Monday, December 31, 2018

Traction-brabant 49

En ces temps de vache maigre – ça fait longtemps qu’elle est maigre la vache – et de crise de la dette (ça oui, on risque pas de l’oublier celle-là !), les monts de pitié vont bientôt se casser la gueule, tellement ils sont chargés de vieilles babioles.

N’empêche que jamais j’aurais cru voir ça ! En allant sur Internet, je découvris qu’un ancien numéro de T-B avait été mis en vente. Qui aurait osé imaginer un tel honneur ! Un tel honneur ? Vous rigolez ? Quel pékin s’était-il permis de mettre aux enchères un T-B ? N’empêche, le ptit bénéf avait quand même pas oublié d’être réalisé au passage. Imaginez le tableau de chasse. Un numéro acheté 2 €, avec un prix de vente à 3 €, ça faisait une marge sympa de 1,5. En espérant que ce numéro avait été acheté, parce que rien n’est moins sûr. Dans ce cas là, vous vous rendez compte ? Ça donne une plus-value nette de 3 € sur la vente d’un Traction-brabant. Dérisoire non ? A moins qu’il dorme dans la rue et soit en manque de repas, j’ai du mal comprendre pourquoi un ou une anonyme a pu faire ça. Evidemment, l’animalcule s’est bien gardé de mettre son nom sur le site vous en faites pas ! Il a pas non plus prévenu de sa secrète manœuvre. C’était bien mieux qu’il restât faux cul pour compléter le tableau ! Et moi, pendant ce temps là, j’enregistre un énième déficit, alors que pour réaliser du bénef, il me faudrait augmenter la participation afin qu’elle atteigne la somme de 20 € pour 5 numéros !

Quand j’vous dis, y a pas de ptits profits dans notre république ! Grâce à la poésie, on croyait en avoir fini avec ces boutiquiers de merde, au besoin louangeurs (ça coûte pas cher). Eh bien non ! On les vire par la porte, ils reviennent par la fenêtre ! Sûrement des bons français qui critiquent des décisions stratégiques qui leur ressemblent. Zont guère de conscience ! Ils se sont arrêtés à la première syllabe. Ils ont pas compris à quoi ça servait la poésie, visiblement. Si ça se trouve, ils s’engagent avec la gueule contre la guerre et pour la démocratie. Mais le petit commerce ! Pas touche ! C’est que ça arrondit les bourses étudiantes comme les retraites des vieux pépés. Et bien entendu, les auteurs de telles indélicatesses se croient au dessus de tout soupçon, comme le sont les politichiens de leur race. On n’a pourtant pas demandé aux poètes d’être des rêveurs. On aurait juste attendu d’eux qu’ils soient un peu moins taches que des pas poètes ! Mais ça c’est trop dur pour certains, toujours les mêmes, bizarrement !

P.M.

Numéro 71 de Traction-brabant


Le numéro 71 de "Traction-brabant" est vendu 2,40 €.
Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Trouver la voiture II

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent cinquantaine d'exemplaires. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont près de trois cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

De Raymond Delattre (extrait de T-B 70)

Sept ans de malheur

La constellation de l'éléphant n'est jamais visible à l’œil nu. Il ne s'y trouve pas âme qui vive. Elle ressemble à la page blanche, le plus beau des poèmes, celui qui ne comporte pas un mot de trop !


L'oxygène fait défaut sur les astres lointains. Il commence à se raréfier sur la Terre aussi : bientôt tout le monde devra porter un masque à gaz pour pouvoir survivre !


Un chanteur plutôt naïf voulait célébrer les merveilles du monde actuel, mais, contre toute attente, l'écho de ses lamentations arracherait des larmes aux rochers les plus durs... ; c'est pourquoi plus personne ne veut l'écouter ! Il s'en est trouvé ruiné mais ne s'en plaint pas trop, puisque les princes eux-mêmes n'ont pas besoin d'argent ! Néanmoins il n'a pas encore bu la lie de tous ses déboires ! Il encourt de graves ennuis avec la police parce qu'il a consulté sur le Net un spécialiste des nains de jardin.


Depuis que tout tourne mal pour lui, les rues de son village ont bien changé ! Il n'y a plus d'artisans à la rue des artisans, il n'y a plus d'usines à la rue des usines, il n'y a plus de moulin à la rue du vieux moulin, il n'y a plus de putains à la rue de la joie, il n'y a plus de poètes à la rue E. Verhaeren !


C'est près d'un cloaque plein de flaques opaques qu'il s'est à présent retiré dans une infâme baraque en bois dont les murs craquent à chaque claque du borée par trop souvent d'attaque ! Ça se trouve à proximité de l'endroit où l'autoroute coupe en deux le petit bois, non loin de la boutique de chapeaux pour les gens sans caboche !


On croyait que le seuil avait déjà été atteint, mais il constate encore une augmentation du sale air dans les environs !

Son amie l'a plaquée sèchement depuis qu'il n'est plus rien. Leur idylle semblait pourtant une belle flamme qui brille pour l'éternité au fond d'un vase de cristal ! Ils avaient fait leurs grands accords pendant leurs fiançailles mais depuis qu'ils sont allés au curé, il y a eu une mouche dans l'horloge de leur ménage ! Pourtant cet amant délaissé peut s'exclamer comme Sardanapale : "Ils sont à moi, tous mes festins, tous mes débordements, et toutes les délices que l'amour m'a fait goûter !"

Hélas ! Sa belle ne faisait grand cas de lui que parce qu'elle chérissait, par-dessus tout, son argent !


En ces circonstances, les couplets et les ris sont absents de son humble demeure, seuls les corbeaux et les loups chantent leur mélancolie dans le voisinage ! Il n'ouvre plus la porte à ses anciens amis, il ne veut plus prêter une oreille complaisante aux faiseurs de ritournelles !


Il reste enfermé seul chez lui pendant des mois entiers, ne recevant de visite, dans sa cour herbeuse, que d'un vieil hérisson peu expressif ! Mais en de rares occasions, lors de guindailles namuroises particulièrement endiablées, il se vante encore d'avoir bon et d'être « bien aise » sur sa petite planète (quoiqu'il sache parfaitement qu'on n'a jamais que le bien qu’on se fait !)

Le blog de Laurent Bouisset and co

Voici venir le blog de Laurent Bouisset et de ses comparses. Il s'agit pour moi d'un immense chantier à ciel ouvert dans lequel les choses sont remises à plat. Les choses ? Je veux dire les choses de la poésie. Ce qui me plait dans ce blog, c'est qu'il ne s'arrête pas à une présentation prédéfinie.

On y trouve les publications mises en ligne de Laurent Bouisset, mais également des photographies, des extraits d'autres textes (nouvelles, textes d'idées), des vidéos et lectures audio...des traductions de poètes latino-américains...

Oui, ce blog est habité par l'insatisfaction. Comme si cette poésie était de la lave de volcan. C'est l'image qui me vient. Elle peut se manifester sous n'importe quelle forme, charrier une tonne de déchets. Elle ne se satisfera jamais vraiment de la véracité permanente des théories de l'âge tranquille (l'adulte)...

Je me prends à espérer qu'un jour de semblables publications internet aboutiront à un renouveau de la poésie beaucoup publiée dans les livres papier d'aujourd'hui...La balle serait davantage remise au centre, au centre de quoi ? Au centre de la vie, pardi...

Je ne sais pas vous mais moi j'ai mal dormi de Patrice VIGUES

Malta compil : 1993 (avec Windows media player)

Et voici un poème (ah tiens on aurait plutôt cru à une recette de beignets farcis) datant de 1993 et qui s'appelle "L'invitation"....
La musique s'intitule "Understanding is obsolete" et a été composée par le groupe d'electro "Selfmademusic".

C'est pourtant vrai que vouloir comprendre est totalement démodé !

L'invitation

L'aun cherche à conduire l'autre
Vers ce qu'il sait
Mais à travers nos vertiges
Les saisons cassent la course

Lorsque l'arbre se dénude
Nous sommes plus près de renoncer

Dans le miroir que nous regardons
Malgré le dégoût
Seuls des visages d'une mélancolie inexplicable
Survivent à la rareté du portrait

En ces lieux de découverte intérieure
Un coeur s'affiche proéminent
Comme un tournesol de papier
Mais qui a le sourire placé si haut
Que nous oublions sa naissance

Et toi tu réapparais
Sur le front toujours ouvert
Des poèmes et du hasard surpris
Pour le début d'une étreinte

De Pascal Ulrich (extrait de T-B 8) et en son hommage

ton cœur tremble
ta voix tremble
tu as baisé trois fois
aujourd’hui
les courants d’air
ne te font pas éternuer
tu bois
tu fumes
comme un malade
tu lis de drôles de livres
tu aimes l’undergrund
et la musique
qui fait meuh
tu sais pas où se trouve
la tombe de Jarry
tant pis
tu sais déjà où sera
la tienne

Incipits finissants (49)

Vite ! Trouvez-moi une belle mort ! J’en ai besoin pour respirer. Pas trop proche de moi, sinon, ce n’est plus drôle parce que du coup, ça devient vraiment la mort. Mais pas trop loin, non plus, que je puisse imaginer comment ça a pu se faire. Bien sûr, j’aimerais que la victime expire bizarrement, pas dans son lit, mais qu’elle saute sur un obus de la guerre de 14, qu’elle soit découpée en morceaux par une bonne sœur, ou bien alors, qu’elle ait une longue maladie, bien répugnante et qu’elle souffre ! Comprenez, je veux voir la mort de l’intérieur, tout en restant à l’extérieur. Une mort dramatique à l’excès, c’est bon pour les enquêtes. Il y a plein d’hypothèses à envisager. De plus, mieux vaut que cette mort soit injuste, qu’elle ne concerne pas un con. Un con qui est mort, ce n’est pas grave, ou alors, à la limite, ça peut servir pour un Te Deum.

Je m’excuse d’avance pour la famille, qui pourrait se sentir choquée. Quoique, la famille, elle n’est pas toujours très claire non plus. Les histoires d’héritage, c’est pas joli joli et ça me connaît bien aussi.

Vite ! Dépêchez vous ! Apportez-moi par cylindre une mort digne de ce nom ! Vous comprenez bien que sans ça, tout redevient normal. La vie n’est plus que Métro Boulot Dodo et qu’est-ce que ça prend comme temps, cette activité, alors qu’il n’y a jamais rien à dire là-dessus ! L’instant le plus passionnant d’ailleurs, c’est quand la mort n’est pas tout à fait encore là, mais qu’elle n’est déjà plus très loin.

Le suicide bien sûr, j’en suis fan également. Et s’il y a des victimes collatérales ? Pas de problème. Un mouvement social ? Pourquoi pas, ça peut être intéressant, si ça dégénère. Je prends tout !

Paraît que les scientifiques s’échinent à rendre l’homme immortel. Complètement nul. Ou alors je veux bien devenir immortel, mais qu’on se mette à fabriquer des séries de morts sur option, comme ça, pour se faire des ptits plaisirs.

Vite ! Du carburant pour ma cervelle ! Et, si vous avez des stocks dont vous souhaitez vous débarrasser, ça m’intéresse, bien entendu. Mon métier c’est pas croque-mort, mais écrivain.
J’en ferai un livre, de cette belle mort, et même une saga, pour la rentrée des classes. Et qu’est-ce que ça se vendra bien ! C’est que j’ai un contrat d’édition à honorer, moi !

P.M.

Image d'Alain Minighetti et titre de Malta : un beau gamin


D'Angélique Condominas (extrait de T-B 60)

Leçon de choses

C’est ici que commence le règne des objets.

Les savates déambulent et se planquent sous le lit. Pied droit déclare guerre d’indépendance à Pied gauche. La tasse se déverse sur le sol, et la bouteille jaillit pour dessiner des arabesques de sirop de cassis sur le lino. Joli. Glissant. Les ciseaux mordent le dentifrice. Collant. Les poignées reculent infiniment, il y a un labyrinthe entre chaque porte, et régulièrement, l’ascenseur passe du nord au sud. Poire à sonnette se cache dans un arbre, hors d’atteinte. On ne peut plus l’attraper sans escabeau. C’est bien gênant car les nuits sont longues, et le lit se replie dans les plis de la couverture lorsqu’on a besoin de lui. L’étui des lunettes de soleil est sur la plage des chevaux de bois, on pourra toujours les mettre pour éteindre les néons en attendant le jour vrai. Le jour où on pourra enfin dormir dans les bras de Fauteuil.

Les dents sortent de la bouche et grignotent la faïence. En temps de grève, elles se cachent entre la colle et l’affiche.

La nuit, un petit bout de chaque personne sort de son enveloppe et joue à cache-tampon.

Si les cuillers disparaissent dans la poche du personnel, on mangera des entremets au chausse-pied.

Heureusement que la vie nous a appris la guerre. On ne s’inclinera pas au jour du couronnement des choses.
On subira en silence, dans une muette réprobation, en profitant de chaque occasion pour donner du fil à retordre à l’envahisseur.
On organisera la résistance.
Et à tous ceux qui demanderont si la nuit a été bonne, on répondra :
« Faut pas se plaindre, ma foi. »
Mieux vaut savoir faire discrétion sur ses activités clandestines.

Extraits de "L'embarquée".

A tous les déracinés de Cathy Garcia

Et pour en savoir plus sur les illustrations, la revue et les textes de Cathy Garcia, je vous propose de leur rendre visite :

http://cathygarcia.hautetfort.com/
http://gribouglyphesdecathygarcia.wordpress.com/
http://delitdepoesie.hautetfort.com/
http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/
http://imagesducausse.hautetfort.com/ http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.hautetfort.com/ http://associationeditionsnouveauxdelits.hautetfort.com/

Tuesday, January 16, 2018

Traction-brabant 2

« Mon meilleur ami est mort / Juste trois balles dans le corps ».
Non, bien sûr, la vérité est plus complexe.
Au terme des quatorze entretiens qui composaient son chemin de croix, mon meilleur ami vient d’être embauché par la Centrale à Paris.

Un miracle à l’envers s’est produit
Lui qui buvait de l’eau du robinet
Maintenant parle un langage qui me nargue
Avec des diagrammes en bâtons courbes de niveaux
Auxquels je n’ai jamais rien compris
A la troisième sonnerie du portable je sais
Qu’il m’aura renié pour prendre rendez-vous
Armé d’une cravate d’un attaché-case
Il m’a dit qu’aujourd’hui les choses sérieuses
Avaient commencé et que les cols blancs allaient saigner
Et même en retard il arrivera d’abord
En dérapant avec son coupé bleu ciel offert
Par la secte qui l’a embauché pour
Bien occuper sa vie de réussites superstitieuses
Ca n’a rien de politique c’est
Une façon de voir les choses qui arrange
Tous les pouvoirs constitués de vieilles badernes avisées
Je remercie mon meilleur ami qui ce soir
M’a quitté pour rendre un dernier rapport
Avant de décoller avec une pute de luxe
Comme j’aurais préféré le savoir par hasard
Mort avec trois balles dans le corps sans honte
Pour une juste cause qui vaille cette existence.
Vous voyez ce que je veux dire ?

P.M.

Monday, January 08, 2018

Le blog 392 de Xavier Frandon

Voici un tout nouveau blog qui vient de sortir de la terre Internet. Il s'agit de celui de Xavier Frandon, intitulé 392 : mais d'où vient donc ce chiffre ? Enigme non résolue.

Pour l'instant, dans les poèmes qui sont mis en ligne, un hommage est rendu à ce qui est monumental, même si c'est un hommage à l'envers et même si cela n'existe plus. Ainsi, Dieu, les cités ouvrières de Moselle, le déluge.

L'important, c'est peut-être de garder la spontanéité de l'écriture, pour nous qui sommes perdus au milieu de tous ces monuments qui ne nous disent plus rien.

Xavier Frandon y parvient très bien. Son écriture va vite. Je lui souhaite, je nous souhaite, de garder ou d'espérer le plus longtemps possible cette vitesse...

Pour aller faire le tour de l'absence de tour, c'est ici.

Saturday, December 30, 2017

Friday, December 22, 2017

Le blog de Serge Maisonnier

Outre ses actualités poétiques (chroniques de livres), le blog de Serge Maisonnier propose différentes sortes de poésies également réussies (proses poétiques, poèmes en vers, haïku), et dont le mode de perception s'apparente à celui de ses aphorismes.

En effet, souvent, les poèmes font bobo au coeur puisqu'ils en appellent aux nombreux manques qu'il y a en nous et c'est bien quelque part ce qu'on leur demande, parce que sinon, ce ne serait pas du jeu...

Friday, December 15, 2017

Traction-brabant 64

La dépendance est à ma mode. C’est super pratique, ce nouveau concept. Surtout pour les autres.
D’emblée, il existe des dépendances infamantes : à l’alcool, au tabac, aux médocs…Dans ce cas là, celle ou celui qui est dépendant n’a plus d’autre justification que de se classer dans un ensemble bien à l’écart pour qu’au moins, il ou elle puisse espérer qu’on lui foute la paix.
Seulement, voilà, dans cette zone de non droit, il y a encore pas mal de personnes, à tel point qu’on se demande si elles ne sont pas plus nombreuses que les gens dits normaux.
A ce propos, les vieux, qui sont des gens normaux, sont devenus eux aussi, suite aux progrès accomplis par le langage, des personnes âgées, puis des personnes dépendantes. Excusez-les d’exister.
Et comme si cela était possible, on trouve pour finir une ribambelle de dépendances moins voyantes, donc mieux faites pour les hypocrites : aux jeux, à Internet, au sexe, au sport, à l’écriture (j’aurai certainement l’occasion de reparler de celle-ci), à la bagnole, à la bouffe, au travail : cette dernière est vraiment magnifique et pas du tout extraordinaire.
Ce faisant, il devient plus facile de comprendre quel intérêt recèle l’idée de la dépendance pour ceux et celles qui la pointent du doigt comme une vilaine maladie honteuse :
Dans le cas du travail et du sport (j’en ai fait l’expérience), l’avantage saute aux yeux : c’est tout de suite moins crevant de n’être pas atteint de ces symptômes.
La preuve en est : on ne parle pas encore de dépendance à la sieste ou aux terrasses, alors que pourtant...
Au milieu de tout ce fatras de paroles - pauvre de moi - j’ai toujours envie de faire le contraire des autres, en rêvant de devenir dépendant à tout, pour ne dépendre de rien.
Que voulez-vous ? Le problème de la vie c’est qu’elle nous rend très accros à elle, alors qu’il vaudrait mieux s’acoquiner avec la mort. Malgré les apparences, on y gagnerait en « naturel ».
En attendant cette issue certaine, moult jolis discours moralisateurs me font espérer avec impatience le jour où l’on pourra dénoncer avec ferveur la dépendance à la connerie. Car chez un nombre important de personnes, cela semble être une seconde nature. Et si à ce jour, aucune dénonciation la concernant n’est parvenue à mes oreilles, c’est peut-être parce que beaucoup d’âmes sentent qu’elles risquent de se retrouver punaisées dans le mauvais ensemble.                                                                                                                                                                               P.M.

Wednesday, December 06, 2017

Malta compil : 2002 (avec Windows media player)

Le poème qui suit, daté de 2002, est extrait d'un cycle intitulé "Samson" et dont plusieurs poèmes ont été publiés, dont celui-ci dans la revue Diérèse.

Le prix de l'amour
Montre à chaque fois la réalité de plus près
Comme un souffle glacial
Un corps qui ne ment plus

Enfin mort
Il s'abat
Rendu rapace
De la rapacité d'une femme
Qui tourne en mante noire
Au dessus de la perfection d'un visage

Sans que les yeux du désir
Soient tués
Les draps du sommeil
Remontent sur son ombre

La côte de sable qui efface les apparences de la vie
Ne laisse plus qu'une masse
Complètement morte

Le marteau d'une porte qui se ferme

Sur une musique de Joy Vains "In my old house" via Dogmazic

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