Sunday, July 13, 2008

Incipits finissants (24)

Feriez mieux d’aller à la messe les nanamecs. Moi j’vous le dis. Laissez tomber vos théories à la con. L’autre soir alors que j’errais dans ma banlieue de la désole, je fus attiré par le son imposant des grandes orgues. Les portes m’ayant botté le derrière, je fus projeté illico parmi une assemblée recueillie de fidèles âgés de 5 à 97 ans. La messe était en latin, bigre, et le curé, dos à la foule, chanta son kyrie puis son eleison, puis son gloria puis son credo. Survint après un sermon sur le miracle des poches pleines de vent. Et enfin l’hostie, qui ne nourrit guère son pécheur. Le bois des bancs craquait. Pas une seule mouche volant à travers cette atmosphère en ruines. L’encens parfuma bien un peu mes narines, hélas j’avais du mal à ne pas ressortir à bride abattue, m’en voulant d’être tombé dans un piège aussi sot que celui de la religion vieillotte. Le portrait en semblait trop conforme à mes souvenirs.
J’étais en train de me ratatiner petit à petit sur mon siège d’inconfort quand soudain le curé fit glisser la toile cirée de l’autel, avant de revenir avec un pack de Jenlain. Le bedeau trainait derrière lui une marmite de sangria, les réductions en agrandissement virevoltaient sur des plateaux d’argent. Le sacré, non, le sucré n’était pas en reste puisque la veuve Clicquot était accompagnée par une kyrie(lle) de petits choux. Pour mettre de la bonne ambiance, le curé fit péter une K7 de folk, remballa les chorals de Bach et sortit sa guitare au milieu des chips et des cacahuètes. Les vers en tintant faisaient kling kling. Comme par hasard à ce moment là deux clodos se pointèrent et remplirent à ras bord leurs kubis. Ça c’était de la messe ! Vous me croirez sûrement pas si je prétends qu’il ne fut plus jamais question de Dieu de toute la soirée. Les femmes qui étaient là commencèrent à se dépoitrailler… et alors que le curé allait se mettre en caleçon, je réalisai tout à coup que j’étais allé trop loin.
Non, c’est décidé. La prochaine fois que j’aurais envie de pas me détendre, j’irai en boîte ou je regarderai la télé. Mais je ne rendrai surtout pas visite aux bonnes sœurs. A mon retour de l’église, j’avais bouffé pour au moins deux jours et en plus j’étais rond comme une queue de pelle.
J’vous dis les nanamecs. Feriez ben mieux d’aller à la messe !

P.M.

2 comments:

Philippe Nadouce said...

Bonjour Patrice,
J'y ai mis un peu de temps mais j'ai lu votre revue. (Beaucoup de lectures et de boulot; la pile est haute et s'écroule parfois. L'ordre en est alors changé; ceux du dessus passent dessous, etc.) et je vous dis: je suis heureux de m'y être abonné. C'est très bon. Comptez sur moi pour vous faire de la pub.
J'ai vu que vous avez publié un Polder.
Je vais l'acheté.
J'aimerais -si vous avez le temps- que vous me parliez un peu de cette collection Polder. Qui sont-ils? Comment les aborde-t-on? etc.
Voilà. J'espère que notre collaboration ne s'arrêtera pas là.
Bravo encore
Philippe Nadouce

Philippe Nadouce said...

Bonjour Patrice,
J'y ai mis un peu de temps mais j'ai lu votre revue. (Beaucoup de lectures et de boulot; la pile est haute et s'écroule parfois. L'ordre en est alors changé; ceux du dessus passent dessous, etc.) et je vous dis: je suis heureux de m'y être abonné. C'est très bon. Comptez sur moi pour vous faire de la pub.
J'ai vu que vous avez publié un Polder.
Je vais l'acheté.
J'aimerais -si vous avez le temps- que vous me parliez un peu de cette collection Polder. Qui sont-ils? Comment les aborde-t-on? etc.
Voilà. J'espère que notre collaboration ne s'arrêtera pas là.
Bravo encore
Philippe Nadouce

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins