Friday, July 17, 2020

De Pascal Mora (extrait de T-B 80)

Casquette, gants et bottes
Le balayeur amasse le déchet des rues,
Son balai de brande racle les épluchures
Les vestiges des repas vite pris.

Il réunit la boue des faubourgs
À toute la couleur puante des trottoirs
La troupe des bureaux s’écarte.
Il ouvre lentement sa main
Il regarde et voit à travers
Paume des palmiers, palme des tambours.

Et le printemps du jour ruisselle sur les branches
Les clartés passent derrière les pins,
Les routes bordées de platanes.
Elles diffèrent à chaque tableau du jour,
Ces fenêtres d’heures obliques.

À travers la boite de pluie,
Je regarde la place,
Le visage des lieux rayonne
Sur le visage de mon frère.

Je chemine dans un paysage
De fleuves et de crues qui se nouent, se dénouent.
La vie présente se déverse
Dans les méandres de la vie suivante.

Un regard brûlant, un front clair
Où dansent les épaules nues
Couvertes des éclats de l’eau.
Reflets bleus de lampe brisée.

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