Saturday, October 17, 2020

Incipits finissants (59)

Récemment, je suis allé dans une friche industrielle et j’ai appris que les artisans qui y travaillent sont en fait des artistes. En même temps, ce sont de vrais artisans avec des ateliers véritables, des big machines et des planches de bois immenses. Idem pour les jardiniers. Ils travaillent dans des serres de grande surface où ils cultivent de vraies plantes avec des feuilles qui se percent. Hélas, ce sont toujours des artistes. Bien sûr, les informaticiens sont des artistes. Et que dire des designers et des infographistes ? Evidemment, il ne peut s’agir que d’artistes. Bref, de gens qui ne travaillent pas pour de l’argent, et qui sont des rêveurs !… A l’écart de la ville, de préférence, ils sont parqués dans des usines, aussi inutiles qu’eux. Les artistes. Pas les artisans et encore moins les ouvriers.
Il faut dire que quelques compensations existent.
Aujourd’hui, les chevaliers en armes sont devenus des sportifs se rendant victorieux de compétitions presque aussi éprouvantes que certains conflits. De tels glissements sociaux seraient presque marrants. Comme si le concret ne devait pas trop exister, ou juste comme un passe-temps. Il est vrai que les détenteurs du pouvoir se font plutôt discrets, alors il faut bien occuper la vue.
Du coup, les artistes et surtout les sportifs remplissent l’espace. Le malaise vient sans doute de là. Ceux qui sont montrés ne sont pas (encore) ceux qui comptent pour la lutte des classes. Ce drôle de monde pas drôle en viendrait à me faire pleurer, puisque le savoir-faire manuel et les qualités physiques sont détournés vers des mondes spécifiques et limités, dans la transparence de ces grands chantiers à ciel ouvert, générateurs de vide.
Mais il y a toujours quelque chose de moins sympathique derrière, et je parie qu’il s’agit d’usines à gaz concentrant des substances toxiques. Un triste monde sans réalité, où personne n’est plus à sa place et joue des rôles dépourvus d’authenticité.
Que voulez-vous ? On ne se refait pas. Je rêve de stabilité et non d'ambiguïté, d'artisans qui sont des artisans, de jardiniers qui sont des jardiniers, et de sportifs qui seraient des révoltés. 
P.M.

Numéro 90 de Traction-brabant


Le numéro 90 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 2,60 €.

Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

"TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

S'il vous plait, n'envoyez jamais plus de 10 pages format A4 (en un seul fichier et format Open office ou Word, de préférence) si vous contactez le poézine, sinon, votre manuscrit ira direct à la poubelle virtuelle, mais la poubelle quand même ! Je n'ai pas besoin de lire des tonnes de pages d'un auteur pour savoir de quoi il en retourne !

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Trouver la voiture II

D'Igor Quézel-Perron (extrait de T-B 73)

Emails

Perte d’érotique 


Disparue ce vêtement moulant, l’enveloppe, promesse que l’on décachetait comme on dégrafe une robe. Cette pudeur à se livrer enflammait l’imagination. Loin de cet érotisme, main au panier rapidement promise à la corbeille, le mail ne compte pas fleurette. L’excitation du retournement de ce fourreau pour découvrir le nom de l’émissaire, le temps que l’on mettait à vagabonder avant de consommer s’éteignent. Le mail, pornographe, ne remet pas à plus tard. Du texte, il livre la chair nue.

Perte de gestes et d’atours imposée par une dictature, dont la police chasse cette manifestation des émotions : la calligraphie. La texture et le maniement de l’enveloppe sont quant à elles mises à un index tapotant hystériquement sur le clavier.
Impossible de « refaire le trajet de la main qui a écrit »[1] le texte. Les hésitations et les imperfections sont cachées par cette chirurgie esthétique : retours en arrière dont rêveraient bien des peaux avachies, corrections orthographiques ou grammaticales, propositions de synonymes qui donnent à une pensée molle une convenance à peu de frais. La rature, histoire d’une émotion et d’une raison en marche, nécessitait bien du courage.

L’imaginaire n’a pour matériau que le nom de l’expéditeur et le sujet, permettant avant tout de savoir ce que l’on met à la poubelle. L’ancien lecteur est devenu éboueur.


[1]            Roland Barthes, L’empire des signes

Sitaudis

Le site Sitaudis, animé par Pierre Le Pillouer, regroupe différents chapitres, qui ont pour noms "Parutions", "Incitations", "Poèmes et fictions", "Apparitions", "Célébrations" et "Prescriptions".

Pour résumer les choses, ce site contient à la fois des des poèmes ou textes en prose, mais également des des chroniques de livres et des textes théoriques sur la poésie, le tout rédigé par les nombreux collaborateurs du site.

Résolument ancré dans la poésie d'aujourd'hui, Sitaudis constitue une porte d'entrée possible pour celles et ceux qui souhaitent se tenir de ce qui s'écrit de moderne dans ce domaine.

Sitaudis, sitôt fait, c'est ici.

Auteur ayant beaucoup écrit de Patrice VIGUES

Malta compil 1992 : "Cheval de liberté" (avec Windows media player)

On n'a pas fini de pas rigoler c'est moi qui vous le dis. Cette fois-ci, c'est avec "Cheval de liberté", un poème de 1992 sur accompagnement musical du groupe français de new wave, "Les modules étranges", avec "Fragile Flesh teenage sin taste remix", importé de Dogmazic, site de musique sous licence libre, https://www.dogmazic.net/

Le poème le voici :

Les deux filles observent le cheval
Qui reste là
A brouter en paix

Il n'y a rien d'autre
Qui puisse attirer leurs regards
En cet après-midi désert

A travers le grillage
Elles voient déjà grandir l'homme
Tout penaud dans ses sabots

Elles ont envie d'être gentilles avec lui
Au point de lui tendre
Des bonbons multicolores
Pour qu'il hoche la tête

Mais de vilains graçons
Qui fauchent le pré d'en face
Cherchent à leur parler
Derrière des lames étincelantes

Ils en arrivent même
A se marcher sur les pieds
Trop vite

Si seulement existaient pour toutes ces âmes
Des chemins qui aillent jusqu'au bout de l'horizon
Elles pourraient se répandre enfin
Dans l'étendue sauvage.

PKD comme Phan Kim Dien

Voilà un bon vieux blog textuel comme je les aime.

Et là, pour le coup, je ne sais pas si c'est de la poésie. En tout cas, chaque texte de Phan Kim Dien est une liste, mais pas forcément une liste de commissions ! Faut-il croire que le coefficient de poésie dépend du coefficient de culture ? Je ne sais pas. Peut-être que oui, peut-être que non. Remarquez aussi les énervements dans les polices de caractères, minuscules ou majuscules. Et tout simplement la place des mots. Rejetés ou mélangés.

PKD, c'est ici.

De Thomas Sohier (extrait de T-B 78)


Détacher vos surfaces
Les clouer sur mon dos
Découdre votre âme
et m’en faire une casaque
Une porte est restée close
Imbriquée dans le bulbe
Et derrière les fantômes
Font briller leurs yeux rouges
Peut-être un jour
Me crèveront-ils la bosse

Image de Cathy Garcia

 

Et pour en savoir plus sur les illustrations, la revue et les textes de Cathy Garcia, je vous propose de leur rendre visite :

D'Estelle Gillard (extrait de T-B 72)

Ici la cité-dortoir, des bâtiments presque en ruines, des pelouses délabrées.
Derrière chaque fenêtre un rêve d'abondance frappe ici les hommes telle une malédiction biblique.

« Ne pense pas, ne pense pas aux livres, à ceux que tu as lus, à ceux que tu envisages de lire ; ici pas de Malthus ou de Keynes ;
ici tu es la somme des particules du bétail humain ; ici, tu n'es pas. Je te le répète, tu n'es pas », - continua-t-il tandis que nous déambulions dans la puanteur des couloirs,
« Je viens souvent, dès que le temps me le permet, sais-tu pourquoi ? Parce qu'il existe ici une terre très ancienne et neuve à fouler, une île où poser le pied, parce qu'ici, se cristallise, et se structure le désir exaltant et sublime de l'insurrection totale ».
« Je te raccompagne », ajouta-t-il en regardant sa montre ; « j'ai rendez-vous avec un étudiant pour peaufiner sa thèse de doctorat sur Bernanos et le roman de la lutte. Je te dépose en voiture. Allons-y ».

De nouveau il avait accommodé l'histoire à sa sauce. C'en était fini. La  revolución était terminée.

Clown 33 : illustration de Henri Cachau




De Marine Gross (extrait de T-B 67)

Si je tends la main
Vers le mur et le touche
Mon corps devient le mur
Et ma main reste de l'autre côté
Du mur
Si je regarde l'ampoule
Qui brille au plafond
C'est mes pieds qui  fondent
Et disparaissent dans le crépitement
Du filament
Et quand j'entends les moteurs
Au loin
C'est tous mes os
Qui rutilent et pleurent
De ne pas être la voiture
Bleu métallique
Avec jantes argentées

Image de Pierre Vella


De Jean-Yves Bourgain (extrait de T-B 72)

La vraie vie

La vraie vie n’est ni la propriété ni la liberté ni la ponctualité. Ni la sécurité sociale ni le système scolaire ni l’appareil judiciaire. Ni le PIB ni le niveau d’instruction ni l’espérance de vie. Ni la politique ni la culture ni la religion. Ni internet ni la télévision ni l’électricité.

La vraie vie ne peut être ni définie ni encadrée ni réglementée ni contrôlée ni prévue ni aménagée.

La vraie vie est un souffle, un élan, un torrent. Un tsunami d’événements contre lesquels le Conseil de sécurité de l’ONU, Daech et la bombe atomique ne peuvent absolument rien.

La vraie vie fait naître les nourrissons et pousser les fleurs, elle déplace les nuages, inspire des mélodies aux uns et de l’amour aux autres, elle détruit tout en un clin d’œil et reconstruit le double encore plus rapidement.

La vraie vie ne s’arrête pas. Elle n’est pas à la mode. Elle n’a aucun diplôme ni aucun papier d’identité, elle n’a ni nom, ni âge, ni statut social.

La vraie vie fait rire et pleurer, elle donne faim et soif, elle fait couler le sang dans les veines et clapoter les ruisseaux entre les rochers.

La vraie vie est dans un sourire, dans un baiser, dans un échange sincère. Elle se fout des codes, des titres, des règlements, des grands hommes et de l’histoire. Elle se joue des frontières, des prisons, des clôtures et des contrats.
La vraie vie transforme les pires moments en meilleurs souvenirs, elle provoque les rencontres et scelle les amitiés. Elle maintient en vie les mourants et foudroie les plus vigoureux dans la force de l’âge.

La vraie vie donne des frissons, des émotions, des picotements dans le ventre. Elle n’attend pas que ce soit le bon moment pour faire ce qu’elle veut. Quand elle a envie de changer le cours d’une vie, elle n’a qu’à claquer des doigts et rien ni personne ne pourra rien y faire.

Coule, avance, dévale la pente, toi, la vraie vie. Précipite-toi vers ta destination, précipite-moi dans le sens que tu as choisi de choisir. Change d’avis mille fois. Piétine-moi, écrase toutes mes tentatives de te nommer, de t’étudier, de te faire connaître. Efface ma mémoire, saccage mon quotidien, fais de moi ce que tu veux.

Fais-moi comprendre encore des millions de fois que je n’existe pas, que Jean-Yves n’est qu’un vêtement, une fleur bientôt fanée, une vague insignifiante qui finira bien par s’échouer sur la plage, un jour ou l’autre. Fais-moi sentir que la table, la pluie, l’écran en face de moi ne sont pas distincts de tout ce que je crois pouvoir enfermer dans mon hypothétique individualité.

Balaye mes certitudes. Déshonore-moi, fous-moi la honte à chaque fois que je t’oublierai, à chaque fois que je te confondrai avec tout ce que tu animes, toutes ces illusions qui prennent des faux airs d’importance capitale.

Sers-moi un verre d’eau fraîche.

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

À côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

À ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Thursday, October 15, 2020

De Jean-Baptiste Happe (extrait de T-B 73)

Lui c'était un type qui avait plein d'idées
tout le temps
par exemple il voyait une lampe renversée
hop il créait quelque chose avec
quelque chose de mieux
par exemple il comprenait par où passer comment
pour rejoindre un lieu précis
ou convaincre des gens réticents d'adopter un lapin
il disait des fois
« oui mais les gars je fais ça maintenant
pour précisément rien faire ensuite »
bien vu
bien vu
maintenant il fait plus rien
nous non plus
il avait tellement d'idées tout le temps
qu'on se demandait
s'il y avait de la place pour autre chose
hop recadrer une photo ratée
maintenant il n'y a plus la place pour autre chose
que lui
là-dedans
et ses idées
c'est con
et cela dure
cela dure
les idées c'est pratique
mais pas suffisant
autant directement rien faire

