Thursday, September 21, 2006

Incipits finissants (20)

Il n’y a plus de murs, plus de routes. Le béton a fini par fondre sous le soleil devenu rouge. Le fil de fer a laissé des traces de bouillie visqueuse dans des arrière-cours revenues aux avant-postes des latrines tombées en poussière.
La terre s’est creusée en maints endroits, entraînant l’apparition de cratères distordus.
Sous l’effet de l’augmentation titanesque de la température, de nombreuses substances radioactives ont émigré vers l’extérieur qui, mélangées à du métal fondu, provoquèrent l’apparition d’une mélasse pouvant propager des brûlures au 3e degré.
C’est pourtant au bord de l’un de ces cratères qu’un peloton d’exo-terriens, atterri en filin thermique, a isolé un objet oblong taillé dans une substance inconnue, éminemment poreuse, présentant une teinte marron beige et dont l’ouverture se situe sur le dessus.
A l’intérieur, de plus petits pavés de couleur pâle, avec à leur surface de nombreuses taches, ont attiré l’attention de nos chercheurs. Après avoir survécu à leur passage en sas de décontamination, les dits objets livrèrent une partie de leurs secrets. Composés de feuilles empilées les unes sur les autres et de faible grammage, l’examen de ces fragments d’ancien monde, en référence à cette période qui dura quelques milliers d’années et durant laquelle les humains peuplaient la terre bleue comme une orange, a révélé le tracé de caractères à peu près parallèles, sans doute l’écriture de nos ancêtres trop tôt disparus.
La transcription à l’identique de cette écriture, sur le modèle du moule informatique parvenu suite à l’explosion du dernier ordinateur à particules stellaires, s’est avérée peu concluante. Ainsi, ce qu’il faut bien appeler le texte suivant a été mis à jour : « Par référence à la polychromie de la représentation médullaire, le poète est tenté d’offrir un visage prédictif dont l’aporie se dissimule sous la cape de la métaphore totalitaire. Cette image, fut-elle réductrice d’un certain ordonnancement du plasma congénital, provoque en dedans la silencieuse anamnèse d’un monde clos qui échappe encore aux prébendes du signifiant». La quête de sens continue encore… P.M.

1 comment:

Anonymous said...

La quête de sens je pourrais humoriser une fois de plus cacher mon ignorance dessous et bien non : je partage avec toi ce dégoût de la bouillie visqueuse…Les martiennes ont pour sexe un gros mars fondant tapissé de caramel jusque dans le fond de leur marstrice, de plus elles ont un bleu sur la fesse (fesse unique) –quand on les fabrique on lance sur leurs cuisses (deux cuisses sur la fesse unique) une orange, on la lance très fort pour obtenir ce bleu orange unique. Voilà.

Fabrice

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins