Wednesday, November 30, 2011

De Grégoire Parville (extrait de T-B 54)

Oui, nous sommes frères, nous avons grandi côte à côte
nous avons joué sur des steppes immensément grandes
les barrières du monde comme ridicules limites
nous avons couru si fort que la terre a tremblé
nous nous sommes perdus pour nous voir pleurer
mais nous avons ri
L'aube et le soir ne pouvaient plus nous suivre
toujours un temps d'avance sur le crépuscule
nous avons blanchi nos draps, nos visages et nos nuits
tant que fête se peut
nos vies, immaculées
Mais ne jamais vieillir fait parler la peau
nous voulions des marques, des traces, des couteaux
s'appartenir
se sentir fixés
nous avons cherché à contre courant
la flèche du temps
du big bang à nos morts
de l'ordre vers le désordre
il fallait se retourner et sentir le vent
dans l'inévitable propagation de l'univers
fiers de ne pas flancher
comme tout le monde
en montre molle
Nous aurions mérité une bonne baston
pour confronter nos forces vitales
savoir lequel de nous deux
partirait le premier
mais nous avons grandi côte à côte
et dans la tempête c'est pour toi que j'ai pleuré
Maintenant je sais
que rien ni personne ne peut t'empêcher de mourir

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins