Tuesday, December 31, 2019

Incipits finissants (47)

Comme la madeleine de Proust lui rappelait son enfance, les écrivains sont associés dans mon esprit à une bâche blanche, vêture d’apparence criminelle, qui en la circonstance, dérobe à la vue du passant les édiles qui sont invités à un marché du livre. C’est comme ça, j’y puis rien, c’est pas de ma faute si les écrivains sont maintenus à l’abri, au cas où le temps se gâterait.

D’un autre côté, c’est plus pratique comme ça. Ainsi, il devient plus facile d’éviter les zones écrivains, là où ils vivent l’espace d’un week-end.

De la même façon, le passant ordinaire peut s’abstraire des terrasses sur lesquelles les écrivains baillent, des restos où ils mangent, de l’air qu’ils respirent aussi, fatalement.

D’ailleurs, peuvent-ils respirer ailleurs que dans des zones réservées à leur effet ?

Faut dire qu’ils l’ont bien cherché à vouloir absolument vivre de leur plume. Vous voulez être des pros ? Eh bien, c’est fait. Vivez dans des zones commerciales !

Pourtant, Rimbaud a pas mal réussi dans le trafic d’armes, après en avoir fini avec l’écriture, il est vrai. Kafka, comme juriste chargé d’indemniser les victimes d’accidents du travail. Laude, comme journaliste puis comme clodo qui a déclaré peu de temps avant sa mort quelque chose du style : avant de vouloir vivre de votre écriture, commencez déjà par vous dégotter un vrai boulot. Il parlait d’expérience !

Moi, c’est marrant, si je pouvais, je voudrais faire tous les métiers, sauf un seul : celui d’écrivain. Enfin, imaginez un instant que les écrivains ne soient plus des écrivains :

il y aurait comme un strike des familles qui se produirait sous leur chapiteau et on les retrouverait éparpillés façon puzzle dans toute la ville.

Ils apprendraient mieux ce qu’est une usine en dehors des résidences d’écriture et leurs textes nous toucheraient alors peut-être davantage. D’ailleurs, il n’y a pas que les usines, il y a aussi les pharmacies et les autres magasins, les croissanteries, les salles de classe, les bureaux, des plus classiques de la fonction publique à ceux plus sournois, qui composent les cabinets ou les études, et même, même les cinémas.

Mais la vérité est que les écrivains ont besoin de cette partition tragique pour vendre leurs bouquins. Ils ont aussi besoin de tranquillité pour écrire leurs livres, même si ces derniers ignorent souvent la réalité. Ils préfèrent rester à l’écart que partager le sort commun. Ayant soif d’être préservés, ils s’adonnent au plus fort de leur engagement au corporatisme, comme tout français vulgaire.
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            P.M.

Numéro 77 de Traction-brabant


Le numéro 77 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 2,40 €.

Pour plus de précisions, contact association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Les oreilles du diable


Le blog de la revue Nouveaux délits

Cathy GARCIA nous emmène au pays de sa revue NOUVEAUX DELITS et de ses textes respirant la liberté que pour rien au monde on ne lâchera, dans un monde qui n'est pas un rêve enfoui.

De Géraldine Serbourdin (extrait de T-B 61)

Une ombre de soi vaut mieux que d’être.

Flou du souvenir, de la mémoire encombrée de nouvelles images trop animées, criardes couleurs  qui gesticulent et obstruent le retour en arrière vers mon rêve d’enfance. Le goût des mers froides et des étendues crème.
Parce qu’il n’y a pas eu d’enfance réelle.
Retour rapide. Retour impossible sinon en unissant mes mots à leurs bouches disparues. Leurs bouches distordues. Leurs bouches aux sons grossiers, aux violents désaccords, leurs lèvres rouges. Mes mots pleurés.
Tube et sang.
Portraits grimaçants.
En attente d’âme vive.
Leurs corps obscènes d’avant et décomposés aujourd’hui.
Flux d’encre qui se targue de vouloir et savoir rétablir la vérité d’une vie. Matrice qui accueille mon sang, mon souffle pour maintenir la tête hors de l’eau, pour encore écrire. Tendre vers l’oubli. Pour enfin ne plus avoir à dire.
Flamme dans la pénombre des jours ordinaires, dans le circuit quadrillé des pas de côté, dans la rue esseulée.
Frémissement du désir tapi dans le papier froissé de sa promesse à peine encore esquissée.
Faiseurs d’ange et sales races.
Mes mots d’avant.
Comment réconcilier sur la page les bris épars sur le sol carrelé, les cendres sous terre même pas dispersées dans la mer parce que la poésie n’était pas encore inventée pour rendre dignes leurs vies bancales, leurs vies de simples. Parce que les images brutes blessent si les paroles restent tues. Parce qu’abrupte est la fin quand l’histoire est arrachée, en poussière, émiettée.
Fards que sont les mots quand la peau s’affole encore, fards que sont les mots quand la peau vire à vif, parsemée de cellules mortes qui défigurent les corps. Fards épais que sont les couches de récits pour étouffer les heures de pleurs, irritées.
Flâner en soi pour écarter le danger dehors, pour que la vie s’en détourne, pour parer les coups, toujours possibles du destin, du sort.
Forfanteries vaines.
Pathétiques parlures.
Perte de temps.
Rime pauvre.
Plus rien de rouge ni les tubes ni le sang, la prose est décharnée quand vient la vague, haute, victorieuse et nombreuse, avalant ce qui te restait encore d’élan.
Une ombre de soi vaut mieux que d’être.  

J'aime les bâtons de Patrice VIGUES

Malta compil : 2007 (avec Windows média player)

Histoire de vous réveiller un peu : cette compil est bientôt finie. Le texte choisi pour l'année 2007 a fait l'objet d'une publication dans la collection Polder de la revue Décharge. Il s'agit d'un poème extrait de "Sans mariage" :

Ensuite toute la famille les proches
Montent dans l'auto blanche effilée
Qui coupe les ubans du berceau
Ne bouche pas les trous de l'ennui
Le reste du temps ta soif de bonheur
Marche sur le linge neuf plus opaque
Eveille toi au balcon et ensemencée
Par les lis d'apparat regarde comme
Délicatement ils fanent je te le répète
Tu es une conteuse de fleurs machinale

Sur une musique de Monochord "No question no answer" (Via Dogmazic). C'est bien le cas oui.

De Jos Garnier (extrait de T-B 77)

car ici
dans les ciels absolus
grippés d’alcools
imaginer
d’autres vies
aux cloisons
flottantes
d’autres solitudes
difformes
aux miroirs dépouillés
de merveilleux
un bout de monde
avant le grand noir
à se demander
comment
ces sidéraux
souvenirs
d’ombres corsaires
qui s’enroulent
à tâtons
autour de la fragile
ossature
glissent et chavirent
puis
dans la plus cruelle
indifférence
se dévident
d’une minute à l’autre
épouvantable
bruit mat
explosif
papier déchiré
les voilà
ectoplasmes liquides
répandus
à même le sol
étrangement
au travers la vacillante
lucarne
d’un firmament
coloré
se froissent
d’inimaginables soupirs
discordants
car ici
les issues
sont secourables
post-scriptum : fake news
sur cœur filigrané

Incipits finissants (59)

Récemment, je suis allé dans une friche industrielle et j’ai appris que les artisans qui y travaillent sont en fait des artistes. En même temps, ce sont de vrais artisans avec des ateliers véritables, des big machines et des planches de bois immenses. Idem pour les jardiniers. Ils travaillent dans des serres de grande surface où ils cultivent de vraies plantes avec des feuilles qui se percent. Hélas, ce sont toujours des artistes. Bien sûr, les informaticiens sont des artistes. Et que dire des designers et des infographistes ? Evidemment, il ne peut s’agir que d’artistes. Bref, de gens qui ne travaillent pas pour de l’argent, et qui sont des rêveurs !… A l’écart de la ville, de préférence, ils sont parqués dans des usines, aussi inutiles qu’eux. Les artistes. Pas les artisans et encore moins les ouvriers.
Il faut dire que quelques compensations existent.
Aujourd’hui, les chevaliers en armes sont devenus des sportifs se rendant victorieux de compétitions presque aussi éprouvantes que certains conflits. De tels glissements sociaux seraient presque marrants. Comme si le concret ne devait pas trop exister, ou juste comme un passe-temps. Il est vrai que les détenteurs du pouvoir se font plutôt discrets, alors il faut bien occuper la vue.
Du coup, les artistes et surtout les sportifs remplissent l’espace. Le malaise vient sans doute de là. Ceux qui sont montrés ne sont pas (encore) ceux qui comptent pour la lutte des classes. Ce drôle de monde pas drôle en viendrait à me faire pleurer, puisque le savoir-faire manuel et les qualités physiques sont détournés vers des mondes spécifiques et limités, dans la transparence de ces grands chantiers à ciel ouvert, générateurs de vide.
Mais il y a toujours quelque chose de moins sympathique derrière, et je parie qu’il s’agit d’usines à gaz concentrant des substances toxiques. Un triste monde sans réalité, où personne n’est plus à sa place et joue des rôles dépourvus d’authenticité.
Que voulez-vous ? On ne se refait pas. Je rêve de stabilité et non d'ambiguïté, d'artisans qui sont des artisans, de jardiniers qui sont des jardiniers, et de sportifs qui seraient des révoltés. 
P.M.

"Nu" : illustration d'Henri Cachau

Et pour en savoir plus, contact : henricachau@free.fr






Le blog de Murièle Camac

Voilà une démarche assez originale. Vous me direz : créer son blog, il n'y a au contraire rien de bien fabuleux. Non, bien sûr, sauf que là, le ton adopté est suffisamment personnel pour être signalé. Les poèmes ne figurent pas dans ce blog comme des pièces définitivement à leur place. L'auteur nous fait part de ses tâtonnements, de ses réflexions, de ses coups de coeur, si bien que nous avons l'impression d'une création en train de se faire. Il y a aussi une attention qui est portée à des faits d'actualité, mais sans polémique inutile.

Voilà donc tout plein de raisons d'aller faire un tour sur le blog de Murièle Camac et c'est ici qu'il faut cliquer : ici.

De Didier Leroi dit Lodi (extrait de T-B 73)

L'ENVIE OU JE M'EVADE


DING DANG DONG : sonnez mâtines
Bing Bang Big Ben : dingo dossier.org

musique maestro !
si la culture ne vient à toi on va
la drainer vers le théâtre du Tiroir
de vos poches sortez vos mouchoirs
le néant et moins bon alterna... tif ce qu'il m'en reste

la méchanceté il va falloir
la sortir de ton ventre !
concert continu phagocyte la culture
mouvement alternatif : ailleurs c'est toujours mieux !?
tête de jivaros ou télé réductrice de cerveaux
ou Big Brother ethnologie à l'envers :

on se conforme à ce qu'on voit à l'écran : méthode ourdie
         de l'ordinateur internet t'es net ou pas !?
petite boîte à la maison silhouette réduite qui ouvre
         sur le monde belle image en avant toute !

T'es pas à la page drôle chute du poème patatras...

"L'avide a vidé la Diva du divan" (illustration de Jean-Marc Couvé)



De Josiane Gelot (extrait de T-B 61)

La vie
Perchée
A la pointe du bec
D’un moineau
Sur la balustrade
Fenêtre ouverte
Son chant traverse
Les murs
Il enfle
Les murs le portent
Alors j’ai peur
Que l’oiseau soit entré
Comme moi – avec moi
Qu’il soit là : chez moi !
Peur
Ensemble
Qu’on s’affole
Lui de moi – moi de lui,
Les murs
Fermés sur notre panique
Ma peur de l’avoir là
Perdu pris au piège
Peur la vie
A la pointe du bec
Peur
Il va crier
Gifler l’air sur ma tête…
- Allez savoir
(Cris de gorge
Battements d’ailes)
Ce qu’il restera de la vie

Quand je l’aurai chassée.

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Monday, January 21, 2019

Le blog de Jean-Claude Touzeil

Le blog de Jean-Claude Touzeil, ex-organisateur de la manifestation poétique des printemps de Durcet, s'intitule Biloba et est avant tout un repère d'observation.
On y trouve beaucoup de photographies de choses vues, dont le côté insolite est mis en avant.
Et c'est vrai que la nature ou les objets des hommes recèlent des surprises dont l'intensité peut varier selon l'angle sous lequel ils sont découverts.
Cela nous change aussi des poètes et de leurs(h)œuvres (h)énormes, les meilleures étant souvent celles qui ne font pas exprès d'exister...
Pour aller y voir, c'est ici.

Sunday, January 13, 2019

De Catherine Savy (extrait de T-B 76)

Mon corps habite un terrier

Terreur de l’été,
l’animal a clos ses volets.
Rasée de près,
la chaleur mord,
mon territoire se resserre
la bête se terre
témoin d’un tourment
chaque été renouvelé.
Tessons plantés,
le mur a craché
la sale saison
des torses nus,
va-nu-pieds
nudité mal léchée…
Terne,
l’été ceinture l’année
d’une tenture couleur de prune
Et quand vient
la fraîcheur du soir
l’été mal aimé
suce ses plaies

Saturday, January 05, 2019

Friday, December 28, 2018

Traction-brabant 77

Ami poète, quand tu commenceras à toucher ta bille, quand tu penseras avoir compris les rouages de l'inspiration, que tu seras parvenu, aux yeux de quelques personnes, à exprimer par écrit une émotion, tu toucheras la médaille de ta récompense et décideras de ralentir le rythme, parce que c'est bien mérité.
Tu t’assoiras dans un confortable sofa rouge, style art nouveau. Tu boiras de meilleurs alcools, tu mangeras mieux et moins (pas de viandes, à cause de la couleur du sang), tu sentiras alors comme les fleurs n'ont pas toutes un parfum identique et tu t'attarderas à en saisir les moindres nuances. Tu choisiras celle-ci plutôt que celle-là. Tu te déplaceras en permanence dans un magasin de luxe sans t'en rendre compte.
Et tu tomberas ainsi dans le piège le pire, celui de la littérature, de l'art pour l'art.
Tu détesteras les outrances de ces jeunes apprentis sorciers qui cherchent à forcer le trait, tu te sentiras plus malin qu'eux, tu n'achèteras plus leurs écrits que tu trouveras peu intéressants. Car tu auras tout compris du bon dosage. Tu recycleras en mots la moindre de tes émotions. Cependant, même, lorsque par hasard, l'émotion sera forte, tu iras la chercher dans les livres.
Tu te claquemureras pour ne plus voir la réalité en face. Tu éviteras comme la peste les duels trop voyants. Il faut dire que des prix et d'autres récompenses tu obtiendras de plus en plus. Tu ne sortiras plus du même tambour de la même machine, ta langue sera usée, sauf que tu y croiras dur comme fer.
Les suicides deviendront des fantaisies littéraires, la guerre, la pauvreté et la misère ne seront plus que des jeux vidéo destinés au quatrième âge, des jeux doux, car dénués de cris.
Au pire, tu éprouveras un ennui très vague, mais là encore, il s'agira du spleen de Baudelaire. Après tout, même les fosses communes sont remplies de la divine musique de Mozart. Il n'y a pas de quoi s'inquiéter.
Le dégagement sera ton engagement. Tu auras des rhumatismes plein la tête, sans la gravité d'un cancer. Tes poèmes seront équilibrés, ta clientèle fidèle. Tu écriras pour les centres piétonniers des grandes villes d'Occident. Tu écriras pour les chiens-chiens de leurs mémères, tu mettras le nez dehors comme sur des roulettes, afin de respirer les feuilles mortes qui s'envolent à la pelle. Tes poèmes sentiront la camomille des (r)assis.
Tu deviendras vite un vieux con de poète, cherchant à sauvegarder aux dépens des autres tes prébendes. Et là, je te rassure. Tes performances ne seront que des béquilles de jeunesse et tes points d'exclamation des vocalises de maisons de retraite(ment).
P.M.

Thursday, December 20, 2018

De Toma Brü no Erik (extrait de T-B 49)

Eros et tétanos


à renifler les roses
aux épines
on s'entaille et s'étonne
de ce sang
qui s'écoule et scintille
au soleil d'une journée de bohème
infinie
où dans son creux
à jamais
resteront silencieux
tétanisés au souhait des pétales
nos fronts égarés et offerts
en pâtures aux broussailles où sommeille l'esprit d'où se sèment les roses aux épines d'oubli

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins