Wednesday, July 14, 2010

De Joseph Pommier (extrait de T-B 59)

L’afflux rapide des pensées mornes
Emplit d’une joie monocorde
L’espace usuel où l’esprit clapote

Densité nue
Veuvage dru
Posture indue

Et tout le tintamarre des insectes velus
Qui grignotent qui sapent qui remuent
Et s’en vont repus avec des cris aigus

C’est l’ordinaire du petit porteur
Celui qui n’a que des bribes à mâcher
Des paroles fluettes empilées dans sa tête
Et dont le murmure parfois se teinte de marbrures
Formant des taches suspectes sur un visage rude

Celui qui stagne dans le froid comateux
Et se réchauffe en écoutant sa voix bossue
Filtrer dans le déprimant jour coulissant
D’une petitesse casanière et véreuse et recrue
Puis s’abîmer dans une sorte de récipient

Encore une fois il faut se hisser hors du lit
Se mouvoir dans un périmètre étroit
Empreint de vulgarité dépiauter ses rêves diffus
Et moduler ses pleurs pour les rendre moins plats

Sur le rebord de ses doigts des poussières rêches
Composent une suite de signes ineptes
Elles sont la seule parure qu’accepte
Une ossature réduite à l'état de spectre

No comments:

Blog Archive

About Me

My photo
Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins