Friday, April 19, 2013

D'Antoine Maine (extrait de T-B 58)

À l’horizon

À l’horizon de cette nuit
Passent encore passent sans fin
De longs wagons couleurs d’ombre
Couleur de pluie et puis s’en vont
Dans la déroute des lueurs

Là plus de chien pas même un loup
Nul ne pourra changer le cours
Ainsi ainsi va notre peur

Rideaux tirés sur la pagaille
Des jours laissés en contrebas
Le long convoi borde les rues
Tout encombrées de maisons basses
Pauvres jardins mangés de rouille
Haies qui s’écroulent sous le poids
De nos silences lourds comme pierre

À quai des hommes sans couleurs
Les bras chargés de souvenirs
Attendent et c’est depuis longtemps

Après le talus on devine
Dans l’herbe sèche le creux tiède
Où firent litière les amants
Leurs corps noués dans le matin
Haleine chaude au ras du ciel
Ils ont pris le chemin d’hiver
Celui qui longe notre oubli
Celui qui mène aux peupliers
Et dans l’abri secret des branches
Les oiseaux ferment les paupières


J’ai laissé tellement de nuits
La cendre à la peau d’une femme

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins