Tuesday, July 01, 2014

Incipits finissants (32)

J’ai toujours pensé que tous nos problèmes sociaux viennent des matheux. Il faut dire que les littéraires, à part couper les cheveux en quatre, ils ne servent pas à grand chose… Si, ils peuvent finir le boulot en pondant des discours de propagande mais est-ce encore de la littérature ? Tandis que les matheux, surtout s’ils restent assis le cul sur leur chaise toute la journée, ça ne les empêche pas de continuer à être utiles. En effet, quand leurs calculs se font avec des zeuros, il y a du people pour tendre l’oreille.
Pis les matheux sont de vrais magiciens. Ils ont recours à des tas de graphiques et de courbes séduisants qui en jettent.
Il reste que la matière première ne change pas. C’est le calcul. Le problème est qu’à force de compter, le matheux ne sait même plus ce qu’il compte. Ça c’est la nostalgie du x à l’école, à l’époque où ça pouvait être vraiment marrant, lorsque les parents banquaient.
Alors voilà, je prends mille salariés. J’en vire huit cent quarante sept et les colle dans la masse sombre de l’univers : les chômeurs bientôt rmistes. C’est la constante qui fait que mon calcul est en toutes circonstances validé.
De la masse des huit cent quarante sept têtes de pipes, cinq cent trente trois sont aspirées par le trou noir. Sur les trois cent quatorze qui me restent, j’en prends cent quatorze, comme ça c’est plus facile pour la soustraction, faut pas se compliquer la vie quand même, et je les envoie se faire butter dans des pays sous-développés. Ça c’est l’addition pour le trou noir après la soustraction.
Les deux cents qui sont toujours à ma disposition, je les divise par deux. Il y en a cent pour la police avec leurs tasers et les cents autres j’en fais des CRS avec leurs matraques. Ça c’est la multiplication des pains. Je les renvoie dans l’usine pour neutraliser les cent cinquante trois qui passent leur temps à se mettre en grève. De toute façon, les machines ont plus besoin d’eux parce que mes potes ingénieurs ont jeté des tas de zéro un dans leurs circuits. Oui, on est assez balaizes nous autres dans la soustraction. Alors trois moins trois égal zéro cinq moins cinq égal zéro et un moins un égal zéro. J’arrive donc à zéro tête de pipe, zéro coût. Merde j’en ai trop soustrait. Et maintenant les machines se détraquent. C’est la fin du compte à rebours, l’explosion. Un moins un égal zéro.


P.M.

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins