Friday, September 10, 2010

Traction-brabant 35

Il y a quelque temps, j'ai eu l'occasion de participer à un festival de lectures, en compagnie d’auteurs connus que je ne connais pas, moi Pat Malt. Relisant la liste des participants, une sensation de malaise m’est venue car parmi eux il y avait Jack Malone, Steve Austeen, Jeff de Bruges, Jeanne d’Albret, London Jack, Rita Zoreilles, Tony Risso, Sandy Namite, et même Lazare Hoche.
Mon dieu, ou je rêve, ou ces gens ne peuvent exister dans le vrai monde, dans lequel l’usage de ces pseudos me paraît un peu court…
Jack Malone effectue-t-il un déplacement à titre personnel ou professionnel ? Steeve Austeen est-il plus fort qu’avant l’accident ? Jeff de Bruges est-il boulimique en Belgique ? Jeanne d’Albret a combien d’enfants ? London Jack est-il propriétaire d’un ranch ? Rita Zoreilles a-t-elle absorbé des hormones de croissance pour avoir de tels coquillages ? Tony Risso sort-il toujours du phonographe ou du pornographe ? Sandy Namite a-t-elle la TNT dans son sac à mains ? De quelle campagne arrive Lazare Hoche ? … Bien sûr, ces artistes ont donné un spectacle réussi au sein duquel je me sens marron marri merci. Bon, après, il y a un pot. J’ai hâte de savoir si mes compagnons peu coopératifs sont aussi balaizes dans la vraie vie que sur scène.
Jack Malone me demande si je n’ai pas un tube à essai à faire expertiser, avec des copeaux de charme à l’intérieur.
Steeve Austeen rouille à cause du rouge.
Jeff de Bruges se trompe de canaux à force de tout miser sur le sucré.
Jeanne d’Albret qu’a l’vin n’est pas plus drôle pour autant.
London Jack enterre dans le whisky ses plus récentes velléités littéraires.
Rita Zoreilles ne boit que de l’eau du bain.
Tony Risso réactualise le gel capillaire.
Sandy Namite porte comme dans la BD une coiffure en pétard et c’est encore elle que je préfère.
En général Lazare hoche la tête.
Mis à part ça, je n’en sais pas davantage sur ces artistes en goguette. Au bout d’un moment je me demande s’ils sont vivants. J’ai envie de leur crier, vous n’êtes plus sur scène. Rêvez-vous tels que vous êtes mais c’est mort. Moi qui croyais que toute cette littérature raccourcit la distance entre l’être et le paraître, elle l’augmente plutôt. Et je me sens triste de ne pouvoir soulever le rideau du théâtre pour voir s’étendre la scène qui est derrière, peuplée de pauvres humains.

                                                                                                                                                   P.M.

3 comments:

Anonymous said...

La dernière fois ces participants m'avaient demandé d'enlever mon masque. A quoi ça aurait servi, je ne suis jamais dessous.
J'aime bien ton texte, dans toute son humanité

Fabrice

francoise said...

A lire cet édito, on a l'impression qu'il s'agit d'une fiction. Mais il semblerait qu'il y ait trace de réalité. Tous ces pseudos pour des auteurs-lecteurs en chair et os...cela laisse désagréablement perplexe. En même temps ce n'est pas étonnant, c'est dans l'air du temps non?
F.B

Anonymous said...

Je voulais savoir ce que peuvent faire les travailleurs à une abeille dans son esprit en mouvement de sorte que c'est -il pas de suite qui ne pouvait pas transformer une vraie réponse .

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins