Wednesday, February 25, 2015

Traction-brabant 101

La planète brûle. L’eau commence à manquer. Nous souffrons de la chaleur. Le prix des matières premières augmente. Vite, il faut faire quelque chose, apprendre à vivre autrement, moins consommer, retrouver le goût de la simplicité, protéger la nature.

De ce point de vue, la poésie ne semble pas en retard, puisqu’elle parle des saisons depuis des siècles.

De plus, beaucoup de poètes vivent à la campagne, ou du moins, à proximité du vert, même si, sur ce point, je n’ai pas de statistiques valables à vous livrer. J’ignore si elles existent, est-ce que quelqu’un y a pensé ? Donc, pour une fois, les poètes se font éveilleurs de conscience. Ce sont de vrais militants. Ils aiment et ils agissent.

Agir ? J’ai comme un doute, soudain.

Les poètes possèdent des connaissances sur les animaux et les fleurs, tout particulièrement, et aussi les arbres. Ils décrivent à merveille les paysages, les singularisant par le recours à des articles définis afin de nommer ce qu’ils observent : « le », « la »…En somme, ils ont bien révisé leurs cours de sciences naturelles et leur grammaire...

Cependant, ne sont-ils pas plutôt dans la contemplation que dans l’action ?

Avec leurs œuvres, je me balade dans une exposition. Pas bon signe certes, si la faune et la flore ressemblent à un musée…on ne va pas s’amuser, du coup ! D’ailleurs, l’oiseau ou la fleur ont déjà perdu pas mal de leurs congénères. Ils se retrouvent bien seuls, tel le poète. Et ils ne bougent guère, le poète comme l’oiseau. Misère de misère !...

Elles sont loin les belles histoires d’animaux de Pergaud, où l’on voyait les animaux tracer leur chemin à travers les buissons. L’affut de la chasse, pas trop leur truc, aux poètes. La nature, d’accord, mais à distance respectable.

Déjà, pour aimer de près le végétal et l’animal, il faudrait kiffer le pourrissement et comme dans le tambour d’une machine à laver, ce cycle sale des saisons : trop chaud trop froid, très pluie ou très sec. Pour le poète, hélas, seul le printemps compte…

Du coup, peu de monde écrit de l’intérieur la poésie de l’extérieur : sombre, épaisse, profonde, dense et menaçante parfois.

Je l’affirme juste pour que vous me dénichiez de pas trop jolis contre-exemples.  

P.M.

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Incipits finissants (25)

Veuillez m’excuser. Il m’a fallu attendre le dernier printemps des poètes pour que je réalise que le métier de poète pouvait exister. Avant...