Tuesday, January 03, 2017

Incipits finissants (36)

Hier soir, vers 21 h 30, un poème a été déclamé au Café "Le Colibri", rue du Château de la Pompe à sec dans le 15e arrondissement de P.

Le sinistre s'est déclaré alors que les clients du café assistaient à la retransmission du match France Italie. Un individu d'une trentaine d'années, armé d'une feuille blanche remplie de caractères noirs, a fait irruption au milieu des téléspectateurs et a commencé à prononcer, devant une cinquantaine de personnes impuissantes, les mots écrits sur une liasse de feuilles volantes. Il semble que ces derniers appartenaient à l'individu, ainsi que l'attestent les témoins présents sur place.

Alors que le poète attaquait sa deuxième strophe, les clients du Colibri n'ont pu que constater qu'ils avaient raté le but marqué par la France contre son camp, ce qui a provoqué un émoi indescriptible. Les secours arrivés sur place, les sections du Ministère de la Propoésie, les Brigades des Cabanes Poétiques, les membres de la Direction Régionale de la Potion Culturelle, les Cercles des Poètes à la Blouse Blanche, la Direction des Archives Poétiques des Sablés de France, la Société des Poètes Réfléchis, l'Association Culturelle des Alexandrins Alpins, le Cénacle des Poètes de la Harpe et du Vent, ont dû assister, impuissants, aux conséquences de ce geste désespéré.

Un des clients du bar perdit connaissance lors de la onzième page du poème. Enfin, l'individu, auteur de la sauvage irruption, et de surcroît de nationalité étrangère, a pu être neutralisé au bout d'un quart d'heure et ses feuilles confisquées, alors qu'il menaçait de placarder certaines d'entre elles sur l'écran de télévision.

Ainsi, l'incendie de poésie, qui menaçait de se propager dans tout l'immeuble et jusque dans la rue, a finalement été maîtrisé grâce au soutien logistique des professionnels de la culture. Le versement de suventions a été nécessaire pour empêcher que des émeutes poétiques se déclarent dans toute la capitale, mettant en danger la santé des télésportifs.

Le Président de l'Association des Poètes Français de France a déclaré lors d'une intervention : "Cette fois-ci, nous sommes passés très près de la geurre civile et nous ne devons le retour du calme qu'au sang-froid de nos équipes de pompiers du poème".

2 comments:

Anonymous said...

ça c'est de l'incipit!

Fabrice

Anonymous said...

quand j'en peux plus de la rue et d'mon blog, j'm'en va boire un coup chez le blog de Patrice! Chez lui au moins on s'prend le coeur, pas la tête!

Fabrice

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins