Friday, September 30, 2022

Traction-brabant 100

Nous y voilà. Je n’y ai jamais cru et m’en suis même foutu jusqu’au numéro 90. 100 numéros de « Traction-brabant » comme 100 ans, c’est trop vénérable. Quand je repense à mon état d’esprit lors de la création de T-B en 2004, il y avait de la fraicheur dans tout ça. Beaucoup de révolte. Envie d’œuvrer sans penser à l’avenir. Pas un truc de vieux. D’ailleurs, comment prétendre à quelque chose ? Le premier numéro existant à 50 exemplaires, tous photocopiés, les illustrations collées sur la maquette. Puis T-B a continué d’exister, sans que j’y réfléchisse longtemps, se perfectionnant au fil des années. Participation aux frais à partir du numéro 15 (décembre 2006), fin des copies après le n°28 (mars 2009), idem avec le papier calque, remplacé par une couverture couleur à compter du numéro 55 (janvier 2014) et enfin, abandon de l’agrafage manuel après le n°89 (septembre 2020).

Mais qu’est-ce que représente aujourd’hui à mes yeux Traction-brabant ? Une publication de poésie modeste, qui respire depuis 18 ans sans subventions, sans comité de lecture et sans thème imposé. C’est sûrement grâce à toutes ces absences que T-B vit toujours... Sauf que le talon d’Achille est là. T-B ne se perpétue que grâce à mon énergie et à ma santé. Si je perds les deux, c’en sera fini de lui. Donc, je ne fais pas le malin. Histoire de vous amuser : il me semble impossible d’en sortir 200 numéros. Et je ne suis pas sûr que cela soit souhaitable. Car les choses ont évolué depuis 2004. Est-ce que la valeur d’un poézine papier est toujours avérée ? J’en suis convaincu, mais tous les lecteurs de poésie sont-ils de cet avis ? Ne croyez pas que le doute m’emporte. La passion est intacte, et les contraintes itou : manque de temps surtout, du fait d’une activité professionnelle qui va s’éterniser…

Par contre, je livre un constat lucide : si tous les autrices et auteurs se retroussaient les manches pour créer leur publication, nous serions davantage lus (par quelques-uns). Las !... depuis la création de T-B, la plupart ne semblent pas avoir pas eu cet élan, pensant que le fait de s’occuper de leurs seuls poèmes les sert mieux, ce qui n’est pas certain dans tous les cas. Et les plus intrépides se lassent. Pourtant, animer et fabriquer une revue est l’activité la plus passionnante que je connaisse. Le frisson provient de ces nouvelles écritures à découvrir… qui ne va pas de soi, et donc il s’agit à chaque fois d’une vraie surprise.   

P.M.

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