Friday, October 09, 2020

Traction-brabant 90

Cette fois-ci, j'ai peur de ne pas tenir sur une seule page, avec mon édito. Faut dire que, grâce au COVID 19, les bêtises ont afflué à mes oreilles comme jamais. Donc, y a matière à dire ! Sur ce plan, nos médias sont de vrais champions. Le confinement, tout d’abord. 1) Comment les gens s’occupent-ils ? Grave question, en effet ! Vous en faites pas pour ça. En compagnie de la poésie, la musique, le cinéma et le jardin, je peux tenir jusqu’en 2545. Et puis, avec le télétravail, je suis plus au boulot qu’avant le confinement. 2) Surtout, ne sortez pas de chez vous : tu peux m’expliquer comment je peux procéder, si je dois continuer de bosser hors de mon domicile, sans quitter mon canapé ? 3) Également, cette façon de mettre tous les problèmes sur le même plan. Apparemment, c’est aussi grave pour un pensionné de ne pas pouvoir sortir de chez lui afin de prendre l’air que pour un actif de plus pouvoir aller bosser et donc d’être obligé de sortir quand même, afin d’aller aux Restos du cœur, parce que plus une thune. Moi, il me semblait, pourtant, que la crise du COVID 19, en dehors de la maladie et de la mort, était, avant tout, un problème économique. 4) Les masques, ensuite. Vous n’en avez pas besoin : Ah bon ? Et si le virus se propage par les postillons, tu crois pas que ça serait utile d’en porter un ? 5) Et un mois plus tard : vous devez porter des masques. Tu peux m’expliquer comment je fais quand il est impossible d’en acheter en pharmacie ou dans les grandes surfaces ? Et comment je fabrique un masque, moi qui manque de temps et qui, de surcroît, suis poète handicapé de mes dix doigts ? 6) Le déconfinement, à présent. Pour y parvenir, il semblerait qu’on soit sorti du confinement comme on sort de son immeuble, en trente secondes. Ah ben moi, pourtant, cela faisait déjà dix jours que j’étais retourné au bureau, plusieurs fois par semaine, afin justement, de préparer le déconfinement. 7) Les gens ont retrouvé leur travail. Est-ce qu’il serait possible de dire et d’écrire plutôt ceci : les gens ont retrouvé leur salaire ou leur chiffre d’affaires complet (ou incomplet) ? Cela me semblerait plus franc du collier. 8) Et pis maintenant, bien sûr, la priorité, c’est les vacances. Bizarre, mais moi, j’ai l’impression qu’on va d’abord accélérer au taf afin de mettre du beurre dans les épinards. Donc, ma conclusion est que ces informations, malgré l’apparence (les soignants et autres Gilets Jaunes dont il est souvent question), sont destinées à celles et ceux qui ne travaillent pas. C’est de l’occupation de cerveaux, quoi. Bon, on le sait depuis toujours. Le problème est que les gens ont tendance à répéter les âneries que proclament les médias dominants.    P.M.

Tuesday, October 06, 2020

De Georges Thiery (extrait de T-B 84)


Les agonies convulsant mon visage, j'avançais dans le terne du soir d'un pas hâtif, les contractures au cœur, évitant les regards, la vie est un blasphème pour ceux qui se ferment, la pâleur du jour tombant, les petits signes dans la ville, nous voyons l'horizon parfaire nos directions puis il faut aller se réfugier dans des bras alliés et lorsque les portes se ferment nous n'avons plus que les regards sur lesquels nous appuyer. Cette vie était d'une longueur terrifiante pourtant il me semble qu'éteignant la lampe de chevet nous la rallumons dix ans après, ce n'est que le rêve des transactions pour des avenirs hypothétiques, la sombre rengaine de nos amertumes, quelques éteintes furtives puis le manque de sommeil, de soleil, d'éveil, toujours le souvenir nous serre et la douleur s'agite dans le crâne, je ne vis que la beauté des visages lorsque révélant mes intentions j'effleurais le seuil des êtres.

Wednesday, September 30, 2020

De Véronique Joyaux (extrait de T-B 77)

J'avais peur du dehors
de la ville de ses bruits
sa violence et sa solitude
Je voulais m'entourer de laine
échapper à la douleur aux cris
me replier sur moi-même
pour me protéger me prémunir.
Dans la cage je n'ai trouvé que des barreaux
quelques graines et de l'eau
J'écoutais les bruits du dehors et soudain
je les trouvais beaux
Alors je me suis faite petite et me suis glissée dans la maison
La fenêtre était ouverte
et j'ai pris mon envol.

Incipits finissants (59)

Récemment, je suis allé dans une friche industrielle et j’ai appris que les artisans qui y travaillent sont en fait des artistes. En même t...