Friday, October 15, 2021

De Stéphane Mongellaz (extrait de T-B 95)

SECOURS DE LA BÊTE (I)

Le Printemps est une chance pour qui sait ce qu'il en coûte d'hiverner, de trahir l'intérieur de sa maison en y renforçant les murs d'une réflexion rotative, fracassée contre les fenêtres closes qui refoulent les ombres aériennes, ou bien de réchauffer sa bouche avec du coton piqué d'écailles, laissant le sol se bomber d'osselets couverts d'ivoire.

Le Printemps est un chaînon timide entre l'immobilité de la souche et la résurgence de sa verticalité, entre le souvenir de l'épine et son empreinte de sang. 

Le Printemps est un retour douloureux qui découvre à lui l'apathique réconfort du feu, et qui, combinant marguerites et pâquerettes humbles lambeaux greffés au cœur, étire le regard dans le mouvement que laisse à la branche l'envol du Corbeau.      

No comments:

Incipits finissants (95)

Je m’excuse par avance de plomber l’ambiance avec cette anecdote pas vraiment drôle pour le commun des mortels. C’est l’histoire de quelqu’u...