Wednesday, November 14, 2012

Traction-brabant 51

La poésie a t-elle une valeur économique ? Ouah ! Si j’attaque de manière aussi directe, vous allez vous barrer tout de suite. En même temps, n'ayez crainte. Je ne répondrai pas vraiment à cette question que d'autres ont posée avant moi mais qui demeure essentielle...

A ce sujet, j’ai juste une certitude. La poésie a au moins une valeur économique qui correspond à l’argent dépensé pour la faire connaître (frais d'impression, postaux, éventuellement de mise en ligne sur Internet, de papèterie...).

A part ça, peut-elle générer des bénéfices, ou si vous préférez, un revenu ?

Pour les auteurs qui veulent en vivre, c'est une évidence et une nécessité.

Mais comment justifier d'un bénéfice en poésie ? Doit-on quantifier son utilité sociale ? Cette utilité sociale existe-t-elle seulement ? A vouloir, dans leur intérêt, convertir la poésie en argent, certains auteurs et les éditeurs ne nous feraient-ils pas prendre des vessies pour des lanternes ? Ne seraient-ils pas en train de nous la chanter Ramona ?

Vous me ferez remarquer, il y a plein d'autres choses qui sont inutiles et qui pourtant ont un prix. Je vous répondrai : c'est pas pour ça que c'est bien !

D'ailleurs, un constat similaire peut être opéré à propos des autres arts, quand ils ne nécessitent pas beaucoup de temps et d'investissements pour exister, ne serait-ce qu'un peu.

Pardonnez-moi, mais ces taches vendues à prix d'or, je n'y crois pas, car je soupçonne que cela ne profite qu'à l'artoschte, à sa famille ou à ses héritiers, ou bien encore à des intermédiaires bidons qui se payent sur le dos de la bête.

En tant que béotien néanmoins lucide, je n'ai pas besoin de tableau pour manger, donc j'attendrais volontiers de la poésie qu'elle provoque un changement des conditions de vie matérielles de l'ensemble de la population, et pas seulement de mes conditions de vie personnelles.

D'ailleurs, c'est bizarre, on dirait que les richesses inutiles s'accroissent en temps de moindre partage des richesses. Lorsque l'artiste n'est plus que le bouffon du roi et le faire-valoir de ses généreux mécènes qui spéculent sur l’avenir et pensent à leurs tombes. On ne m'ôtera pas de l'idée que c'est assez immoral ça, non ? En ce qui me concerne, je vous rassure. La poésie n'a pas de prix, même si elle a un coût.

P.M.

1 comment:

Anonymous said...

La poésie génère plus de revenants que de revenus ! Enfin, parfois y a des prix de poésie, le poète peut empocher des sous, 1000 euros , un peu plus, un peu moins, mais là, il faut être utile socialement , transmettre les bons messages comme un César au cinéma. Finalement, en poésie, comme dans un nombre incalculable de domaines, c’est la putasserie qui est rentable.

Fabrice Marzuolo

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins