Friday, November 26, 2021

Incipits finissants (89)

Avec l’épidémie, il faut changer nos habitudes du tout au tout. Limiter l’activité de nos entreprises, restreindre au maximum les contacts sociaux, éviter les réunions familiales, Enfin, bref, ça s’appelle confinement et notre vie en est bouleversée pour une durée indéterminée. Et c’est vrai aussi pour les poètes, n’est-ce pas ?

Enfin, c’est vrai que… comment dire…les poètes ne sont peut-être pas les personnes les plus concernées par ces mesures exceptionnelles d’urgence. Du moins, les vrais poètes. Regardez, moi, je suis un vrai poète, et donc je travaille pas. Je suis un vrai poète et donc, j’ai pas de famille ni d’amis. Je suis un vrai poète et donc, je sors pas.

Interdire au poète toute vie sociale, c’est le laisser un peu plus peinard que d’habitude dans son coin. En résumé, quand c’est pas la fête pour les autres, c’est la routine pour le poète, comme quand c’est la réussite pour les autres, c’est la prise de tête pour le poète. Voilà une psychologie très simple à comprendre.

En fin de compte, pour le vrai poète, le confinement est toujours la règle.

Y a pas de quoi non plus s’affoler si c’est la guerre. C’est tout le temps la guerre pour le poète. C’est bien pour cette raison que ce dernier n’est célébré qu’en temps de guerre. Le poète est un guerrier, même si ça se voit pas vraiment. Euh non… il s’agit plutôt d’un résistant, c’est plus élégant !

Quant à la sociologie économique du poète, il faut bien que ce dernier s’adapte au chiffre d’affaires qu’il dégage. Soit 0,5% de vente de livres. Ça fait pas des masses. Du coup, empêcher les regroupements et les manifestations de poètes, voilà quelque chose de difficile à réussir. Faudra songer à interdire toute réunion à partir de deux personnes, du coup ?

S’agissant des entreprises poétiques, y a pas de quoi non plus s’effrayer. J’en profite d’ailleurs pour vous l’annoncer : en ces temps difficiles, ni « Traction-brabant », ni le « Citron Gare », ne vont fermer leurs magasins, vu qu’ils n’ont jamais ouvert.

Une seule concession à l’air vicié du temps : je compte clore la porte du siège social des éditions du Citron Gare au plus fort de l’épidémie. Cela vous parait-il plus sage ? Pas sûr, finalement, vu que le moment est tout trouvé pour que s’achètent des livres de poésie. Vous en faites pas : les plus opportunistes d’entre nous y ont déjà pensé ! Ah ! Le p’tit commerce : y a que ça de vrai !

P.M.


 

Numéro 95 de Traction-brabant

 


Le numéro 95 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 2,60 €.

Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

"TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

S'il vous plait, n'envoyez jamais plus de 10 pages format A4 (en un seul fichier et format Open office ou Word, de préférence) si vous contactez le poézine, sinon, votre manuscrit ira direct à la poubelle virtuelle, mais la poubelle quand même ! Je n'ai pas besoin de lire des tonnes de pages d'un auteur pour savoir de quoi il en retourne !

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

À poêle


De Xavier Monloubou (extrait de T-B 78)

Les matins de grâce

L’idée me suit. Accrochée à la vie qui d’étale, presque s'enfuit.
Penser l’éternel pour mesurer l’autre éternel.
Lorsque le soleil fait tomber son fer chaud sur le pavé.
L'esprit bruine et devient doux. L'ange joue avec le loup et l'amour n'est plus menacé.
Au milieu des bois. L’arbre et le cygne blanc se mettent à brailler de joie.
1000 rêves ont assiégé les cendres. De l’autre côté de l’arbre. Le règne.
Les rêves nous y ramènent. De plus en plus nombreux. S’entourant de pluie. À peu près sans aucun bruit. Seuls avec la prière. Et l'idée simple de nous rendre heureux.
(27-03-16)


Le blog de Stéphane Bernard

Pour une fois, je ne parlerai pas des poèmes de l'auteur qui sont reproduits en toute simplicité dans le corps du blog, mais de ses références littéraires : tout ce que l'on peut lire de meilleur dans une même colonne : des textes de Pound, Artaud, Dickinson, Dos Passos, Ungaretti, Dupin, Celan, Williams, et même, même, Morand.

Un blog très soigné où la finesse de la poésie tient dans sa perception des choses. Pour y aller, c'est ici !

Le grand plongeon, de Patrice VIGUES


 

Malta compil 2017 : "Une dizaine de sourires de circonstance..." (avec lecteur mp3)

La cuvée 2017 de la Malta compil est extraite de "Des ailes", recueil qui a fait l'objet d'une publication par "Z4 Editions". Pour en savoir plus sur cette édition, c'est ici : https://z4editions.fr/publication/des-ailes-suivi-de-nocturne-des-statues/

Quant au poème, le voici :

"une dizaine de sourires de circonstance distribués alentour comme autant
de bougies offertes à une mariée qui s'en fiche depuis
qu'elle a pris congé de nous pour entrer toute seule
dans une boite à musique à l'aide de ses petits
pas de fée qui se sont évanouis ensuite et nous
restons bouche bée sur le quai de gare du film
nous ne savons plus su son visage bouge quelque part
oui si c'est nous qui nous nous plaçons assez bêtes
dans un rappel de tristesses extérieures par souci d'imitation obligatoire
pendant ce temps elle ne cesse de dire au revoir
à chaque fois nous ne parvenons pas à la retenir
son sourire en point d'orgue est fait de malheureux pixels
assemblée de tous les pointillismes imaginables qui part en poussière
amour orphelin d'une image en fuite comme il y a
elle habite dans un flux électrique elle nous échappe totalement
et sa lumière est unique fanal balancé en pleine gueule
lanterne d'amour fluctuant faible illusion ou non-sens pour chapeaux mous
lampe tempête pour les jours de risque qui prennent l'eau
non-assistance à cette personne en danger depuis qu'elle est née
avant de s'évaporer en quelques instants et nul n'y croira
nous voulons camper dans son cercle invivable sans nous donner
la peine c'est un passage d'automobiles dans l'espace à tuer
une larme qui se maintient au fil amertume en pendeloque
de la portière qui se referme sur notre pauvreté d'esprit
nous ne pourrons jamais clore ce sourire avec la chance
à l'intérieur d'une boite à vagues toujours le voir revenir
ce coquillage est une langue plus étendue à nos cordes
qu'il n'y paraît le souvenir cogne à la même heure
contre une porte blindée qui ressemble pour la troisième fois
à un sauf-conduit un refus de plus d'aller plus loin
de la folie à imprimer sur le front d'invités hostiles
des fleurs de notre chambre d'adolescence elles ressortent tellement fanées
que l'on dira c'est du verre pilé à nos âmes"

Et pour l'écouter, c'est ici (l'accompagnement musical est de ML-1 "Automotive hydraulic", importé de Dogmazic, site de musique sous licence libre, https://www.dogmazic.net/

De Denis Parmain (extrait de T-B 46)

Dans le train qui porte
le corps au bout du quai,
y'a deux regards possibles,
le bon et le mauvais.
La tête de ton voisin,
la pluie qui tétarde
en gouttes le carreau,
l'avenir qui ne s'annonce pas ...
Moi, je regarde à la vitre
défiler la belle campagne,
un doux village que berce
plus loin un rang de peupliers,
qui coiffe les nuages,
et passe dans mon regard
jusqu'au long de la tendre rivière
en broussailles bordée,
dans la caresse de son reflet céleste.
Ainsi file au train
le grand paysage
dans le beau printemps
encore de ma vie.
De ville en ville,
d'une île à l'autre,
du beau soleil aux grises pluies,
ma léthargie ferroviaire
comme la vie m'amnésie,
heureusement.
Ne plus savoir l'ultime contrée
à la gare d'arrivée
le pas sur le quai du départ ...

Lithoral de Régis Nivelle

Le site de Régis Nivelle intitulé "Lithoral", en plus de présenter ses publications, nous met en lien avec plusieurs sites photos et relate certaines des lectures de l'auteur. 

Ainsi, sous son aspect épuré, "Lithoral" montre que les goûts de Régis Nivelle vont aux textes qui ne sont pas ordinaires, notamment ceux publiés par les Caméras Animales. Et j'apprécie ce goût pour des écritures qui ne sont pas forcément classiques ou courantes...

L'entrée est ici.

Illustration d'Alain Minighetti


 

De Brigitte Giraud (extrait de T-B 63)

Des bouts de corps
glissent sur le pavé,
dans le rond de terre autour des arbres,
contre l'arbre.
On se laisse apparaître.
Dans le passage, les mains attendent.
Le café est désert.
L'attente, c'est la lenteur de l'œil.
Il y a un type au comptoir qui a l'air de ruminer sa solitude. 
Dedans/dehors, tout est lisse. 
Et la vie coule comme la pluie dégouline.
Pas moins, pas plus.
Dans la beauté des bleus.
Je ne sais pas comment ça commence.  

Traction-brabant 45

Mes chers amis, parvenu à toute berzingue à ce numéro de Traction-brabant, il est temps pour moi de tirer un premier bilan de cette aventure, s’agissant ici de savoir combien de cons T-B m’a « permis » de croiser. Rassurez-vous, si vous lisez cet édito, c’est qu’il y a peu de chances que vous figuriez dans ce sinistre lot.
J’opérerai donc en toute transparence sur le sujet, ne vous taisant, au moins pour cette fois-ci, que les noms des cons, par peur des représailles.
Tout d’abord, que faut-il entendre par le mot con ? La définition du Petit Larousse est claire à ce sujet mais ne nous renseigne guère sur la question, puisqu’il est indiqué qu’un con est quelqu’un d’inepte et de stupide. Celle de Michel Audiard, qui avait l’air de s’y connaître en la matière, est beaucoup plus précise : « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ». Bien que cette caractéristique me semble à chaque fois vérifiée avec un con, j’ignore si elle peut être appliquée dans la publication d’un poézine, puisque les rapports réels avec les auteurs sont plutôt rares et ne permettent pas forcément de juger des différentes caractéristiques de la personne. Peut-être dois-je alors me rabattre, faute de mieux, sur une apparence d’antipathie qui serait caractérisée par un trop-plein d’exigences ou le silence éternel de l’auteur publié, tout de même significatifs d’une absence d’esprit pratique ou de sensibilité, ce qui me semble être le comble pour un poète, ne serait-ce que « ce n’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule ».Bien entendu, vous me direz : quel est l’intérêt d’opérer ce triste sondage ? Quel en est le rapport avec l’activité de poézineur ?
Je vous répondrai que cette question est essentielle. Malgré tout, il en existe encore certains qui n’ont pas besoin que les auteurs soient sympathiques pour les lire. Ça se voit qu’ils n’en publient pas et qu’ils s’en lavent les mains, des autres. J’avoue préférer pour ma part publier un poète mort plutôt qu’un con. C’est moins pénible. Je ne suis donc pas sentimental mais réaliste. Après tout, les personnes antipathiques n’ont sans doute besoin que de rencontrer… d’autres personnes antipathiques qui sauront les combler de leur antipathie. Pour ma part, désolé, il m’en faut davantage !
Par contre, je crains que ce sujet ne dépasse le calibrage de cet édito et faute de place pour donner des exemples de cons, je m’en tiendrai donc aux seuls chiffres : sur près de trois cents auteurs publiés dans T-B, j’ai connu 25 cons, soit un pourcentage de 10% environ, ce qui constitue une fourchette basse. Malgré ce pourcentage assez faible, ne nous endormons pas trop, car sait-on jamais ce qui nous attend demain ?...

P.M.

De Didier Bazile (extrait de T-B 66)

Une autre sale guerre

je
ne l’ai jamais vécue
cette sale guerre
et pourtant
je
la transpire
elle est partout en moi
je l’ai qui sort de toutes parts
j’en ai la tête qui explose
je la sens poudre partout
sur mon corps j’en ai si peur
je la sens cette poudre
si près si froide sur moi
cette poudre prend feu
et moi
je n’y étais pourtant pas
à cette sale guerre
pourquoi donc
j’explose ?

Image de Cathy Garcia

Et pour en savoir plus sur les illustrations, la revue et les textes de Cathy Garcia, je vous propose de leur rendre visite :

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

À côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

À ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Monday, November 22, 2021

Traction-brabant 75

Elles sont pénibles ces leçons de morale. C'est vrai ! Y en a marre à la fin !
Alors que chacun fait bien ce qu'il lui plaît plaît. On va pas s'embêter avec des principes. La gauche et la droite c'est idem. La liberté des uns s'arrête où commence celle des autres. Depuis la nuit des temps, l'homme est un loup pour l'homme. La vérité n'existe pas, même pas chez les martiens qui n'existent pas non plus. Morts pour morts, n'importe comment, on passera pas à travers les gouttes. Et puis d'abord, vous faites ce que vous voulez. Je démens avoir donné des consignes de vie. On va pas commencer à se casser le cul avec rien. On préfère attendre que l'herbe pousse pour pas la couper. On est pas à l'armée ici. Vous donnez des ordres, et nous on vous écoutera pas. Sauve qui peut. Les enfants peut-être d'abord, si on est en forme. Sinon ça sera moi, enfin, vous, si vous avez le courage. En tout état de cause, foutus pour foutus, c'est du pareil au même. D'ailleurs, le ciel nous tombera pas sur la tête. Tu nous casses les pieds avec ça. On sait très bien ce qu'on a à faire qu'on fera pas. On est pas des gamins, depuis quand les adultes seraient pas responsables ? Il est interdit d'interdire. Il est déconseillé de conseiller. Il n'est pas recommandé de recommander. On va pas se mettre à parler de ce qu'on aime. On va pas commencer à être passionnés par quelque chose. On va pas se permettre de devenir intolérants, puisque l'on se fout de ce que vous faites. Au pire, vous pouviez nous le demander plus tôt, de nous en battre l’œil. On peut y arriver les doigts dans le nez. Du moment que notre liberté est respectée. Pour notre part, on préfère laisser couper la bite aux mouches. On mettra pas la charrue avant les bœufs. On mettra pas les bœufs. On sera très gentils pour pas vous aider. C'est mieux comme ça. De toute façon, vous auriez pas aimé qu'on prenne parti. Tandis que là, on est couverts. On est pas grillés. Tout le monde nous aime. Personne ne bouge sur la photo. On est bien morts et le public est content. T'as raison de le dire. C'était beaucoup mieux comme ça. Laisser pisser le grizzli. Tu l'as dit bouffi. J'y avais pas pensé. C'est vrai ce que tu m'as dit. Je vais pas le faire. Avec le sourire, inaugurer le surplace quand les images continuent d'avancer. Laisser plutôt tout comme ça a toujours été.
Et maintenant, que faire à la fin, parce que vous comprenez, on aimerait surtout pas vous déranger, nous ?… Éteindre les rideaux, tirer la lumière et mourir, Monsieur le président. Mourir ou... ne pas écrire.
C'était une page de publicité rep(r)osante, avant la reprise du programme inhabituel, hélas pour vous ! 
P.M.

Friday, November 19, 2021

Le site de Louis Zerathe

Venez prendre un bol d'air en lisant les poèmes de Louis Zerathe. À moi, en tout cas, cela me fait cet effet.

D'ailleurs, dans ce site, il n'y a pas que des poèmes de l'auteur. On y découvre aussi les numéros, sous format PDF, d'une revue, intitulée "Tract".

À découvrir également plusieurs projets de livres pauvres, bons projets d'écriture stimulants montrés au visiteur sous forme d'images.

Louis Zerathe, c'est ici.

Tuesday, November 16, 2021

D'Hervé Gasser (extrait de T-B 90)

L’apocalypse a déjà eu lieu

  

Tu parles de je ne sais quel prophète

Et des joies du travail en banlieue

Et puis tu t’arrêtes au milieu

D’une phrase et tu comptes les miettes

Avec le bout du doigt, comme un vieux

Tu fais des dessins dans ton assiette

Tu voudrais qu’on respire un peu mieux

Et savoir ce que c’est croire en dieu

Je ne sais pas pourquoi tu t’inquiètes

L’apocalypse a déjà eu lieu

Wednesday, November 10, 2021

Traction-brabant 59

Certaines personnes me reprochent de ne jamais me reposer, de ne jamais m’arrêter de faire quelque chose. C’est vrai : quand je n’agis pas, c’est que je ronfle. Il m’arrive même d’avoir l’impression de me reposer, alors que je bouge encore…
Et pourtant, de ma part, c’est juste une façon d’appliquer les consignes.
Dans une société de consommation digne de ce nom, il ne faut jamais s’arrêter de faire quelque chose, car cela signifie acheter et donc permettre à quelques privilégiés de ne pas bosser (y compris au jardin, qui est pourtant un passe-temps naturel, je me suis payé une griffe pour aérer la terre après mes neurones).
De plus, quand on commence à dire de quelqu’un « qu’il repose en paix » ou « paix à son âme », c’est toujours mauvais signe pour ce quelqu’un.
Ainsi, je préfère ne pas appartenir avant terme à un club qui a déjà beaucoup d’inscrits d’office : avant l’heure, c’est pas l’heure...
En réalité, le manque de repos créée du bonheur, car il y a toujours quelque marmite sur le feu, qui exige que l’on s’occupe d’elle. Et s’occuper des autres, c’est leur faire plaisir, et aussi se faire plaisir par effet boomerang (sans aucun dégât matériel apparent, je vous rassure).
En ce qui concerne l’écriture -même combat- je me suis tu jusqu’à présent, sur le sujet par peur de la concurrence ! - mais cette fois-ci, le tabou est brisé : allez y, ne vous gênez pas, bossez à donf, créez vos propres revues, si possible en version papier, parce que sinon, c’est pas drôle. Et même pas bien présentées, comme la mienne !
« Et moi, et moi, et moi dans tout ça ? », ne tarderont pas à demander les hauteurs très poliment perchés sur leur ego de papier. Eh bien vous, non plus, ça ne vous ferait pas de mal de vous y mettre. D’ailleurs, à vous observer, peu vénérables hauteurs, je subodore que vous vous éclatez pas tant que ça, en pensant qu’à votre écriture. Y a même sûrement de quoi devenir dingue, à tourner dans sa cage, avec ses mots persos...
Si ne rien faire, voire, ne pas s’occuper des autres, rendait plus heureux tout le temps, je me reposerais peut-être. Hélas, la démonstration n’étant pas apportée, je persiste et signe.
Mon seul rêve serait juste de pouvoir ne jamais m’arrêter de faire ce que je veux et au rythme que je veux, mais ça, c’est une autre histoire…                                                                                                                                                 
                                                     P.M.

Sunday, November 07, 2021

Le bordel des poètes, de Dom Corrieras

Je ne dis pas ça parce que les posts récents du "Bordel des poètes" contiennent des textes que j'ai publiés dans "Traction-brabant" ou le "Citron gare", mais ils sont rares les blogs dans lesquels sont mis en ligne :

- des poèmes qui ne sont pas forcément l'oeuvre du titulaire du blog;
- des poèmes d'auteurs connus de la sphère littéraire, comme d'auteurs reconnus par moins de personnes.

Eh bien, le "Bordel des poètes" de Dom Corriéras réussit cet exploit ! Il mélange allègrement tous les genres, sans décréter qu'une seule poésie serait la bonne, au dépens de toutes les autres (comme le font trop souvent les spécialistes qui donnent l'impression d'avoir besoin de se poser comme juges du bien et du mal pour pouvoir exister pas beaucoup).

Au vol, je dirai donc que vous retrouverez là-dedans des poèmes d'Olivier Larronde, comme de Rutebeuf, comme de Thibault Marthouret ou Marlène Tissot, comme d'Akhmatova ou de Pierre Dac !
Profitez en, vous aurez un vrai panorama de la poésie qui se pratique ou s'est pratiquée.

Plongez donc dans ce bordel (c'est ici !) de bon aloi !

Incipits finissants (89)

Avec l’épidémie, il faut changer nos habitudes du tout au tout. Limiter l’activité de nos entreprises, restreindre au maximum les contacts s...