Tuesday, April 24, 2007

De Ieronymos K (extrait de T-B 71)

...ET ORPHEE NE SE RETOURNA PAS
*
(Fragment d'un poème écrit sur les marches de
l'université d'Athènes)

APRES l'amour
dans l'exaltation se confondre à l'anxiété
un prostitué crie La nuit passera
Maintenant que tout est bleu
la foule sans visage
Ils sont venus
par le rêve des 3 sorcières
au cri de
TOUS LES ANTIQUES PHILOSOPHES
SONT DES TERRORISTES
Après l'amour un homme amoureux
se perd dans la rue
et quiconque le reconnaît
construit sa coquille
Dans les bordels de Thessalonique
& du Pirée
on viole la lumière propre aux icônes
– Où vas-tu Orphée
j'aime un garçon
Ne te retourne pas
mon visage est las

LES manifestations de l'esprit
fleurissent les murs
Elles hantent les têtes fêlées
couronnent d'épines
Notre Christ
Platon
notre Christ est à la potence
Vous avez abandonné le charpentage du rêve
et brûlez sur l'autel des dualistes
tous les espoirs du monde
Ne reste que le vide
Une existence dans la digestion
de passions illégitimes
DESCENTE de l'Avenue du triomphe des morts
et la glorification du sang pour le sang
Et le singe démocrate
qui s’agite dans ses conflits intérieurs
à la télévision on sert le dogme du repenti
on agite les têtes le long de la route de la soie
Eurydice tu es l'âme du monde
brodée dans cette soie
mordue par les serpents en soutane
Incarne-toi dans la chair
ANIMA DE LA NATION
tu es la douleur de tout un peuple
N'enfonce pas dans ta bouche le fruit immatériel
Toutes les grammaires du monde l'ont chantée
et dans le rêve des trois garces l'ont maudit

LE ciel couvert s'ouvre sur le doigt du prosateur
laisse par goutte-à-goutte le sang s'épandre
sur les soies de la robe des philosophes
et la bouche dans cette soie s’unit au venin
mais à quoi bon puisque qu'après l'amour
la fuite
et les ténèbres d'un désir
qui s’abattent sur un corps
en manque de ton baiser
– Où vas-tu Orphée où vas-tu
puisque j'aime ce garçon
c'est mon corps qui est las
Et les princes athéniens se moquent de la fatalité
engendrent les serpents de leur propre damnation
Dans ce cerveau commun aux poètes
le génie a disparu
et laissé son trône vide
pour le triomphe des morts
(les morts sont oubliés)
Et des eaux sauvages du Léthé
rien ne compatit
à cette personne dénigrée
dans ses draps
Sur sa langue tiède
il a disparu sans laisser de traces
dans un étrange renversement
des pôles magnétiques
l'oubli qui suppose qu'il y eut une chute
avant l'abandon
LE texte manque...
IL apparaîtra dans le jour
Celui qui est attendu
l'enfant tient une grenade
fermement dans la main
les sorts sont jetés les foules
en extase dévorent
le film des amours folles
& les innocents sont jetés
à la rue sans sommation
Nous sommes pénétrés de ces jours étranges
la miséricorde
par ondulation
il s'enfouit toujours sous son drap
pour n'être vu de personne
qu'il meurt
qu'on l'oublie
c'est la volonté de ses propres sphères
un homme perdu dans son temps
Il retiendra jusque sa mort cette douleur laissée
devenue une partie de lui-même
Et le texte manque
le texte vient à manquer de souffle
son corps posé sur le lit Il rêve de sa perte
et sait que dans l'immensité de son territoire ardent
Orphée ne se retourna pas

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins