Saturday, September 19, 2020

Traction-brabant 90

Cette fois-ci, j'ai peur de ne pas tenir sur une seule page, avec mon édito. Faut dire que, grâce au COVID 19, les bêtises ont afflué à mes oreilles comme jamais. Donc, y a matière à dire ! Sur ce plan, nos médias sont de vrais champions. Le confinement, tout d’abord. 1) Comment les gens s’occupent-ils ? Grave question, en effet ! Vous en faites pas pour ça. En compagnie de la poésie, la musique, le cinéma et le jardin, je peux tenir jusqu’en 2545. Et puis, avec le télétravail, je suis plus au boulot qu’avant le confinement. 2) Surtout, ne sortez pas de chez vous : tu peux m’expliquer comment je peux procéder, si je dois continuer de bosser hors de mon domicile, sans quitter mon canapé ? 3) Également, cette façon de mettre tous les problèmes sur le même plan. Apparemment, c’est aussi grave pour un pensionné de ne pas pouvoir sortir de chez lui afin de prendre l’air que pour un actif de plus pouvoir aller bosser et donc d’être obligé de sortir quand même, afin d’aller aux Restos du cœur, parce que plus une thune. Moi, il me semblait, pourtant, que la crise du COVID 19, en dehors de la maladie et de la mort, était, avant tout, un problème économique. 4) Les masques, ensuite. Vous n’en avez pas besoin : Ah bon ? Et si le virus se propage par les postillons, tu crois pas que ça serait utile d’en porter un ? 5) Et un mois plus tard : vous devez porter des masques. Tu peux m’expliquer comment je fais quand il est impossible d’en acheter en pharmacie ou dans les grandes surfaces ? Et comment je fabrique un masque, moi qui manque de temps et qui, de surcroît, suis poète handicapé de mes dix doigts ? 6) Le déconfinement, à présent. Pour y parvenir, il semblerait qu’on soit sorti du confinement comme on sort de son immeuble, en trente secondes. Ah ben moi, pourtant, cela faisait déjà dix jours que j’étais retourné au bureau, plusieurs fois par semaine, afin justement, de préparer le déconfinement. 7) Les gens ont retrouvé leur travail. Est-ce qu’il serait possible de dire et d’écrire plutôt ceci : les gens ont retrouvé leur salaire ou leur chiffre d’affaires complet (ou incomplet) ? Cela me semblerait plus franc du collier. 8) Et pis maintenant, bien sûr, la priorité, c’est les vacances. Bizarre, mais moi, j’ai l’impression qu’on va d’abord accélérer au taf afin de mettre du beurre dans les épinards. Donc, ma conclusion est que ces informations, malgré l’apparence (les soignants et autres Gilets Jaunes dont il est souvent question), sont destinées à celles et ceux qui ne travaillent pas. C’est de l’occupation de cerveaux, quoi. Bon, on le sait depuis toujours. Le problème est que les gens ont tendance à répéter les âneries que proclament les médias dominants.    P.M.

Numéro 89 de Traction-brabant

Le numéro 89 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 2,60 €.

Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

"TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

S'il vous plait, n'envoyez jamais plus de 10 pages format A4 (en un seul fichier et format Open office ou Word, de préférence) si vous contactez le poézine, sinon, votre manuscrit ira direct à la poubelle virtuelle, mais la poubelle quand même ! Je n'ai pas besoin de lire des tonnes de pages d'un auteur pour savoir de quoi il en retourne !

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Perdus de luxe


De Charles Frouin (extrait de T-B 74)

MACHINE A REVER

Depuis la voie royale d’où résonnent des rêves
La connaissance du réel bâtit sur les champs du social
S’interprètent d’agglutinants signes, les songes
Germes d’obsessions, travail de condensations d’images

Image avouant de mère maternelle et dévorante
Tout est symbole, « détecte les saloperies œdipiennes »
L’inconscient économique décale son complexe
Coupe la tête d’Œdipe, la femme maudite

En fourrure et plaisirs interdits, elle fouette,
Menace l’Art sans scrupules, par courtoisie
Propulsion de la mort, elle enfouit fantaisies
Le fascisme politique se rend possible

Dans le récipient où coulent deux heures de nuit
Coulant dans le filtre d’un même langage
Par les rythmes d’un système en notes éclatées
La création se rompt au réveil de l’identité


2/03/2017

Cervelle d'intellectuel de Patrice VIGUES





Publication sur le blog de la revue Verso

Comme je viens d'être publié sur le blog de la revue Verso (à la date du 2 février 2015), l'occasion est toute trouvée de parler de nouveau de ce dernier.

En effet, à côté de la revue papier, qui existe depuis 1977, Verso publie depuis peu sur Internet des textes inédits, en rapport avec l'univers poétique d'un auteur.

Vous trouverez également et par exemple un poème en prose de Lydia Padellec.

Et sur la photo de moi qui a été prise par Claude Billon, un peu de pub également pour le recueil de Valérie Rouzeau, "Vrouz", ainsi que pour un drôle d'oiseau bleu !... C'est ici !

Revue "Pantouns et genres brefs"

La revue "Pantouns et genres brefs" est une publication numérique qui regroupe des pantouns. 

Et c'est quoi un pantoun ? En résumé extrêmement rapide, c'est un court poème traditionnel malais importé en France sous forme de quatrain avec des rimes AB AB. Pour en savoir plus sur cette forme poétique bien particulière, cliquez ici pour lire un article paru dans la revue "Recours au Poème".

La revue "Pantouns et genres brefs", qui est animée par une équipe de 6 personnes qui s'appelle "Pantun Sayang - les Amis Francophones du Pantoun", propose des appels à textes réguliers.

Pour aller y voir de plus près, c'est .

De François Gorin-Camard (extrait de T-B 4)

Elle viendra me voir avec son sourire attendrissant
En me regardant elle semblera me dire regarde je me suis fait belle pour toi
Je ne pourrai m’empêcher d’être attendri mais d’un attendrissement détaché
Je semblerai sourire mais il y aura quelque chose au fond de mon œil
Et elle le remarquera
Elle me dira chéri tu es sombre il y a toujours quelque chose qui ne va pas mais je t’aime
J’aimerais pouvoir lui dire que au lieu de respecter une image avec rouge à lèvres et maquillage
Et puis tous ces magazines de mode avec ces habits si lointains
Que j’aimerais tellement qu’elle garde ce côté sauvage
Qu’elle ne passe pas une heure devant sa glace et qu’au contraire
5 minutes donne un imprévu
et puis qu’elle pense au pommier en Bretagne– à la tulipe en Hollande–et à la grue en Afrique du Sud
j’aimerais tellement qu’elle ait cela et qu’elle arrive avec les cheveux au vent et l’odeur de fraises dans la bouche


(Extrait de « L’Epée »)

Bon les gars j'ai trop bu je rentre chez moi (illustration de Jean-Louis Millet et titre de Malta)




De Michel Meyer (extrait de T-B 64)

dans ma prochaine vie
si tout va bien
je deviendrais un cloporte
un être purement instinctif
et j'habiterais sous ta porte
sans jamais plus penser à rien
toi, tu vas tout oublier
alors note bien ça sur un bout de papier
et quand tu me retrouveras
sous ta porte
ne m'embrasse surtout pas
fais juste un peu gaffe
où tu mets les pieds

Éditions du Contentieux

Malgré leur titre, les Éditions du Contentieux, animées par Robert Roman, publient de bien sympathiques titres. Je reconnais que j'ai été de l'aventure en 2016, mais je ne suis pas le seul.

Vous pourrez retrouver dans ce blog les annonces de parution d'ouvrages de Pascal Ulrich (Robert Roman est l’exécuteur testamentaire de son oeuvre), Gérard Lemaire, Yézid Barroudy, Marie-Anne Bruch, Didier Trumeau, Patrice Blanc, Jacques Lucchesi, Pierre Andréani...

Pour la visite, c'est par ici.

De Parme Ceriset (extrait de T-B 88)

LES VOIX DE LA NUIT

Les voix de la nuit se promènent
Sur le contour des cimes bleues,
Elles palabrent sous les étoiles,
Elles racontent le chant des mystères,
Au loin, un cerf brame,
Le cri des rapaces, le sang, le feu,
Les lueurs animales dans tes yeux
Qui m'aiment
Sous la lune d'Opale.

Incipits finissants (49)

Vite ! Trouvez-moi une belle mort ! J’en ai besoin pour respirer. Pas trop proche de moi, sinon, ce n’est plus drôle parce que du coup, ça devient vraiment la mort. Mais pas trop loin, non plus, que je puisse imaginer comment ça a pu se faire. Bien sûr, j’aimerais que la victime expire bizarrement, pas dans son lit, mais qu’elle saute sur un obus de la guerre de 14, qu’elle soit découpée en morceaux par une bonne sœur, ou bien alors, qu’elle ait une longue maladie, bien répugnante et qu’elle souffre ! Comprenez, je veux voir la mort de l’intérieur, tout en restant à l’extérieur. Une mort dramatique à l’excès, c’est bon pour les enquêtes. Il y a plein d’hypothèses à envisager. De plus, mieux vaut que cette mort soit injuste, qu’elle ne concerne pas un con. Un con qui est mort, ce n’est pas grave, ou alors, à la limite, ça peut servir pour un Te Deum.

Je m’excuse d’avance pour la famille, qui pourrait se sentir choquée. Quoique, la famille, elle n’est pas toujours très claire non plus. Les histoires d’héritage, c’est pas joli joli et ça me connaît bien aussi.

Vite ! Dépêchez vous ! Apportez-moi par cylindre une mort digne de ce nom ! Vous comprenez bien que sans ça, tout redevient normal. La vie n’est plus que Métro Boulot Dodo et qu’est-ce que ça prend comme temps, cette activité, alors qu’il n’y a jamais rien à dire là-dessus ! L’instant le plus passionnant d’ailleurs, c’est quand la mort n’est pas tout à fait encore là, mais qu’elle n’est déjà plus très loin.

Le suicide bien sûr, j’en suis fan également. Et s’il y a des victimes collatérales ? Pas de problème. Un mouvement social ? Pourquoi pas, ça peut être intéressant, si ça dégénère. Je prends tout !

Paraît que les scientifiques s’échinent à rendre l’homme immortel. Complètement nul. Ou alors je veux bien devenir immortel, mais qu’on se mette à fabriquer des séries de morts sur option, comme ça, pour se faire des ptits plaisirs.

Vite ! Du carburant pour ma cervelle ! Et, si vous avez des stocks dont vous souhaitez vous débarrasser, ça m’intéresse, bien entendu. Mon métier c’est pas croque-mort, mais écrivain.
J’en ferai un livre, de cette belle mort, et même une saga, pour la rentrée des classes. Et qu’est-ce que ça se vendra bien ! C’est que j’ai un contrat d’édition à honorer, moi !

P.M.

"Balzac" : illustration de Henri Cachau




Pour en savoir plus, contact : henricachau@free.fr


Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

À côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

À ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Thursday, September 17, 2020

Incipits finissants (87)


Il m’est arrivé une drôle de mésaventure : je ne me suis pas rendu compte de l’évolution du temps.
J’étais en train de bécher mon jardin. Je sais… c’est un boulot usant et plutôt passé de mode. Sauf que ce travail ; fatigant, me permet chaque fin de saison d’éliminer pas mal de racines. Et surtout, lorsque revient le printemps, après le passage du gel, la terre est friable et fin prête à l’emploi des semaisons. C’est la récompense !
Bon, évidemment, cela faisait déjà des années que j’entendais plusieurs personnes me dire : « On durait que vous n’avez pas tout saisi, vous. Le jardin, c’est barbecue et glacière. » J’appréciais modérément leur humour …
Hélas, cette fois-ci, c’est plus sérieux. Je viens d’être dénoncé à la police citoyenne dont les deux sbires m’ont plaqué à même la terre, parce que j’utilise un outillage manuel.
« Vous ne savez donc pas qu’il est interdit de ne pas se servir d’un moteur depuis la circulaire n°49-1072 du 27 mars 2049 ?
- Désolé, je ne lis pas assez souvent l’Internet.
- En plus, vous n’êtes pas obligé d’user d’un moteur à essence. Vous pouvez acheter de l’électrique.
- Oui, mais justement, j’ai déjà tous les outils qu’il me faut. Pas besoin de les acheter.
- Vraiment, on voit que vous n’avez rien compris. Quel maigre profit pouvez-vous donc procurer à un fabricant de bêches ?
- Il existe.
- Oui, mais il est minable. Tandis qu’avec un moteur qui pète ou qui rayonne, vous enrichissez beaucoup plus de personnes.
- Sauf qu’un moteur, ça fait du bruit et ça pèse lourd.
- Plus aujourd’hui, vous êtes totalement has been. Et en plus, vous gagnerez du temps. Et puis, vous ne vous salirez pas. »
Se salir, c’est perdre du temps. Voilà ce qu’il faut éviter à tout prix dans cette nouvelle société. J’ai eu beau avoir été condamné au paiement de 5 000 €uros, tous mes instruments de travail ayant été confisqués par la police de la citoyenneté.
Comme si ça ne suffisait pas, j’ai été pris pour cible d’une publicité, avec mes vêtements tachés de terre et mes mains toute crevassées. Honte à moi !
L’exemple même de ce qu’il ne faut plus faire, de ce que personne ne devrait plus voir : un mec bosser de ses propres mains. Un travailleur manuel primaire.
P.M.

Monday, September 14, 2020

De Didier Trumeau (extrait de T-B 7)

Michel est fabricant de vide.
Il a décidé de devenir le premier fabricant de vide de l’univers et plus.
Il lui faut de la place car le vide prend beaucoup de place.
Il prend le plein et le jette dans le vide pour produire encore plus de vide.
Les fabricants de plein ne veulent pas se laisser faire.
Dès que Michel a le dos tourné, ils font le plein et partout ou c’est vide, ils remplissent.
Plus c’est plein moins c’est vide alors ils n’ont plus de place pour mettre le plein et c’est bien triste car le plein cela fait moins vide.
Heureusement Michel est tenace et dès qu’il le peut, il fait le vide.
Michel veut un cheval et pour l’acheter il faut qu’il vende du vide, beaucoup de vide.
Les fabricants de plein ne sont pas rancuniers et cela les arrangent.
Ils achètent beaucoup de vide à Michel pour stocker leur plein.
Michel est heureux, il a un cheval.
Le cheval de Michel se nomme Pythagore, il en trompera plus d’un.
Lors d’une chevauchée dan le Grand Rien Michel rencontre le dernier des 1, Attila.
Ce n’est pas étonnant que Pythagore a faim.

Friday, September 11, 2020

Poèmes d'un jardinier de Didier Saint-Jean

Dans son blog intitulé "Poèmes d'un jardinier", Didier Saint-Jean vous présente ses jardins intérieur et extérieur. 

Ses jardins extérieurs sont plusieurs : ce sont ceux qu'il entretient et embellit, à découvrir en photos, de même que les panoramas de ses voyages, témoignages, notamment de sa passion pour les Cévennes. Ainsi, l'éloge de la nature est transcrit aussi par ces photos.

Quant au jardin intérieur de Didier Saint-Jean, c'est celui de sa poésie. Une belle complémentarité avec la nature : une façon de décrire les saisons au présent.

L'entrée du jardin, c'est ici.

Saturday, September 05, 2020

De Jamila Cornali (extrait de T-B 79)


TERRE

Les pétales
Rouges
De ma rose
Tombent
Sur un sable
Blanc
Où mes pieds
Fondent
Je me retourne
Et me retrouve
Face à un arbre
Dont les feuilles
Sèches
Tombent
Sur une terre
Rouge ardente
Et je dessine
Sur cette terre
Un signe
Fort
Qui me protègera
De la chute

Wednesday, September 02, 2020

Traction-brabant 35

Il y a quelque temps, j'ai eu l'occasion de participer à un festival de lectures, en compagnie d’auteurs connus que je ne connais pas, moi Pat Malt. Relisant la liste des participants, une sensation de malaise m’est venue car parmi eux il y avait Jack Malone, Steve Austeen, Jeff de Bruges, Jeanne d’Albret, London Jack, Rita Zoreilles, Tony Risso, Sandy Namite, et même Lazare Hoche.
Mon dieu, ou je rêve, ou ces gens ne peuvent exister dans le vrai monde, dans lequel l’usage de ces pseudos me paraît un peu court…
Jack Malone effectue-t-il un déplacement à titre personnel ou professionnel ? Steeve Austeen est-il plus fort qu’avant l’accident ? Jeff de Bruges est-il boulimique en Belgique ? Jeanne d’Albret a combien d’enfants ? London Jack est-il propriétaire d’un ranch ? Rita Zoreilles a-t-elle absorbé des hormones de croissance pour avoir de tels coquillages ? Tony Risso sort-il toujours du phonographe ou du pornographe ? Sandy Namite a-t-elle la TNT dans son sac à mains ? De quelle campagne arrive Lazare Hoche ? … Bien sûr, ces artistes ont donné un spectacle réussi au sein duquel je me sens marron marri merci. Bon, après, il y a un pot. J’ai hâte de savoir si mes compagnons peu coopératifs sont aussi balaizes dans la vraie vie que sur scène.
Jack Malone me demande si je n’ai pas un tube à essai à faire expertiser, avec des copeaux de charme à l’intérieur.
Steeve Austeen rouille à cause du rouge.
Jeff de Bruges se trompe de canaux à force de tout miser sur le sucré.
Jeanne d’Albret qu’a l’vin n’est pas plus drôle pour autant.
London Jack enterre dans le whisky ses plus récentes velléités littéraires.
Rita Zoreilles ne boit que de l’eau du bain.
Tony Risso réactualise le gel capillaire.
Sandy Namite porte comme dans la BD une coiffure en pétard et c’est encore elle que je préfère.
En général Lazare hoche la tête.
Mis à part ça, je n’en sais pas davantage sur ces artistes en goguette. Au bout d’un moment je me demande s’ils sont vivants. J’ai envie de leur crier, vous n’êtes plus sur scène. Rêvez-vous tels que vous êtes mais c’est mort. Moi qui croyais que toute cette littérature raccourcit la distance entre l’être et le paraître, elle l’augmente plutôt. Et je me sens triste de ne pouvoir soulever le rideau du théâtre pour voir s’étendre la scène qui est derrière, peuplée de pauvres humains.

                                                                                                                                                   P.M.

Traction-brabant 90

Cette fois-ci, j'ai peur de ne pas tenir sur une seule page, avec mon édito. Faut dire que, grâce au COVID 19, les bêtises ont afflué à ...