Tuesday, December 31, 2019

Incipits finissants (33)

À toi M, quand tu débarquais digne dans la salle d’études et que tu extirpais de ta valise en fer grillagé des bouquins de cul même pas interdits de vente, prenant l’air d’un curé avant de nous expliquer le pourquoi du comment, les silhouettes que tu avais déjà choisies dans ton catalogue. C’est comme si tu avais trouvé le moyen de nous enfumer, toi l’échappé de ce monde pourrave parti pour des féeries pas trop sympathiques. Oui il se pouvait que tu aies vécu avec ces nanas sorties des bottes de foin là-bas dans ta ferme ta gueule.
Et toi aussi Monsieur S le baroudeur qui en avait connu des poupées, surtout en forme de canettes aux troisièmes mi-temps des matchs de foot, tu détaillais toutes leurs caractéristiques techniques comme celles de l’avion, tu goûtais leur psychologie à fleurs d’un haussement d’épaules et ça marchait du feu de dieu pour toi tes études.
A moins de vingt ans, tous les deux, vous étiez déjà sortis des eaux, aussi avancés qu’un Rimbaud sans écriture. Avancés, oui. Vous en avez donné des cours, à nous qui restions tapis dans l’arène des dégingandés à grandes oreilles, trop polis pour ne pas sourire. A nous qui stationnions au seuil du couloir en continuant à nous tromper d’église.
Eh ben les gars, qu’êtes-vous devenus ? Parce que la vie elle a continué après votre effacement, elle ne s’est pas arrêtée à ce moment là. Après, il a fallu suer. Alors, en avez-vous fini avec elle ? Ou avez-vous sombré dans le plat pays de l’existence ?
N’auriez-vous pas plutôt pu la prendre à l’envers la vie, vous évader plus tard pour ne jamais rêver ? Parce que depuis j’ai perdu le fil de vos leçons, n’ayant pas bien vu à quoi elles ont servi, sauf à vous en sortir, alors qu’il aurait fallu y rester de toute forces au fond de vos clairières animales, ne jamais voir le bout du délire au lieu d’envoyer des messages de retour d’un monde que, contre toute apparence, vous n’avez jamais effleuré.
Alors, pourquoi fallait-il que vous soyez là ? Aujourd’hui ne demeurent plus de vous que ces maigres épouvantails, qui nous renseignèrent par avance sur l’abandon de tout idéal, emprisonnant dans leurs torses les petits cris de jouissance des sirènes de détresse, humains tombés dans la poussière de costards trop grands.


P.M.

Numéro 80 de Traction-brabant


Le numéro 80 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 2,40 €.

Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

À l'inverse, merci de ne pas entrer en relation avec "TRACTION-BRABANT", si vous êtes une vedette de cinoche, que vous vous la jouez professionnel(le) - rester simple ne signifie pas toujours être idiot, enfin, il me semble !

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

La vache à traire


Ma vie sans supermarché

Qui a dit que "Traction-brabant" ne parle que de poésie ? C'est très souvent le cas, tout de même.

Eh bien ! Pas cette fois-ci.

Ce blog va vous permettre de savoir comment vivre sans supermarché, à travers différents exemples du quotidien représentés par les images de ce blog en présentation dynamique. 

Par exemple, une épicerie bio, les vêtements etc.

Bien sûr, cela peut paraître difficile. mais on doit pouvoir y arriver. Quelques personnes, de plus en plus, sans doute, vous montrent la voie (c'est ici).

De Bénédicte Bonnet (extrait de T-B 79)


Vaines insanités

Je canarde basse-cour
Je canarde fermière, je canarde fermier
Je canarde purin, cochon dans son purin
Je canarde putain en moi. Je canarde et vous emmerde
Je suis putain au cœur large. Pucelle de vos ardeurs
Je vous emmerde et je grandis, énorme dans ma cage archi-mini
Je grandis, je grossis, je rugis, je rage et j’éclabousse dégueu-lasses
Je suis candeur et putain. Rage et puis purin. 
Et de mes ailes je m’aplatis sur vos bottes 
Pisse / Chie 
Candide-putride/ Je mêle les 2/ Rassemble les 2
Je m’élève haut / Redescends bas.
Fange et anges
Je côtoie Ciel et Enfer/ Rage-Amour / Désir et Haine
Je-Jeu. Cage et bourreau. Flamme puis bûcher
Je me casse / Trisse / Carapate 
Au-dessus de basse-cour
Au-dessus
De fermière
De fermier
De purin
Et cochon
Bien au-dessus de vos ardeurs…

La dernière fois que je l'ai vu de Patrice VIGUES


Malta compil : 2007 (avec Windows média player)

Histoire de vous réveiller un peu : cette compil est bientôt finie. Le texte choisi pour l'année 2007 a fait l'objet d'une publication dans la collection Polder de la revue Décharge. Il s'agit d'un poème extrait de "Sans mariage" :

Ensuite toute la famille les proches
Montent dans l'auto blanche effilée
Qui coupe les ubans du berceau
Ne bouche pas les trous de l'ennui
Le reste du temps ta soif de bonheur
Marche sur le linge neuf plus opaque
Eveille toi au balcon et ensemencée
Par les lis d'apparat regarde comme
Délicatement ils fanent je te le répète
Tu es une conteuse de fleurs machinale

Sur une musique de Monochord "No question no answer" (Via Dogmazic). C'est bien le cas oui.

De Barbara Le Moëne (extrait de T-B 70)

Un rôle


Tu ne peux plus échapper aux heures
qui se cognent contre les arêtes coupantes des murs
renversent l'asphalte et le ciel
un mortier opaque pèse sur tes paupières
tu voudrais te distraire
ne pas penser à ce que tu as à faire
quelque chose de difficile
qui te demande effort, peine, courage
tu as tout annulé, dans ta journée, tout éliminé,
tout sauf cela
que tu auras à faire
tu ne peux plus rien sauf te préparer à cela
te concentrer sur cela
le rôle social
que tu devras jouer à ce moment-là.

Incipits finissants (4)

Après avoir bien dîné avec les leaders du bureau national de la Cégette, nous voici réunis pour une deuxième moitié de congrès.
Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, en cet après-midi où le soleil clair transperce de gros nuages avec une fourchette, redoutons les discours prononcés d’une voix trop monocorde.
« Les batailles menées le sont pour une société moderne, plus équitable, plus solidaire… »
…mangé avec des leaders. Bientôt, je serai un leader. Pour le moment, j’ai des gaz. Oui,
Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, je serai un sacré leader. Un leader assis dans un fauteuil bas du cul à renifler la moquette.
« Ensemble, construisons par les luttes un avenir meilleur ». « Ensemble, CONSTRUISEZ par les luttes un avenir meilleur ». Un fauteuil, quoi, presque un trône dans cette solitude si paisible, loin des sales luttes de classe, avec une bouteille de whisky à portée de la main. Et les femmes à poil, où sont les femmes à poil ?
Diable ! La révolution, c’est la santé, ne rien faire, c’est la conserver. Dans mon fauteuil à roulettes, je me transporterai vers un pays où la vie est plus chère.
De l’autre côté de cette baie vitrée, avec le même confort, pour entendre toujours des discours. Tout commence par un bon repas…
Moi syndicaliste parmi les leaders, blanche fesse avec les sept mains « je souhaite qu’on mette en place un système où pas un seul d’entre VOUS ne puisse se dire : à quoi bon travailler plus que les autres puisque tout le monde y est indifférent ».
Le temps de me réveiller et de dire : Au secours ! Jetez moi dans l’eau glaciale des rêves ! Bande de salauds. Vous qui avez profité de mon handicap moteur et qui m’avez poussé avec mon fauteuil à l’intérieur de la chambre haute. J’ai même cru un instant que tous les discours étaient des discours…
P.M.

Webzine La belle-mère dure

Venez nombreux participer à cette nouvelle revue "La belle-mère dure" : trois numéros à ce jour. Les contributions, le titre donne de la matière (!), seront publiées sur le blog dont lien bien attaché.

Bonnets de nuit s'abstenir !

Nu de Matisse : illustration de Henri Cachau

Pour en savoir plus, contact : henricachau@free.fr

Le blog d'Alain Jégou (in memoriam)

Heureuse initiative que celle de ce blog sur Alain Jégou : l'auteur nous fait part de son expérience de l'écriture et surtout de sa vie pas toujours passée dans les bureaux, sans pour autant nous prendre la tête, et en partant d'une lettre de l'alphabet à chaque fois différente...


Vous pouvez également retrouver des fichiers vidéo de ses lectures.

De Delphine Evano (extrait de T-B 80)


danse

place du nord
aux froides saisons tourne un soleil de soie défraîchie
ici rien ne bouge

agrippés aux élans des départs
les bouches barbelées les murs dans les têtes prolifèrent au pays
des proies de l'homme

combien parlent
d’ADN noircis au bitume
de cargaisons de bras de jambes comme un bétail à fond de cale

tandis que dans la nuit recommencent inlassablement les transes du sexe qui a faim
dans la main
les rats
les bouts
de bois
flottés
d'hommes
dansent encore

Clown 31 : illustration de Henri Cachau


Pour en savoir plus, contact : henricachau@free.fr

D'Hubert Le Boisselier (extrait de T-B 72)

uie rouge
Tu as longtemps pleuré les larmes d'un autre 
Des pleurs de sang venus des yeux d'un autre 
Légués par une douleur étrangère à ton corps 
Tu as reçu de ta lignée le poids d'un deuil de plomb 

D'où te vient la noirceur qui sillonna tes membres?
D'où vient que tu songeas si souvent
À noyer des fleuves avec ton sang d'esclave
À couvrir la ville des éclats de ta chair privée de vie?
Il a fallu le béton et l'acier pour endurcir ta volonté 
Que tu sois envahi par la matière urbaine et sale 
Pour éclaircir le sang maladif de tes artères 
Le répandre savamment sur le cuir tanné des trottoirs 
Et endurer les pleurs qui noircissent le flux de tes discours 
Ou tes hurlements d'enterré vivant 

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Monday, June 24, 2019

Revue Lichen

Et voici un webzine publié sur blogspot : "Lichen", revue de poésie, animée par Elisée Bec, et en même temps cosmopolite (Île de la Réunion, arrière-pays niçois, Vietnam, Haute-Provence). Cette revue privilégie les textes inédits (comme cela peut se comprendre) et les formes brèves (une page par auteur à peu près).

La revue est disponible et imprimable également sous version PDF.

Et pourquoi, "Lichen", au fait ? Parce que "Le premier signe de vie à revenir / sur les blocs de lave refroidie / c'est le lichen".

Dans son "avis aux écrivants", Elisée Bec met en garde contre les auteurs qui seraient tentés d'envoyer des textes sans mot d'accompagnement, de les "asséner", suivant une expression bien sentie. Précision qui pourrait sembler inutile dans un monde normal, mais qui ne l'est pas dans le monde de l'écriture, je vous le confirme !...

Pour soulever un peu de Lichen, c'est ici.

Sunday, June 16, 2019

Traction-brabant 80


Je crois que je viens de trouver un moyen de rendre la poésie plus intéressante aux yeux du grand public. Si, si, je ne plaisante pas.
Vous voulez vivre centenaires ? (ou presque) ? Eh bien, devenez poètes ! C'est génial, non ? La poésie comme élixir de longue vie ! Fallait y penser, n'est-ce pas ? Ça me semble de loin plus efficace que les recherches scientifiques effectuées sur de nouveaux traitements.
Avec la poésie, rien que du naturel !
C'est à la portée de toutes et de tous, en plus. Bon, je reconnais que ça n'a pas toujours été comme ça, hélas.
Sur ce point, les poètes maudits ont été les pires ennemis de leur art. Pensez-vous ! Villon, disparu dans la nature à 32 ans, Lautréamont décédé à 24 ans ! Et cet imbécile de Rimbaud qui s’est tué au boulot à 37 ans ! Quelle honte ! Mais un tel cauchemar, aujourd'hui, est bien fini. Pour trouver un jeune mort en poésie, il faut remonter à Christophe Tarkos en 2004. Et mis à part quelques illuminés qui n'ont rien compris à la vie, tout cela est derrière nous.
Voyez plutôt : Yves Bonnefoy, mort à 93 ans, Eugène Guillevic et Jean Rousselot, à seulement 89 et 90 ans, Jean L'Anselme à 92 ans, et Pierre Béarn à 102 ans. J'en passe et des meilleurs…En plus, il n’y a pas que des morts, il y a des vivants aussi : Philippe Jaccottet, Jacques Réda, Francis Cheng, Anise Kolz, déjà chopés au radar à quatre-vingt-dix ou peu s’en faut. Ce sont nos valeurs sûres ! Et même les casseurs de langage y parviennent ! La vieillesse c’est no limit ! Un truc de ouf !
Crois-moi, ami poète, je suis désolé de te le dire, mais si tu es mort avant 80 ans, c'est que tu as raté ta vie. C'est bien pour cela que j'ai attendu le numéro 80 pour aborder ce thème sensible du grand âge.
Alors, fais pas le con, poète ! Applique-toi à fonctionner. Écris 5 poèmes et ritournelles par jour, publie tes 4 recueils par an et oublie pas d'aller consulter régulièrement ton médecin. Prends tes pilules quoi. Ça doit être quand même moins crevant que de se droguer et de boire trop d'alcool fort... Écrire, c'est tout ce qu'on te demande, poète, c'est quand même pas difficile ! Écrire, d’ailleurs, tu pourras toujours le faire, à défaut du reste.
Admets en plus que la poésie est un truc lent, donc c’est pas grave si tu ralentis. Ça concerne la contemplation éternelle. Or, avec l'âge, on devient asymptote à l'éternité, en quelque sorte. Donc, tout baigne ! D’ailleurs, je sais pas pourquoi je te dis ça, car tu m’écoutes parfaitement.
Si, avec tout ce que je dis là, la poésie vous fait pas envie, moi j'y comprends plus rien. C'est la vertu écologique à médiatiser (sauf pour les arbres).  
P.M.                                                            


Saturday, June 08, 2019

De Solen Le Cun (extrait de T-B 78)


Orpailleurs



En Amérique, ils se ruèrent sur l’or



Creusant de leur cœur de pioche des lits souillés

Fouillant de leur pelle de bouche des deltas asséchés

Tournant de leur batée des êtres particules et émiettés

Explorant chaque corps rongé, chaque souffle coupé

Extrayant des noyés noctambules, des épaves submergées

Tamisant des vouivres limoneuses, des ondins étouffés

Batelant des figures de proue écumeuses et enragées

Scrutant chaque clavicule et chaque péroné décharnés

Appréciant de leur peson d’explorateur des paillettes maquillées



En Amérique, ils déchantèrent

Dans des manmans d’lo cannibales de naufragés

Dans des tritons dévoreurs de lambis nécrosés


En Amérique, ils pleurèrent

Dans des coulées de lie écœurante et avinée

Dans des lahars de Pelée rageux et tourmentés


En Amérique, ils se noyèrent

Dans des Amazones guerrières et du cœur amputées

Dans des Orénoques véreux et de l’âme parasités



En Amérique, il et elle se ruèrent sur l’or

Trouvant dans leurs yeux, la pépite dorée.

Saturday, June 01, 2019

Incipits finissants (38)

Ah bon sang ! Qu'est-ce qu'ils étaient bath les vieux de dans le temps ! Ils ne nous faisaient pas concurrence, ils ne nous cassaient pas les pieds, à toujours vouloir être dans le coup, à vouloir rester jeunes, à toujours être dans le vent, dans la bourrasque oui, à courir à bride abattue, malgré leurs dénégations, après la jeunesse éternelle, alors qu'ils ne parviendront pas à garder la jeunesse en courant après, c'est une évidence, parce que le moteur, il est davantage foutu, malgré tout. Et puis aussi, parce que c'est inutile car la jeunesse, qu'est-ce qu'elle peut être conne des fois !
Alors, oui, moi, je regrette les vieux qui ne quittaient jamais leur maison, qui continuaient à s'habiller en bleu de travail, comme s'ils continuaient à aller au boulot, même s'ils ne travaillaient plus. Les vieux pour qui les loisirs principaux étaient la culture du potager et le canon de vin rouge au café du coin. Les vieux qui n'avaient pas honte de se coucher à sept heures du soir et qui regardaient jamais la télé, ne suivaient jamais la mode, même pour la critiquer. Bref, des vieux de vieux, des vrais vieux ! Là, au moins, on n'était pas trompés sur l'emballage. Avant, les vieux revendiquaient d'être vieux, parce qu'ils n'étaient pas nombreux à pouvoir le devenir. Alors voilà, c'était plus clair pour moi.
Heureusement, je suis très content, parce que le pouvoir, merci, en reculant l'âge de départ à la retraite, va contribuer à changer cette situation, en faisant de nous des vrais vieux, comme autrefois. Pas des vieux jeunes, qui font tout le temps semblant, mais des vieux aux dos cassés et plein de rhumatismes et qui voyageront du lit au boulot et vice versa. Les vieux vont enfin pouvoir retrouver leur fonction première, celle d'être vieux et de faire vraiment tache au milieu du tableau, en nous offrant un spectacle, certes désolant, mais tellement naturel. En plus, c'est de là qu'on vient, alors autant y retourner.
Parce que, en plus, les vrais vieux, ça sera nous. Génial, car nous ne risquons pas de nous faire de l'ombre. Et pis, les jeunes nous respecteront mieux si on essaye pas de leur ressembler.
Ah vivement qu'on soit vieux ! On pourra même pas regretter notre jeunesse, notre jeunesse de vieux !
Parce que tout ça, de toute façon, pour la révolte, c'est du pareil au même !

Friday, May 24, 2019

Le blog de Vince

S'agit-il de Vince Taylor ? En tout cas, ce blog déménage comme du rock and roll et la poésie qui dépote est pas mal venue à cette époque de l'année où on commence à rempoter les fleurs.

Rien que le titre est déjà tout un programme : ma poésie et pas la tienne...

Le Vince, tout ce que les poètes bien élevés gnangnan pensent tout bas, lui, il a le mérite de le dire tout haut. Ma poésie c'est pas la tienne et c'est bien pour cela qu'elle est bien : tiens, encore une histoire de cylindrée à décapoter en ces premiers jours de printemps pour en foutre plein la vue aux copains.

Bon, le Vince, il y a du sexe aussi dans sa poésie, mais bon, je vais pas vous refaire le coup du printemps... Laissez vous pousser au Vi(n)ce en cliquant dessus !

Thursday, May 16, 2019

De Clément Bollenot (extrait de T-B 76)

après la pluie
la poussière est toujours noire
sous le soleil
la poussière est toujours noire
au clair de lune
la poussière est toujours noire
sur les mains de l'enfant
la poussière est toujours noire
dans les cœurs
la poussière est toujours noire
à travers les bombes
la poussière est toujours noire
au-delà des falaises
la poussière est toujours noire
parmi le couloir des souvenirs
la poussière est toujours noire
rien ne bouge
maintenant
dans le coin de la pièce
la poussière est toujours là 

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