Friday, June 05, 2009

De Stéphanie Bejian (extrait de T-B 57)

Tout me rappelle

l’enfant qui accourt vers qui
courir vite ne pas basculer sur les rails
plutôt dans tes bras sur tous ces quais
de gare indues les heures

une boulangère qui levée tôt
tôt toi levé ne pas avaler trop vite
viennoiseries chaudes au palais
mélangé à ta langue du matin si frais

l’homme jamais en cuisine
assiettes désassorties ébréchées
se côtoient les tomates cerises les pistaches
et nous regardent danser sur le lino usé

les étreintes entretenues puis éteintes
partout touchée du dehors au dedans
des veines conquises puis abandonnées
les étreintes au profit des atteintes

Paris Pompidou préféré à la Tour esseulée
des parcs aux musées, errer plutôt qu’avancer
tout ce qui n’est pas capital pour les amoureux
attendris sur des ponts à regarder voguer

la voix ébranlée du poète basculé
pour qui la forme dit le sens choisi répété
syllabiquement pour faire entendre autant
le son du mot aimé que le nom de l’aimée

l’attente de revoir celui que plus jamais
échappé de son isolement a volontairement
fui fui fui dans un imaginaire de nuit et de
misère plutôt que dans la vie a fui a fui la vie

la joie son éclat et sa division bientôt
venue plus vite claque le métronome
des temps irréguliers dans l’appartement
blanc devenu marée de sanglots bien tôt

les arcades les feux les soupirs pénétrés
entrés les ennemis les dépêches tombées
c’est la mode la cure on récure
faire disparaître toute trace du passé

et tout me rappelle échappée belle 
pas fidèle à une vie au rabais et tout
tout me rappelle lune ne luit plus soleil
disparu sous les marais l’arc est en fiel

No comments:

Blog Archive

About Me

My photo
Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins