Sunday, March 05, 2017

Traction-brabant 34

Il y a deux sortes d’auteurs, écrivains même si vous préférez, ceux qui aspirent à vivre de leur écriture et ceux qui s’en foutent, ceux qui veulent passer pour des pros et ceux qui s’en tapent. Premier constat : les auteurs qui vivent de leur écriture ne sont pas nombreux, une fois qu’en sont ôtés les profs et les journalistes. De plus, il faut reconnaître que nombre d’écrivains essentiels n’ont jamais pu vivre de leur plume, ainsi Rimbaud, ainsi Kafka et tant d’autres phénomènes littéraires. Mourir jeune peut être aussi une solution valable. Il faut également avoir, une fois de plus, la lucidité de reconnaître que l’extrême majorité des écrivains qui vivent aujourd’hui de leur plume ne vendent que de la daube. Et pourtant, pourtant, malgré tous ces contre-exemples, gagner du fric avec des mots est une profession de foi qui continue à en faire saliver plus d’un. Alors, il y a toujours la tactique j’en appelle à l’état pour payer ce que l’individu consommateur n’a pas envie de se payer, parce que ça ne l’intéresse pas. Oui, car c’est connu, l’argent n’a pas d’odeur…. Mais pour ma part je ne crois pas trop à de tels projets. Je trouve plus marrant de creuser son trou afin de créer des textes qui ne se vendent pas : bref, faire tourner la machine à vide, l’essentiel étant de ne jamais y réfléchir… Comme de toute manière la mort est en bout de course… A tout le moins, la signification de l’écriture, sa puissance de remuement des consciences, et n’ayons pas peur des mots justement, son rôle social, en prennent un bon coup dans l’aile. Alors donc, au mieux, les livres ne constituent-ils plus qu’une faible marchandise ? Et vous avez encore envie d’écrire, vous, même si ça ne sert à rien ? Ne vaudrait-il pas mieux arrêter tout de suite les frais, mettre les bœufs avant la charrue, intéresser un nombre significatif de personnes avec ses bricolages avant de vouloir gagner du fric avec ? Sans y être forcé contraint, bien entendu. P.M.

1 comment:

L.D said...

À VENDRE: manuscrit de 40 poèmes indéfectibles, couleur noir, jamais servi, 3 000 euros, à débattre.

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins