Thursday, June 09, 2005

De Fred Sheffray (extrait de T-B 62)

Nevermorge

Par un si joli temps, je plonge dans la Morge,
La cheville lestée d'un très beau boulet rond,
En fonte, lourd et noir. Derrière le champ d'orge,
Le cours d'eau, paraît-il, descend assez profond...

Le programme est heureux : flatter la rivière,
En comprendre le sens, en inspecter les creux ;
Me laisser porter sur l'unique civière ;
Oublier un instant que j'étais amoureux.

Si la pente est décente et le courant correct,
Je ne me souviendrai ni de l'étrange affect,
Ni d'avoir embrassé ton exaltante gorge.

J'espère apercevoir — en aurai-je le temps ? —
Ton visage qu'éclaire un soleil de printemps
Filtré par le grain vert flottant dessus la Morge.


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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins