Wednesday, September 09, 2020

De Michel Raynaud (extrait de T-B 94)

La pureté était devenue le maître mot. Alors, pour ne pas laisser de traces malencontreuses, dans la neige j’ai marché pieds nus. Au bout d’un moment mes pieds brûlaient. Pour pouvoir continuer j’ai marché sur les mains, chaussées de gants immaculés. Le résultat fut le même et je décidai pourtant de persévérer. On n’a rien sans rien. Mais, épuisé, je tombai, aussi mort qu’on peut l’être. Je suis bien embêté car je n’avais pas pensé à me renseigner : en attendant que mes os blanchissent je ne sais pas comment on peut mourir proprement.

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