Friday, May 06, 2022

Incipits finissants (98)


Depuis trente-cinq ans de pratique régulière de la poésie, j’écris avec davantage de sûreté, sans m’être imposé cet objectif, sinon il y a longtemps que je ferais autre chose. Même si mes poèmes ne sont pas faciles d’accès, leurs transitions sont moins abruptes qu’au début et donc, ils se lisent mieux.

Et sans plus le vouloir, j’ai fini par acquérir une oreille musicale. N’allez pas dire que la musique n’est pas importante quand on écrit de la poésie (chez pas mal de poètes, on se le demande tout de même !), moi qui écoute des tonnes de sons, dès que j’en ai l’occasion.

J’ai aussi appris à plier mon écriture à des contraintes variées, en fonction du sujet que je souhaite évoquer et de l’ambiance que je veux y mettre, tour à tour, plus grave ou plus ironique, plus élégiaque ou plus réaliste.

À cet égard, quelques lecteurs (pas beaucoup, car la poésie s’écrit davantage qu’elle ne se lit, et pas seulement la mienne), m’ont félicité pour la justesse de mes textes, ce qui constitue un faisceau concordant d’indices allant dans le bon sens.

Ça sent trop le panégyrique depuis le début, tout ça, n’est-ce pas ? Eh bien, ça va pas durer ! Car voilà, cette fabrique qui tourne bien grosso modo, n’est-elle pas devenue malgré tout une belle usine à gaz ? Je m’explique sur ce point.

Le monde alentour a évolué plus vite que mon apprentissage de l’écriture l’exigeait. Ainsi, au moment où je parviens à maîtriser, dans les grandes lignes, une mécanique complexe, celle du style, cette écriture arrive dans un environnement qui s’est accéléré de manière durable, à cause essentiellement d’Internet. Et dans ce monde malgré tout pas si nouveau que cela dans ses intentions profondes, tout concourt à la simplification des moyens d’expression, La recherche me semble ailleurs : du coup, dans les moyens techniques employés pour les produire.

Bref, c’est patatras qu’il me faudrait faire pour toucher plus de personnes. Rien ne sert d’orchestrer des symphonies d’une heure trente, quand un rap de trente secondes procure davantage d’émotions dans la tête de la plupart des gens.

Et là, je n’ai plus besoin de parler de moi-même, mais de tout plein de poètes qui feraient mieux de remballer leur énergie pour quelque chose de moins vain. Depuis longtemps, cette possibilité aurait dû être envisagée.

Permettez-moi de semer cette graine de doute dans votre esprit.

P.M.

Numéro 98 de Traction-brabant


Le numéro 98 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 3 €.

Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

"TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

S'il vous plait, n'envoyez jamais plus de 10 pages format A4 (en un seul fichier et format Open office ou Word, de préférence) si vous contactez le poézine, sinon, votre manuscrit ira direct à la poubelle virtuelle, mais la poubelle quand même ! Je n'ai pas besoin de lire des tonnes de pages d'un auteur pour savoir de quoi il en retourne !

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

King Kong 2011


De Louis Naÿs (extrait de T-B 98)

 
ÉCRANS DE VIE
 
Des écrans à tire-larigot.
Blancs, verts, jaunes, rouges et lumineux,
 
Mes yeux meurent d'ennui la nuit dans ce mélange.
L’écran est ma vie, mon envie et ma solitude
 
Quand je plonge dans ce bain aphrodisiaque,
J’hurle de bonheur et je bouillonne.
 
Qui suis-je ?
Je ne suis plus.
 
Le souvenir dans ces arbres
Blanc, vert, jaune, rouge, marionnettiste
Le vent qui souffle dans les branches,
Le cerveau en miette à fixer les étoiles
Blanches, vertes, jaunes, rouges et lumineuses

De la poésie contemporaine

Il résume bien la situation, de blog de 2018 intitulé "De la poésie contemporaine". Enfin, pas de toute la poésie contemporaine, mais de certaines d'entre elles ! Car en plus, il y en a plusieurs ! Un peu trop peut-être !

C'est marrant, ça vise juste !

Pour aller y voir, c'est ici.

Le K est redoutable de Patrice VIGUES



Malta compil 2011 : "Femme-enfant" (avec Windows media player)

Pour continuer la suite de la Malta compil, cuvée 2011, un extrait de "La partie riante des affreux", recueil écrit avec la complicité de Fabrice Marzuolo, publié aux éditions Le Citron gare par votre serviteur.

Le poème qui suit est intitulé "Femme sous-marine". Vous pourrez l'entendre ici (avec un titre de Synopsis intitulé "Superwave" et importé via Dogmazic, site de musique sous licence libre, https://www.dogmazic.net/), le texte étant reproduit ci-dessous :

Son maquillage épais lui est resté de toutes ces années passées dans la submersion subversion. Elle n’a pas eu beaucoup le choix. Son sous-marin n’était pas jaune il tirait sur le bleu pétrole. Voilà d’où venait l’angoisse. Cette femme a perdu du temps à rester seule. Très vite, il est apparu pour les déjà parents qu’elle avait passé son tour, cette gourde. Pourtant, elle n’était pas plus moche qu’une autre. Elle n’avait pas un seul membre qui lui manquait, pas de bielle qui était tombée sur la voie publique au cours du transport. Et en plus d’être fille unique, elle n’avait pu se faire inséminer restant sèche comme un taille-haie. Et cette harpie se permettait d’enseigner les bonnes manières aux enfants des homais O mais alors ! Pour trouver un peu d’humilité humidité elle dut partir faire de la plongée au fond de l’océan avec les oursins d’apothicaire. Comme ça les oreilles bouchées elle n’entendrait plus les bonnes mères qui lui lubrifiaient ses conduits auditifs à coups de langues mielleuses tout en répétant que son ventre était cimenté. Mais maintenant elle touchait au but. Elle allait ressortir sur la plage. Les autres lui foutraient la paix. Ces mémés lui pardonneraient le fait de n’avoir pas aimé les bébés et de n’avoir pas partagé sa laitance avec quiconque. Elle était presque morte comme après un marathon en apesanteur.

De Joëlle Pétillot (extrait de T-B 82)

Grenier du rêve

Le sommeil ébréché des vieilles porcelaines
L’attente sans chagrin des ombres du grenier
La fenêtre unique, penchée
Les lucioles affolées d’un soleil de traverse

Tout meuble boîte
Chaque pli est un gouffre
C’est puissant comme une marelle
Ciel et terre
En un seul parquet
Fixé sur les vieilles patères
Un temps de craie

Pendule d’une seule aiguille
Claudiquant
Posée là comme un codicille

Rien ne vieillit
Tout se patine
L’enfance, la vie,
Notre âme
Aussi.

Le serveur vocal poétique

Il s'agit d'une initiative simple (en apparence) mais astucieuse, mise en route par Julien Bucci.
Celle d'un serveur vocal poétique.

Pour accéder au site, le mot de passe est svp.

Vous pouvez ensuite accéder à des poèmes lus en audio. Et vous pouvez également téléphoner au numéro qui s'affiche sur le site afin d'entendre l'un des 30 poèmes (à ce jour) proposés en lecture. 

C'est magique !

Le site est .

Portrait 4 : illustration de Henri Cachau

Pour en savoir plus, contact : henricachau@free.fr



De Lancelot Roumier (extrait de T-B 93)

 
la place que ça peut prendre
dans la matière noire
nos chemins de terre
ou de bitume
c'est pareil
ça ne compte presque pas
dans les nébuleuses
les galaxies
mais c'est là
un rien fait de choses
entre les choses

Image de Pierre Vella


Traction-brabant 98

Cela m'a fait une drôle d'impression quand j’ai croisé un ami l’autre jour et que je lui ai raconté être parti chercher Traction-brabant. À cet instant, j’ai eu comme une révélation. Et si Traction-brabant était devenu mon enfant ? Ah non ! Arrêtez ! Je n’en suis pas encore arrivé à ce stade !

Simplement, maintenant qu’elle a atteint sa majorité, Traction-brabant brûle de prendre son envol, ce qui m’énerve assez ! Je sens comme une envie de sa part de se mettre à la littérature ! Quelle prétention ! C’est du beau ! Quand je pense que je la nourris depuis toutes ces années ! Si elle continue à m’embêter comme ça, je ne suis pas certain de survivre à tous ses caprices ! Je vais être obligé de lui couper les vivres. Si elle veut devenir écrivain, elle se les paiera, ses études de lettres modernes ! Ça lui apprendra la signification de l’expression : voler de ses propres ailes.

Il faut dire que ce n’est pas toujours facile pour Traction-brabant. Depuis que son petit frère est né en 2012, elle se montre parfois jalouse. Citron Gare est très mignon, et d’ailleurs, je m’applique à fond pour parfaire son éducation. Alors que je me suis jamais beaucoup soucié de l’apparence de « Traction-brabant ». Si elle se met en tête d’être coquette à présent, je ne pourrai plus m’occuper du petit Citron Gare, qui a bien besoin qu’on le protège ! À dix ans à peine, pensez-vous, il ne connait rien de la vie ! Lui aussi, je dois lui épargner les mauvaises rencontres qu’il peut faire à la sortie de l’école, à commencer par les littérateurs, ces êtres malfaisants qui vous embobinent pour une gloire supposée. Si je n’y prête pas attention, il se fera entuber direct !

À cet égard, Citron Gare n’est pas non plus tout blanc ! Dès que je passe trop de temps avec Traction-brabant, il pique de ces crises ! Evidemment, Traction-brabant est le fruit d’un amour de jeunesse ! Tandis que Citron Gare est le résultat de ma sagesse d’adulte qui fait que je lui réserve un brillant avenir. Du coup, ça m’embête car il ne faudrait pas que Traction-brabant pense que je la prends pour une punkette qui tourne mal.

Moi, je vous l’dis ! C’est pas facile d’élever tout seul deux enfants, quand en plus, il faut travailler pour gagner sa vie !     

P.M.

Image d'Alain Minighetti


 

Le site de Marc-Albéric Lestage

En suivant le lien ci-après, vous pourrez faire un tour sur le site de Marc-Albéric Lestage, qui décrit l'ensemble de ses activités artistiques, notamment musicales (d'interprète multi-instrumentiste et de compositeur) et poétiques (par la publication de recueils à la fois denses et à la forme d'objet-livre originale).

Pour y aller, c'est ici.

Tuesday, May 03, 2022

De Delphine Evano (extrait de T-B 80)


danse

place du nord
aux froides saisons tourne un soleil de soie défraîchie
ici rien ne bouge

agrippés aux élans des départs
les bouches barbelées les murs dans les têtes prolifèrent au pays
des proies de l'homme

combien parlent
d’ADN noircis au bitume
de cargaisons de bras de jambes comme un bétail à fond de cale

tandis que dans la nuit recommencent inlassablement les transes du sexe qui a faim
dans la main
les rats
les bouts
de bois
flottés
d'hommes
dansent encore

Wednesday, April 27, 2022

Traction-brabant 92

Cette idée lumineuse nous pendait au nez. Voilà t-y pas que les intellectuels de la haute et autres business men voudraient que Rimbaud soit enterré au Panthéon en compagnie de Verlaine. Bon, s’il aboutit, ce changement de sépulture n’empêchera pas la terre de continuer à tourner. Depuis le temps qu’il y a des catastrophes plus graves, y compris dans la sphère intellectuelle – par exemple, la mise en péril de la liberté d’expression pour les enfants de Charlie Hebdo – cette panthéonisation ne constituerait qu’une récupération de plus. Néanmoins, elle est révélatrice du gouffre qui sépare la bien-pensance parisienne des poètes de terrain que nous sommes.

Si mettre Rimbaud au Panthéon est un symbole de lutte contre l’homosexualité, nous ne pouvons nous empêcher de penser que cette manière de réduire la révolte de Rimbaud à un épisode de sa vie (liaison avec Verlaine), montre que ces intellectuels de chambre – c’est le cas de le dire - passent à côté du plus important, en voulant à tout prix sortir quelques poussières de leur continuelle tristesse.

Car notre poète est plus provincial et plus populaire que ça. Et ses contradictions d’homme contribuent à son aura. À côté de ça, l’ombre impressionnante du Panthéon est celle de l’ordre établi auquel le poète s’est dérobé, en partant à l’autre bout du monde pour vendre des peaux. La preuve en est que Rimbaud est demeuré un anarchiste en même temps qu’il est devenu un homais.

Ainsi, le petit cimetière étriqué de Charleville lui ressemble mieux que tous les beaux palais du monde. Car libre soit cette infortune, et nul n’échappe à son destin, malgré les apparences. Or, ce qui nous intéresse, c’est que Rimbaud, avec sa jambe coupée, partage notre misère d’êtres ordinaires. Quand nous peinons à accéder en plein vent au bout de ce monde qu’est sa dernière demeure, nous y sommes à fond, dans sa vérité.

De ça, nous ne voudrions pas être privés. En effet, le parcours du marcheur aux semelles de vent est moins consensuel que son homosexualité : thématique censée mettre au contraire à peu près tout le monde d’accord.

À cet égard, mieux vaut toujours en revenir à l’écriture survoltée de Rimbaud, dont la vitesse de pensée, la richesse des images, l’amour de la sauvagerie et de l’aventure ne sont pas encore digérées aujourd’hui : la preuve en est !

Oui, quand on voit à quoi ces intellectuels de haut vol ramènent la vie du poète, la superficialité de leurs pensées, dont en plus ils se vantent, est à pleurer de rage… ou de pitié !      

P.M.

Thursday, April 21, 2022

La poésie selon Yvan Avena et pas mal selon Malta (Traction-brabant 30/31)

Théorie de la littérature


Pour une certaine catégorie d’intellectuels la poésie est essentiellement un dérèglement du langage établi et, à ce titre, elle doit être regardée comme une forme de déviation sémantique suspecte. Pour d’autres il s’agit d’un alignement, plus ou moins harmonieux, de mots et de pensées hautement spirituels, dignes d’attention pourvu qu’ils respectent les règles grammaticales. D’autres encore nous expliquent que ce qui est important n’est pas ce qui est dit, mais ce qui se cache derrière les mots. Mais le fin du fin, l’excellence, le Nirvâna, c’est quand ce qui est caché dans le poème est vide de sens, vide de contenu, vide de tout engagement car alors nous entrons dans le vénéré domaine de la poésie « pure ». Plus le poète est abscons plus « pur » il est considéré.

Parallèlement, ces milieux intellectuels hautement raffinés cultivés et établis, qui se délectent dans la recherche de sens cachés de mots qui ne veulent rien dire, s’acharnent, sans relâche, à dénigrer la poésie engagée qu’ils assimilent, quelle que soit sa valeur littéraire, à de la propagande. Ce sont des théoriciens qui ont décidé un jour que « l’on ne fait pas de la bonne poésie avec des bons sentiments» ? Comme si le fait de n’avoir pas de sentiments – ou pire encore : de les cacher… - était un obstacle pour écrire de la bonne poésie.

J’affirme ici que, si l’engagement social ne fait pas nécessairement de bons poètes, l’égoïsme et l’indifférence ne seront jamais de bons ingrédients pour la vraie poésie.

[Note du poézineur : c’est marrant, ce qui est décrit là dedans, j’ai déjà vu ça quelque part]

Monday, April 18, 2022

Incipits finissants (96)

 

L’âge de départ à la retraite inquiétait le pouvoir. Décidément, ne ferait-on pas basculer trop tôt les gens dans l’inactivité ? Les craintes étaient énormes : risques de dépression, déresponsabilisation etc.

Il devenait donc crucial de s’assurer que la retraite ne provoquait pas des séquelles irréversibles chez les personnes concernées.

Le gouvernement désigna donc une commission d’experts qui lança une expérimentation sur un panel d’individus et, dans un souci de bonne communication à l’externe de mon entreprise, je fus désigné d’office pour participer à une phase-test des plus violentes.

Je devais ne plus conserver d’activité professionnelle, tout en gardant les trois quarts de mon salaire d’avant. L’expérimentation devait durer à minima 5 ans En tout état de cause, au bout de deux ans maximum, il fallait que je montrasse des signes de dépression. C’étaient les experts qui le disaient.

Les premiers temps furent difficiles car désormais, je ne faisais rien d’utile pour le chiffre d’affaires de mon entreprise. Quel enfer ! Ne plus me lever à 6 h 30 tous les matins, m’installer à la terrasse des bars de la ville et prendre le temps de boire mon café du matin, lire le journal ou n’importe quel livre. C’était difficile d’être en retraite. Vraiment j’en ai bavé. Mais après de violents efforts, je parvins à m’adapter à mes nouvelles habitudes.

Les experts – des scientifiques – n’en revenaient pas. J’aurais dû afficher un teint plus pâle, voire blafard, caractéristique d’un ennui profond. Hélas, au contraire, j’en profitai pour me remettre à la gymnastique et au jardinage et je commençai même d’apprendre à jouer du piano.

Au bout d’une année d’attente, le doute n’était plus permis. Ma trajectoire n’était pas la bonne. Je dormais huit heures par nuit sans discontinuer. En outre, j’étais bronzé et il m’arrivait de rire.

Ainsi, les experts se mirent d’accord pour faire cesser cette initiative insupportable qui risquait de déboucher sur un scandale : ça finirait par se savoir que la retraite pouvait rendre des gens heureux.

Par conséquent, je fus ramené au boulot illico presto en fourgon blindé et sans sirènes. Depuis, j’ai pu reprendre des habitudes plus saines. La preuve, c’est mon patron qui le dit !     

P.M.

Incipits finissants (98)

Depuis trente-cinq ans de pratique régulière de la poésie, j’écris avec davantage de sûreté, sans m’être imposé cet objectif, sinon il y a l...