Saturday, August 29, 2009

De Pierre Saunier (extrait de T-B 35)

Dans le circuit total il n'y a ni marches funèbres ni baptèmes
Il n'y a que des grésillements
Des bruits de portes qui claquent dans des couloirs
Des interférences
L'eau qui passe et se frotte à l'eau
Au pied d'un pont

On ne meurt ni ne nait, il n'y ni cimetières ni maternités
Les blouses blanches brûlent, les cadavres copulent avec les vivants
A la vitesse d'une vitre frappée par un rayon de soleil
Tout le monde part et devance le monde
La station assise n'est qu'un degré du mouvement
Qui anime la main que le buveur porte à son verre

Le rubis du vin se répand en chansons
Sur le rythme des tables qui battent
Et la parole grise du géniteur
Se penche sur la tête de l'enfant pris au piège

On remet les couverts dans un meuble
Et ce meuble se remet à sa place
Dans des soupirs d'amour qui exultent
En deux trous enfin confondus

Dehors bouge à la fenêtre avec le cri des grillons
Posés sur l'herbe d'un village en déménagement
Quand les douze coups de cloche de l'église
Sont emportés sous le bras du vent

Il n'y a ni cordon à couper ni viatique à emporter
Dans le circuit total
Il n'y a que la musique
Des voix qui s'appellent et s'évitent
Avec peur et pitié

No comments:

Blog Archive

About Me

My photo
Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins