Tuesday, March 17, 2020

Incipits finissants (99)

 
Je ne peux m’empêcher de penser, avec beaucoup de naïveté, que certaines personnes sont trop bien payées pour ce qu’elles font de leurs journées.
Joueurs de football, actionnaires. Cela paraît évident. S’ils étaient rémunérés en fonction de leur temps de travail, combien d’heures par semaine devraient-ils travailler ?
On peut ajouter à cette liste non exhaustive, d’autres activités : immobilier, achat-revente (voitures, grandes surfaces alimentaires), grâce auxquelles, même si le risque existe, des intermédiaires se rémunèrent grassement sur le dos de la bête.
Ce qui fait mal, c’est de ressentir que ces boulots célébrés ne semblent pas intéressants. On les résume par le mot de négoce. Ça ne créé rien et ça repose en partie sur le bagout. Bref, tout ce qui relève du commerce, de la communication, voire même… de la politique !
Et force est de constater qu’une parole totalement vaine, recèle davantage de valeur financière que des actes ou œuvres visibles.
L’exemple-type est celui des agriculteurs, quand il en existe encore de petits, du personnel soignant qui sauve des vies, mais aussi, plus généralement, des travailleurs manuels, pas assez reconnus dans la société d’aujourd’hui.
Quant aux artistes, lorsque l’on voit ce qu’ils produisent, ce n’est pas du vent, et pourtant c’est mal payé, en général.
Seulement, à ce point de ma démonstration, le doute me prend. Vouloir être bien rémunéré dans ce domaine de la création artistique, n’est-ce pas faire passer, avant toute considération d’utilité immédiate, sa passion qui n’est guère partagée par les autres ?
De plus, on dira tout ce qu’on voudra, mais le joueur de foot intéresse plus de monde que le poète plein de bonne volonté qui veut avoir une fonction sociale. Donc, c’est peut-être normal que le poète soit moins payé.
Et si la rémunération était proportionnelle au manque d’intérêt des missions à réussir ? Autrement dit : mieux vaudrait être davantage payé pour exercer des tâches ingrates, de nature administratives, par exemple, que personne n’accomplirait s’il n’y était pas obligé. Ainsi, donc, faudrait pas vouloir le beurre et l’argent du beurre et tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes ?
Pourtant, l’exagération est manifeste aux deux extrémités de la chaîne, chez les plus pauvres comme chez les plus riches. Soit pas (assez) payés, soit trop. Et J’y reviens dans ma tête, je n’en sors pas, comme dans un cercle…   

P.M.

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