Tuesday, September 15, 2009

Traction-brabant 26

Depuis que je m’intéresse à l’écriture, je me suis rendu compte d’une chose flagrante : les auteurs, revuistes, éditeurs ne savent pas écrire… de lettres. Oui, bien sûr, les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés mais avouez que ça craint. Un auteur lauré, voire un éditeur qui n’est pas cap d’aligner deux mots l’un derrière l’autre sur une page… ça me paraît assez débile cette situation. Alors debout les morts ![1] Je n’irais certes pas jusqu’à prétendre que les poètes sont des autistes ou des misanthropes… ah non sûrement pas ! Faudrait surtout pas que je donne dans le mauvais esprit !
C’est pourquoi il est préférable d’en revenir aux bons vieux fondamentaux des familles (pour une fois !) : alors pour faire simple, c’est pas compliqué. Vous allumez votre écran ou vous prenez une feuille de papier, puis vous vous saisissez d’un crayon, vous savez, comme à l’école, ou vous gigotez votre souris, vous me suivez ? Ensuite, vous vous concentrez dix secondes et vous écrivez un mot sympa : j’en connais deux pas trop longs, à apprendre par cœur : « Bonjour » et « Merci ». Et pis vous vous entraînez tous les jours comme pour vider un verre de rouge ou courber l’échine pendant une journée de labeur : chronomètre en main, écrire « Bonjour » et « Merci » en sept secondes, c’est jouable. Et encore, en étant des bleus. Essenine, avant sa disparition, a utilisé le rouge sang. Mais bon, même sous perfusion, il y a sûrement moyen d’écrire avec le sérum du cœur.
Si vous objectez qu’il vous faut vous occuper de votre progéniture nombreuse, associez vos gosses : armez-les de crayons de couleur et entraînez-les à être humains : ils ne deviendront pas pour autant des aplatis du bulbe.
Enfin, finissez l’ouvrage par un clic de souris afin d’expédier le message ou alors imitez Lucky Luke : vous garez Johnny Jumper sous votre fenêtre et vous foncez vers la grosse boite jaune immobile à l’horizon.
Voilà de quoi soigner nombre d’états d’âme dépressifs. Mieux que ça, j’ai l’argument qui flingue : soyez vivants avant d’être morts : ça peut servir à vendre vos bouquins !
[2] Alors là, mon cynisme libéral est du meilleur aloi



P.M.
[1] Si vous n’êtes pas convaincus de la valeur des lettres, relisez celles de Van Gogh à son frère Théo…Moi, j’aimerais écrire comme ce peintre…[2] Pas autant que lorsqu’on est morts mais jusqu’à présent pas moyen de savoir si les élus sont au courant alors…

6 comments:

sebastien ayreault said...

La question, c'est :
que ce que je fous sur myspace à lire des textes de merde ?!
J'étais limite déprime aprés avoir lu ça :
"La douleur m'insupporte / Mais je la supporte"

Et rheusement,
j'ai réussi à me dégager de cette bouillie,
A ouvrir ma boite mail, cliquer,
Et venir là :
Ton texte m'a remis en joie!

beardy roro said...

dis patrice ? rappelle moi ! une lettre ? c'est un truc en papier où c'qu'on écrit des mots ? et puis après on plie le papelard ? on le met dans un préservatif blanchouillard ? et on suce une truc dégueu : un timbre , je crois m'en souvenir ? et on colle le dit timbre sur le dit préservatif : en laissant plein de traces d'Adn très "identifiables" (suffit de lire des polars pour pas se faire niquer comme un benêt )
alors donc gars ! très peu pour moi ! pas envie de me faire "repérer" ! pas con le mec !

et sur Nenet c'est bien pire ! tu tapes le mot "poésie" et vlang blang de chez gang bang tu te prends un simmile hors sol hors air dans la tronche !
je ne comprends même pas comment je peux oser "poster" ce "comment"

Mysticanar said...

Bonji, merçou...flûte, c'est pas ci! je remenconce : monci, berjou...
Ohlili! ça pas vou du tat!
chépus! chépuzécrir!
Hourc! Osecoulp!

David said...

Bonjour,

Je suis vraiment outré que Lucky Luke, en plus d'avoir arrêté de fumer, ait changé de cheval ! C'est qui ce Johnny ?

Merci

Anonymous said...

Longtemps j'ai commencé mes lettres par un M.
J'ai perdu mon temps.

Fabrice

Anonymous said...

Il n'y a pas que les cordonniers, beaucoup de poètes sont mal chaussés -et j'ai connu des cordonniers qui écrivaient comme des pieds, des poètes quoi. Une histoire de semelles la poésie.

Fabrice

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins