi saouler notre âme, une corde, un soufflet, tout ce qui s'attache au drame.

On soigne sa mélancolie, lourdement harnaché, on a du poids sur les épaules, de la peine à tordre, des espoirs qu'on frôle, une vie à aimer, mais il faut l'approcher, cette lueur empreinte de timidité. Elle a toujours peur de s'éteindre, son sommeil est léger, elle a si peur d'éteindre, nos espoirs vacillants, nos lames d'amants, nos larmes d'enfant, elle a si peur d'enfreindre.

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Saturday, November 09, 2019

Friday, November 01, 2019

De Jean-Michel Hatton (extrait de T-B 44)

&
Thompson Ave.

Du comptoir

elle me regardait
la fille un peu ronde

elle disait vouloir
danser des danses

toutes rondes, mes
mains enfouies dans

ses mains rondes.

C’est que c’est une
fille un peu ronde-

tourbillon, vous voyez.

Encrée sur son
rond coude

la fille avait, des yeux,
lancé vers moi un

regard tout rond :

deux petites bouées
rondes qui flottèrent

du
comptoir au canapé
et

me cognèrent au front.

Tuesday, October 22, 2019

Le blog de Pascal Ulrich

Il est arrivé, il est (enfin) là : il s'agit du blog consacré à Pascal Ulrich, créé par l'association "Bakou 98" : Disparu en 2009, Pascal Ulrich était poète, illustrateur et peintre. Il pratiquait également le mail art (entre autres publications, le numéro 50 de "Traction-brabant" lui a été consacré).

Le blog est encore en travaux, mais il comporte déjà pas mal de documents, à lire, à voir et à relire et à revoir...

C'est ici.

Sunday, October 06, 2019

Le Cigar space de Fred Michiels

Ce blog de Fred Michiels et Wichard Ragner (ce dernier étant un compositeur pas très connu, semble t-il, ici, ou pas, aux commandes des réalisations picturales ?), découvert, par hasard, à travers l'envoi d'une newsletter, est vraiment marrant. Car en fait, il se compose de poèmes qui osent ne pas être très poétiques, c'est à dire, loin du sens coutumier de ce terme (les petites fleurs, etc). 

Ça parle de l'art, du monde contemporain, mais en des termes abstraits, qui sont de l’ordre du constat, sans déception aucune.

Dommage que les poèmes ne soient pas plus souvent écrits en français. C'est ici le Cigar Space.



Sunday, September 29, 2019

De Xavier Frandon (extrait de T-B 55)

Créer un enthousiasme comme une putain débauchée
dans l'inexistante usine – disparue ! - l'acti
vité salvatrice prude puritaine – mazette!
On ne contrôle plus rien, une débandade générale.

Elle rougit au Pôle emploi – sa jupe très ouverte
mais sans liberté possible et nous évitons
les week-ends : trop douloureux...trop proches des lundis
avec cette paperasse...on ne s'en sort plus.

Restent les nuits éclaircies à pleins phares, mais sans but
ne pas déranger les voisins, passer invisible
invisible mais belle, belle à se maudire d'être là.

Restent les jours et leurs putains d'heures longues, très sévères
avec vos rêves et les siens. Elle reste dans ce milieu
tellement animé qu'on ne peut plus la voir.

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins